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Claudia Bernal, Portraits performatifs / Retratos performativos, 2019, impression numérique, 121 x 200 cm. | Digital Print. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist.

Claudia Bernal, Christine Brault, Constanza Camelo, Livia Daza-Paris, Maria Ezcurra, Helena Martin Franco, Giorgia Volpe
Commissaire | Curator | Curadora : Nuria Carton de Grammont

du 18 janvier 2020 au 13 mars 2020
Un dos tres por mí y mis compañeras

Vernissage : 18 janvier 2020, 15h à 18h
Performance de Christine Brault
ApareSer (AparÊtre), 2019-2020, 18 janvier 2020 à 16h (durée : 1h30)

Samedis ensemble en familles: 25 janvier et 14 mars 2020
Visite commentée de la commissaire: 14 mars 2020 à 15h


Cette exposition porte un regard collectif sur les artistes pionnières de la performance latino-québécoise actives à Montréal depuis les années quatre-vingt-dix jusqu’à nos jours. Les artistes qui composent cette exposition ont développé une pratique transfrontalière en cherchant des espaces de reconnaissance et d’appartenance sociale entre le Canada et l’Amérique Latine. Plus particulièrement, en amplifiant les rapports et les affinités existantes entre les latinités diverses du continent au tournant du siècle.

Leurs actions sont marquées par une singularité qui tourne autour des poétiques du déplacement propre à l’expérience migratoire : elles rendent visibles les tensions entre la violence politique et l’identité de genre, le colonialisme et la discrimination, les attentes et les exigences d’une intégration effective dans la société d’accueil. La performance représente ici un champ d’action symbolique pour interpeler les stéréotypes et les folklorisations identitaires. Le corps présent ou absent est le point de départ d’une revendication féministe intersectionnelle qui conteste l’hégémonie culturelle ethnocentrée. Dans son ensemble, ces gestes éclatés dans des géographies diverses reconstituent la mémoire tant individuelle que collective de l’histoire diasporique nord-sud.

Pour Constanza Camelo, l’action performative garde une affinité intrinsèque avec la notion d’exil qu’elle entend par « déplacements circonstanciels » et qui s’inspire de L’homme dépaysé de Tzvetan Todorov. Au-delà du déchirement, le corps déplacé peut offrir l’opportunité de la découverte de soi tout en proposant l’expérience de la rencontre avec autrui que Camelo met en action dans ses interventions publiques.

Au croisement du théâtre, de la littérature, de la vidéo, de l’installation et de la performance Claudia Bernal incarne la place du féminin historiquement colonisée et racisée. La performance devient le lieu de réception pour diverses formes de résistances traversées par des rapports de pouvoir et des conflits armés, notamment en Colombie. Dans le tournant iconographique postcolonial, son œuvre propose la désarticulation des récits prédominants à travers l’émancipation du corps de la femme.

Depuis plusieurs années, Christine Brault entame une pratique performative transfrontalière qui se concrétise dans la reconnaissance et l’évocation de certains événements historiques, liés à la violation des droits humains, l’assujettissement des autochtones, la violence de genre et les féminicides. À travers des témoignages et des expériences vécues, son œuvre s’inscrit dans une réflexion plus large portant sur l’importance de la mémoire comme un fait social qui doit s’activer dans la circulation et le partage.

Issue du milieu de la dance contemporaine, Livia Daza-Paris a entrepris un vaste projet de recherche qui aborde l’absence d’un deuil, d’un rituel, à la disparition de son père Iván Daza, un dirigeant étudiant appartenant aux brigades communistes, qui a été capturé par les forces armées dans le contexte de l’après dictature au Venezuela, à la fin des années soixante. « Poetics Forensics » est une méthode de collecte et d’examen du vécu, composée d’archives personnelles et institutionnelles et de témoignages qui présentent une vérité non-officielle de l’histoire, partagée par d’autres sources, de la diaspora latino-américaine.

