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Expositions 1999

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Liste des artistes, auteurs et commissaires

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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

Ouvrages aidant à la consultation des archives

Droits électroniques





Mandy Barber, Steve Dutton, Percy Peacock
du 14 janvier 1999 au 20 février 1999
Mockapocalyptics

Mockapocalyptics réunit le travail vidéographique, photographique et numérique de trois artistes britanniques. Vivant présentement à Toronto, Mandy Barber fait ici équipe avec les collaborateurs Steve Dutton et Percy Peacock. Pour cette première entreprise à trois, ils proposent un chevauchement de leurs disciplines respectives au sein d’un discours sur le désastre et l’étrangeté.

Présentés dans l’espace de la galerie, des scénarios modèles à la fois amusants et teintés de violence extrême se répètent sans cesse dans des boucles vidéo. Des accessoires déposés sur une table indiquent la construction d’un quelconque paysage ou panorama urbain. Il y a parfois de l’action sur la table, une maison modèle se retrouvant ici, une «montagne» aboutissant là; des édifices sont construits à partir de matériaux pauvres, de bois et de poussière, pour être ensuite allègrement saccagés dans un esprit d’insouciance et de jubilation.

Dans ce cycle de construction et de déconstruction, une série d’œuvres photographiques et numériques de grand format est également présente. Les photographies de Dutton & Peacock, montrant des intérieurs municipaux apparemment banals, sont présentées à l’envers, côte à côte avec les images de non-lieux transitoires de voyage et de consommation produites par Mandy Barber. À peine médiatisées, les œuvres photographiques étranges de Dutton & Peacock font voir des espaces qui semblent à la fois possibles et impossibles, oscillant entre le reconnaissable et le désagréable. Virés sens dessus dessous, le poids et la fadeur asphyxiants des espaces institutionnels se prolongent en quelque chose de plus léger, mais de plus difficile à saisir. Dans le travail de Barber, le rêve et la réalité se confondent dans des images séduisantes et hyperréelles où l’on voit des espaces à température contrôlée et des systèmes de transport. Ici, des espaces et des événements quotidiens, au départ bénins et omniprésents, révèlent graduellement une tension naissante qui repose au cœur même des espaces, gestes et représentations ordinaires.

Dutton et Peacock ont reçu le support financier de Sheffield Hallam University, Yorkshire and Humberside Arts, et Photo 98.

Mandy Barber est venue au Canada en 1996 pour entreprendre une maîtrise en arts plastiques à la University of Windsor, qu’elle a complétée en 1998. Elle vit et travaille maintenant à Toronto. Ses plus récentes expositions comprennent «Public Order» à l’Art Gallery of Windsor, en 1997, et le «Pekao Gallery Toronto Summer Group Exhibition», en 1998. Elle prépare une exposition, consacrée à deux artistes, pour la galerie YYZ à Toronto en mars 2000.

Steve Dutton and Percy Peacock travaillent en collaboration sous le nom de Dutton & Peacock. Le travail de chacun des deux artistes a été présenté sur le plan national et international. Ils ont commencé à collaborer sur certains projets à partir de 1996. Leur travail en commun a été vu récemment au Musée Imaginaire (parties un et deux) du Museum of Installation à Londres et à la Lewisham Arthouse. Parmi leurs expositions récentes, mentionnons une installation à l’Art Gallery of Windsor et une commande importante de Photo 98 pour Rotherham en Angleterre. Une exposition au Centre for Freudian Research à Londres au début de 1999 compte parmi leurs projets à venir. Tous deux sont maîtres de conférences à l’école des Cultural Studies de la Sheffield Hallam University. Steve Dutton dirige des maîtrises en beaux-arts et Percy Peacock, en sculpture.

Steve Dutton, Percy Peacock et Mandy Barber sont également membres fondateurs et directeurs de S1 Artspace/Projects à Sheffield, en Angleterre.


Bibliographie
- Lamarche, Bernard, «Branchés en direct», Le Devoir,, 23-24 janvier 1999, p.B13.
- Miller, Marcus, «Speed Demons», Hour, vol. 7, no 4, 28 janvier – 2 février 1999, p.22.
- «Fast Forward. Mockapocalyptics», Canadian Art, hiver 1999, p.17.



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© Page couverture l Book cover, Fin de siècle, 2000.

