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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

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Caroline Mauxion, Une enveloppe sans contours, 2017. Impression sur verre trempé, 76, 2 x 152, 4 cm. | Print on toughened glass, 76, 2 x 152, 4 cm. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Caroline Mauxion
du 11 novembre 2017 au 16 décembre 2017

« Voici la flaque, dit Rhoda, et je ne peux pas la franchir. J'entends la grande meule qui tourne à toute vitesse à moins d'un pouce de ma tête. L'air qu'elle déplace rugit sur mon visage. Toutes les formes de vie tangibles se sont évanouies pour moi. Si je ne tends pas les bras pour toucher quelque chose de dur, le vent m'emportera dans les couloirs de l'éternité pour toujours. Mais alors, qu'est-ce que je peux toucher? Quelle brique, quelle pierre? Et ainsi traverser en me traînant l'immense gouffre pour réintégrer mon corps saine et sauve? »

Virginia Woolf, Les Vagues

Plutôt qu'une pratique de l’image photographique, Caroline Mauxion précise que son travail consiste à pratiquer l’image photographique. Cette nuance est fondamentale, car elle réintègre dans la photographie la notion d’acte et insiste sur la performativité mais aussi la matérialité de l’image, pour laquelle les notions de contact et de déplacement sont primordiales. Les images de Mauxion s’envisagent ainsi comme autant d’essais sur les limites du visible et de l’invisible, de la transparence et de l’opacité, de l’abstraction et de la figuration, de l’ombre et de la lumière.

Le corpus présenté par Mauxion chez OPTICA s'inspire des conditions originelles de la photographie. Par le procédé photographique, qui imprime toute intensité de lumière sur une surface photosensible, des matériaux distincts deviennent proches parents. La plaque de verre fêlée et la flaque d’eau sont des géographies imaginées, des retours constants à l’écriture de Virginia Woolf. La description des espaces entre le tangible et l’intangible dans ses nouvelles et ses romans a guidé le processus créatif de l’artiste. Les œuvres présentées deviennent une réinterprétation d'images récurrentes dans l’écriture woolfienne, s’attardant à rendre visible derrière la « ouate de la vie quotidienne ».

Si Mauxion pratique la photographie, ajoutons également qu’elle l’installe. La plaque de verre, devenue support de l’image photographique, dépend de son installation dans l'espace pour révéler l’image ; au blanc du papier sur lequel viendrait habituellement s’imprimer la photographie se substitue le blanc du mur. Les images deviennent quasi-invisibles pour certaines et se lisent à plusieurs sens pour d'autres, invitant au déplacement du corps. Toutes se forment là où il y a contact.

Auteur : Daniel Fiset

Daniel Fiset est historien de l'art et éducateur. Il vit et travaille à Montréal.

Discussion publique entre Caroline Mauxion et Daniel Fiset à OPTICA le 22 novembre 2017 de 18h30 à 20h.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)

REVUE DE PRESSE

DELGADO, Jérôme. « Invisibles corruptions, Teja Gavankar séduit avec des petits dérangements de l’ordre établi », Le Devoir, 2 décembre 2017.

DELGADO, Jérôme. «Un automne sous le signe éclaté de Caroline Mauxion», Le Devoir, 5 septembre 2017.



Originaire de France, Caroline Mauxion vit et travaille à Montréal depuis 2010. Elle fut récipiendaire de la bourse de la Fondation Sylvie et Simon Blais pour la relève en arts visuels (2015). Son travail a fait l'objet de plusieurs expositions individuelles à Montréal, à la galerie Les Territoires (2014), à la galerie Simon Blais, à la Galerie de l'UQAM et à Rimouski, au centre d'artistes Caravansérail. Elle effectuera une résidence à Banff en 2018 soutenue par le CALQ.