Les recherches de Giorgia Volpe se nourrissent également de souvenirs, d’histoires et d’expériences qui prennent l’ampleur de rituels collectifs et d’actions participatives. Les résidus, les surplus, les déchets sont les matériaux d’une esthétique qui s’élabore adu contact et fait de l’exploration du sensible une revendication interculturelle de la société contemporaine. La mémoire est ici la conséquence organique du corps collectif.

Le travail de Maria Ezcurra aborde les tensions d’une violence déguisée par les stéréotypes sociaux du corps. Le vêtement, doublure de la peau et insigne identitaire, traite de la violence de genre imposée par des stigmates, des préjugés et des discriminations. Le collant en nylon symbole de la femme moderne libérée, matière souple et translucide, sert à réfléchir aux contradictions de l’érotisme, à la production de masse et aux féminicides de Ciudad Juarez.

Femme-caméléon, femme-araignée et femme-éléphant, Helena Martin Franco fracasse les moules conformistes de l’identité et du genre. À travers ses fictions autoréférentielles, elle donne différents visages à la vulnérabilité individuelle et collective, imposée par l’expérience migratoire. Dans ses autofictions, se rencontrent non sans humour les usages de la culture populaire, les nouvelles technologies, les pratiques religieuses et l’hyperconsommation capitaliste.

Au-delà des origines et des nationalismes, l’art latino-canadien se veut avant tout une nouvelle subjectivité interculturelle complexe et hétérogène qui remet en question les discours politiquement corrects sur ladite « diversité ». Toutefois, peu de recherches ont été menées sur la compréhension de ces pratiques de manière collective à l’instar d’un mouvement hémisphérique en soi avec ses propres enjeux esthétiques, sémantiques et conceptuels. Dans ce contexte, cette exposition se veut un exercice historiographique pour reconnaître la contribution de ces pratiques dans le développement de l’art contemporain québécois, canadien et global.

Esta exposición arroja una mirada colectiva a las artistas pioneras de la performance latino-quebequense, activas en Montreal desde los años noventa hasta nuestros días. Las artistas que forman parte de esta exposición han desarrollado una práctica transfronteriza buscando espacios de reconocimiento y de pertenencia social entre Canadá y América Latina. Principalmente, ampliando las relaciones y las afinidades existentes entre las latinidades diversas del continente con el cambio de siglo.

Sus acciones están marcadas por una singularidad que gira alrededor de las poéticas del desplazamiento propio a la experiencia migratoria: hacen visibles las tensiones entre la violencia política y la identidad de género, el colonialismo y la discriminación, las expectativas y las exigencias de una integración efectiva en la sociedad de acogida. La performance representa aquí un campo de acción simbólico para interpelar a los estereotipos y a las folklorizaciones identitarias. El cuerpo presente o ausente es el punto de partida de una reivindicación feminista interseccional que cuestiona la hegemonía cultural etnocéntrica. En su conjunto, estos gestos reventados en geografías diversas, constituyen la memoria tanto individual como colectiva de la historia diaspórica norte-sur.

Para Constanza Camelo, la acción performativa conlleva una afinidad intrínseca con la noción del exilio que ella entiende por « desplazamientos circunstanciales » y que se inspira de El hombre desplazado de Tzvetan Todorov. Más allá del desgarramiento, el cuerpo desplazado puede ofrecer la oportunidad del descubrimiento de sí, al mismo tiempo que propone la experiencia del encuentro con el otro que Camelo pone en acción en sus intervenciones públicas.

Un cruce entre el teatro, la literatura, el vídeo, la instalación y la performance, Claudia Bernal encarna el lugar de lo femenino históricamente colonizado y racizado. La performance se convierte en el lugar de recepción para diversas formas de resistencias atravesadas por las relaciones de poder y de los conflictos armados, principalmente en Colombia. En el entorno iconográfico poscolonial, su obra propone la desarticulación de los relatos predominantes a través de la emancipación del cuerpo de la mujer.