Robin Dupuis, Pierre Fournier, Rémi Lacoste
du 14 janvier 1999 au 20 février 1999
Fin de siècle : Speed

Commissaire : François Dion

La troisième partie du projet «Fin de siècle» s'attarde à la notion de temps. «Speed» réfère à l'idée de vitesse : celle que nous impose la technologie et son incessante recherche d'efficacité et de performance. Le contexte des arts contemporains ne saurait se contenter de la trop simpliste équation «temps=rapidité». Les oeuvres présentées dans cette exposition rendent compte de la complexité du rapport au temps qui affectent les pratiques artistiques contemporaines. «Speed» réfère donc à la perception du temps et du contexte technologique qui l'affecte de meme qu'à la traduction de cette perception dans le contexte de l'art actuel. Comment réagissent les artistes à l'accélération et au manque de temps qui caractérise notre époque?

Si l'impact des technologies sur l'art fait surgir la question d'une certaine «machination» qui règlent en partie nos comportements et du rétrécissement toujours grandissant de l'espace que l'efficacité technologique contribuent à réduire, l'exposition aborde plus largement la question d'une certaine «qualité» des rapports aux choses. Et elle n'écarte pas l'idée de la contemplation et de l'attente, car «Speed» implique aussi un effet de transe et d'abandon.

Voir le catalogue des publications.

Robin Dupuis est vidéaste et membre-fondateur du collectif «Perte de signal». Ses bandes vidéo ont été présentées au Québec et en France, notamment en 1998 au Festival international du nouveau cinéma et des nouveaux médias de Montréal. À titre de monteur, il a collaboré à la production de diverses oeuvres vidéographiques d'artistes québécois. Il vit et travaille à Montréal.

Pierre Fournier est sculpteur et détient un diplôme de maîtrise en arts plastiques de l'Université du Québec à Montréal. Il a surtout exposé son travail en France et au Québec, notamment à la Galerie Christiane Chassay, à Occurence, à Axe Néo-7 et à Oboro. Il prépare actuellement une importante exposition individuelle pour la galerie de l'Université de Sherbrooke. Pierre Fournier vit et travaille à Montréal.

Rémi Lacoste est récemment diplomé de l'Université de Montréal. En 1998, il a produit un documentaire intitulé «Tekhnê» qu'il présentait au dernier Festival international du nouveau cinéma et des nouveaux médias. Il est membre-fondateur du collectif «Perte de signal» ainsi que membre du comité organisateur du 7e et 8e Événement interuniversitaire de création vidéo. Il vit et travaille à Montréal.

François Dion est critique et commissaire. Il a travaillé avec divers organismes culturels montréalais et il est coéditeur de CUBE. Il a, entre autres, organisé les expositions «Emprunts« (Galerie Vox) en 1995 et «Les présents relatifs» (Quartier Éphémère et Centre d’art contemporain de Rueil-Malmaison) en 1997. Il est actuellement le directeur de la galerie 101 à Ottawa.


Bibliographie
- Lamarche, Bernard, «Branchés en direct», Le Devoir, 23-24 janvier 1999, p.B13.
- Miller, Marcus, «Speed Demons», Hour, vol. 7, no 4, 28 janvier – 2 février 1999, p.22.



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Laurie Walker, Pavane pour une infante défunte (détail), 1997.

Laurie Walker
du 27 février 1999 au 3 avril 1999
Exposition solo

Dans son récent travail, Laurie Walker se livre à une investigation sur la mortalité, la transcendance et la notion d’âme, tout en continuant à explorer certains aspects de la transformation telle qu’elle se manifeste dans des domaines aussi variés que la science, la religion, la nature, l’alchimie et la mythologie. Ces thèmes ont surgi tout naturellement à partir de préoccupations plus générales qui ont toujours investies son travail, plus précisément la relation entre l’esprit et la matière, la nature et la culture, et la quête d’un sens pour l’être humain dans le monde naturel.

Les œuvres réunies en galerie mettent également en représentation cette fragilité de l’existence à travers l’idée de la collection et de l’index. Pavane pour une Infante défunte emprunte son titre à la célèbre composition musicale de Maurice Ravel. L’œuvre ressemble à un sarcophage en pierre pour enfant, accompagné d’un assortiment de papillons indigènes et exotiques servant de doublure à l’intérieur drapé de soie. Les riches couleurs des papillons créent un tombeau royal alors que leur pouvoir de métamorphose leur confère une forte charge symbolique. Ils sont toutefois présentés en tant que spécimens morts et fragiles, les épingles qui les tiennent en place dégageant un sentiment d’inconfort en rapport avec ce qui est souvent appelé notre «dernier lieu de repos».

