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Archi-féministes! : L’exposition virtuelle

Archi-féministes! : Archiver le corps

Archi-féministes! : Performer l’archives

Olivia Boudreau

Sorel Cohen

Raphaëlle de Groot

Suzy Lake

Claire Savoie

Jana Sterbak

Sophie Bélair Clément

Vera Frenkel

Clara Gutsche

Emmanuelle Léonard


Jana Sterbak
Née à Prague en 1955, vit et travaille à Montréal

Cones on fingers, 1995 (1979)

Jana Sterbak
Jana Sterbak, Cones on Fingers, 1995 (1979)
Épreuve argentique
51 x 36 cm (épreuve)
Collection de la Galerie Leonard & Bina Ellen
Université Concordia
Don de l’artiste, 1995
Exposée pour la première fois chez OPTICA lors du solo «Travaux récents» (1980), Cones on Fingers, d’apparence ludique, détient un potentiel performatif subversif faisant songer à l’esprit de Dada. Pris séparément, chaque ruban millimétrique enroulé forme un cône, objet générique dans la tradition minimale; mis à l’extrémité des doigts, ces cônes activent une toute autre énergie, sexuelle et évocatrice d’un pouvoir. Impliquant le corps et posant un regard sur la condition humaine, parfois avec violence et passion, les premières œuvres de Jana Sterbak attestent déjà la complexité d’une esthétique axée sur l’expérience sensorielle. Cette esthétique se renouvelle constamment, à l’instar du répertoire d’objets et de matières (souvent périssables) qui questionnent le statut de l’œuvre et qui, porteurs de sensations et d’affects, ne nous laissent pas indifférents quant à leur finalité.

Spare Spine, 1983


Jana Sterbak Spare Spines
Jana Sterbak, Spare Spine, 1983
Bronze
152,4 x 2,5 x 2,5 cm
Courtesy of the artist
Photo : Richard-Max Tremblay
Spare Spine s’inscrit à la suite de Golem : les objets comme sensations (1979-1982), une série où Jana Sterbak reproduit divers organes humains, modelés avec des matières qui archivent le passage du temps (bronze, caoutchouc, plomb). À l’instar de cette installation de facture expressionniste où les traces du façonnage par la main sont clairement perceptibles, Spare Spine, réalisée en bronze, instaure une tension en réduisant l’ossature du corps à un seul signe. Minimale, traçant une fine ligne dans l’espace, cette colonne vertébrale «de rechange» (spare) prend appui contre le mur, révélant ainsi sa présence tout en marquant une disparition. La dualité entre intérieur et extérieur établit une relation complexe, paradoxale, voire ironique – comme le suggère le titre de l’œuvre – pour exprimer les limites du corps.

M-J.L.