Desde hace ya varios años, Christine Brault lleva a cabo una práctica performativa transfronteriza que se concretiza en el reconocimiento y en la evocación de ciertos sucesos históricos relacionados a la violación de los Derechos Humanos, el sometimiento de los autóctonos, la violencia de género y los feminicidios. A través de testimonios y de experiencias vividas, su obra se inscribe en una reflexión más extensa que trata sobre la importancia de la memoria como un hecho social que se debe de activar en la circulación y en el intercambio.

Proveniente del medio de la danza contemporánea, Livia Daza-Paris ha llevado a cabo un amplio proyecto de investigación que aborda la ausencia de un duelo, de un ritual, frente a la desaparición de su padre Iván Daza, un dirigente estudiantil perteneciente a las Brigadas Comunistas, capturado por las Fuerzas Armadas en el contexto de la post dictadura en Venezuela, a finales de los años 60. « Poetics Forensics » es un método de colecta y de examen de lo vivido, compuesto de archivos personales e institucionales y de testimonios que presentan una verdad no oficial de la historia, compartida por otras fuentes de la diáspora latinoamericana.

Las investigaciones de Giorgia Volpe se nutren igualmente de recuerdos, de historias y de experiencias que llegan a convertirse en rituales colectivos y en acciones participativas. Los residuos, las sobras, los desechos son los materiales de una estética del contacto que hace de la exploración de lo sensible, una reivindicación intercultural de la sociedad contemporánea. La memoria es aquí la consecuencia orgánica del cuerpo colectivo..

El trabajo de Maria Ezcurra aborda las tensiones de una violencia disfrazada por los estereotipos sociales del cuerpo. La vestimenta, doblez de la piel e insignia identitaria, trata sobre la violencia de género impuesta por los estigmas, los prejuicios y las discriminaciones. Las medias de nylon, símbolo de la mujer moderna liberada, materia suave y translúcida, sirve para reflexionar sobre las contradicciones del erotismo, la producción de masa y los feminicidios de Ciudad Juárez.

Mujer-camaleón, mujer-araña y mujer-elefante, Helena Martin Franco rompe los moldes conformistas de la identidad y del género. A través de sus ficciones autorreferenciales, le da diferentes caras a la vulnerabilidad individual y colectiva impuesta por la experiencia migratoria. En sus auto ficciones, se encuentran con humor, los usos de la cultura popular, las nuevas tecnologías, las prácticas religiosas y el hiperconsumo capitalista.

Más allá de los orígenes y de los nacionalismos, el arte latino-canadiense es antes que nada una nueva subjetividad intercultural compleja y heterogénea que pone en cuestión los discursos políticamente correctos sobre la llamada «diversidad». Sin embargo, pocas investigaciones se han llevado a cabo sobre la comprensión de sus prácticas de manera colectiva, como un movimiento hemisférico en sí con sus propios desafíos estéticos semánticos y conceptuales. En ese contexto, esta exposición es un ejercicio historiográfico para reconocer la contribución de sus prácticas en el desarrollo del arte contemporáneo quebequense, canadiense y global.

Traductora : Karla Aguila Trejo

COMMUNIQUÉ DE PRESSE_FR_et_ESP_(pdf)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE_FR_et_ANG_(pdf)

REVUE DE PRESSE

BÉDARD, Camille. « Pour mes camarades et moi : Un dos tres por mí y mis compañeras », Vies des arts, n° 258, printemps 2020, p. 165-168.

DELGADO, Jérôme. «Contes et combats latino-américains dans les galeries», Le Devoir, 11 janvier 2020.

Simone de Beauvoir Institute
4TH SPACE


Nuria Carton de Grammont est historienne de l’art, commissaire et chargée de cours à l’Université Concordia, spécialisée en art contemporain latino-américain et latino-canadien. Elle s’intéresse notamment à la production territoriale des identités culturelles à travers des pratiques artistiques transfrontalières entre l’Amérique latine et l’Amérique du nord.

Nuria Carton de Grammont es historiadora del arte, curadora y enseña en la Universidad de Concordia, especializada en arte contemporáneo latinoamericano y latino canadiense. Se interesa particularmente en la producción territorial de las identidades culturales a través de las prácticas artísticas transfronterizas entre América Latina y América del Norte.