Alors que des bulles de savon s’échappent silencieusement d’un tertre de pierres pour rejoindre un destin arbitraire, Pulvis et Umbra (Poussière et Ombre) traite de la frontière entre l’animé et l’inanimé. Le titre provient d’un essai de l’auteur écossais, Robert Louis Stevenson, dans lequel il s’interroge sur ce qui nous motive à continuer la lutte malgré des échecs décourageants. Il est à remarquer que chez Walker, les titres nous éclairent sur l'origine, la signification et la complexité de l'œuvre. Dans une autre oeuvre surplombée d’un halo fluorescent, la taille d'un enfant est aussi le point de référence, bien que le titre renvoie à un thème biblique. Jacob's Ladder (L’Échelle de Jacob) entremêle des notions sur l’esprit et sa relation au corps qui proviennent de l’orient et de l’occident. La ressemblance de la colonne vertébrale humaine avec l’échelle est reprise dans le motif à la feuille d’or qui est appliqué sur l’ossature; le récit biblique est ainsi réinterprété, le chemin vers la transcendance passant maintenant par le corps. L’image d’un serpent lové taillé dans l’échantillon de pierre à la base de la pièce suggérerait le mal dans le contexte d’une référence biblique, mais l’image prend un sens fort différent lors que considérée en rapport avec le Kundalini yoga des bouddhistes et des hindous. Kundalin signifie «lové» et renvoie à l’énergie spirituelle qui est représentée par un petit serpent femelle lové autour d’un lingam, organe mâle symbolique situé au bas du dos, du corps. L’objectif du yoga est d’éveiller le serpent femelle pour le faire monter le long de la colonne à travers sept étapes. Bien qu’il s’agisse d’un concept obscur, son image se rapproche étonnamment de l’interprétation que fait Walker de l'«Échelle de Jacob».

Laurie Walker remercie le Conseil des Arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec de même que Stéphane Le Tirant et Al Orr. L’artiste aimerait également faire remarquer que le présent travail n’a eu aucune incidence sur quelque population de papillons sauvages que ce soit. Le travail de Laurie Walker a fait l’objet de plusieurs expositions au Canada depuis qu’elle a complété une maîtrise en arts plastiques au Nova Scotia College of Art and Design en 1987. À Montréal, elle a exposé pendant plusieurs années à la Galerie Christiane Chassay et a eu une exposition au Musée d’art contemporain en 1994. Plus récemment, son travail faisait partie d’expositions consacrées à deux artistes au Agnes Etherington Art Centre à Kingston, au Macdonald Stewart Art Centre à Guelph, au Musée régional de Rimouski, et elle a participé à «New Science» à la Edmonton Art Gallery. Elle enseigne présentement à temps partiel à l’Université d’Ottawa et prépare une exposition qui se tiendra à Dortmund, en Allemagne, l’année prochaine.

Bibliographie
- Entrevue à la Société Radio-Canada, Émission «Midi Culture» de Gilles Daigneault, 8 mars 1999.
- Horne, Stephen, "The Collector",Canadian Art, Fall 1999, p. 114.

- Lamarche, Bernard, "Branchés en direct",Le Devoir, Saturday – Sunday 23 – 24 January 1999, p.B-13.

- Latendresse, Sylvain, "L’instant d’une éternité",Vie des arts, 176, Fall 1999, p. 73.

- Miller, Marcus, "Between a rock",Hour, March 18 – 24, 1999, p. 28.

-"Ste.Catherine West",Vie des arts, 174, Spring 1999, p. 82.




Lyn Carter
du 27 février 1999 au 3 avril 1999
Double

Dans certaines de ses dernières œuvres, Lyn Carter a recours au tissu comme substitut pour la peau, et s’intéresse à des formes suggèrant à la fois l’extérieur et l’intérieur. Ces œuvres montrent des formes qui jouent le double rôle de vêtement et de corps. Cœur, poumon, vessie – ce qui est le plus intime (nos entrailles) est porté (exposé). Sur les vêtements achetés en magasin qui composent ces œuvres, se trouvent des motifs accentuant la complexité de la surface. Le tissu d’un rouge sanguin intense d’une chemise/cœur dans Double est couvert d’images de cupidon. Le tissu chintz utilisé pour une chemise/poumon, qui sert normalement en décoration intérieure, a l’apparence d’un réseau de veines.

Avec l’accroissement de moyens technologiques qui permettent de voir à l’intérieur de nos corps et dans nos vies privées, la peau corporelle ressemble de plus en plus, selon l’artiste, à une enveloppe très mince et précaire, à peine capable de contenir et de recouvrir son contenu. En anglais, l’expression «to keep one’s shirt on« (litt. «garder sa chemise») signifie ne pas céder à la colère ou à l’impatience, garder son calme. «To lose one’s shirt» («perdre sa chemise»), comme en français, veut dire perdre tout ce qu’on possède. La chemise et, surtout, le col bien monté indiquent le sang-froid et la maîtrise de soi. Chemise après chemise, motif après motif, Double suggère que, peu importe la construction, elle n’est dorénavant plus en mesure de masquer ou de protéger la chair, le sang et le désir situés tout près de la surface.

Lyn Carter a étudié le textile dans le programme de design de l’Ontario College of Art où elle a obtenu un diplôme en 1978. Au cours des années suivantes, elle a exposé des œuvres principalement sculpturales où le textile était utilisé comme médium artistique. Au milieu des années 1980, elle a organisé une exposition itinérante, «Clothing as Image». Depuis, les sculptures qu’elle a montrées ont pris un aspect de plus en plus in situ, incorporant une plus grande variété de matériaux. En général, son travail explore les relations entre le moi intérieur et le corps humain extérieur. En 1994, elle a complété une maîtrise en arts plastiques à la York University et des œuvres de son exposition-mémoire «Freud’s Mouth» ont été présentées dans «Heavy Mental» à la Power Plant Gallery à Toronto (1995-1996). Plus récemment, son travail a été exposé dans «Between Sense and Place» à la Winchester Gallery en Angleterre (1997) et dans «Made to Measure» à la Lonsdale Gallery à Toronto (été 1998). Elle présente un nouveau corpus d’œuvres dans une exposition individuelle intitulée «Balance» à la Red Head Gallery à Toronto (du 10 février au 6 mars 1999) où elle fait aussi partie de l’exposition collective «Cluster», à la Pekao Gallery (du 19 février au 13 mars 1999).



Rebecca Belmore
du 17 avril 1999 au 22 mai 1999
niibiwe / behzig, plusieurs / seule, ------- / -------

L’artiste torontoise Rebecca Belmore présente une installation à la galerie Optica — sa première exposition individuelle à Montréal. Son travail d’installation, de formes et de médias variés, insiste sur l’investigation des relations complexes qui existent entre nous et la nature, entre le corps humain et le site. Dans son usage sporadique de la performance, elle est attirée par l’agilité du médium qu’elle perçoit comme un outil dont on se sert pour ensuite le mettre de côté. Utiliser la performance de façon intermittente lui permet de réagir à des questions d’intérêt personnel et d’explorer des environnements psychologiques.

À l’été de 1990, La Centrale (Powerhouse) invitait Rebecca Belmore comme conférencière. Elle décidait alors elle-même d’inviter Charlotte Childforever à l’accompagner. Madame Childforever avait parlé du travail de Belmore en anishinabé (langue ojibwée). L’artiste, qui ne parle pas cette langue, avait lu une traduction en anglais de la présentation, créant ainsi une performance sur le langage.

En 1996, elle participait à «MÉTISSAGES», une exposition de groupe organisée par le Centre Est-Nord-Est et présentée à la galerie Optica. Une fois de plus, la pièce de Rebecca Belmore, intitulée Imposition et faite en collaboration avec Florene Belmore, marquait un lieu de résistance et traitait de l’écart entre les cultures. Des textes en anishinabé se superposaient aux images vidéos : un plan rapproché sur le fort courant d’une rivière, et un autre sur le mouvements des nuages dans le ciel. Les textes qui accompagnaient ces images évocatrices restaient sans écho pour un visiteur non initié à la langue anishinabé. Les deux moniteurs étaient encastrés dans des murs peints au couleur de l’occupant : bleu d’une part et rouge de l’autre. Un carré d’aiguilles de pin fixées sur un treillis restaurait la terre et célébrait ce travail méticuleux et silencieux qu’est le tressage. «Traitant des géographies imaginaires que nous avons de la communauté, de l’identité et de la nature, le travail de Rebecca Belmore interroge les configurations habituelles d’emplacement, en démasquant les relations imaginées avec la nature et en remplissant les abstractions de la politique identitaire avec des interprétations senties de la vie quotidienne.» (Marilyn Burgess, «The Imagined Geographies of Rebecca Belmore», Parachute, no 93, janvier-février-mars 1999, p.12-20.) niibiwe / behzig, plusieurs / seule est une installation qui s’inscrit dans cette continuité.

17 avril 1999
Action de l'artiste à la galerie lors du vernissage

Rebecca Belmore est née en 1960 à Upsala, Ontario. Elle a fait ses études à l'Ontario College of Art de Toronto. Elle réalise des performances et des installations depuis 1988. Elle a présenté de nombreuses expositions au Canada; mentionnons «Wana-na-wang-ong» à la Contemporary Art Gallery (Vancouver, 1993), «Ayumee-aawach Oomama-Mowan : Speaking to Their Mother» à YYZ (Toronto,1993), «Tourist Act #1» à The Institute of American Indian Art Museum (Santa Fe, 1995). Belmore a également participé à «Interrogative Identity» (Grey Art Gallery and Study Center, Université de New York, New York, 1991), à la Quatrième Biennale de La Havane (Cuba, 1991), à «Terre, Esprit, Pouvoir : Les premières nations» au Musée des beaux-arts du Canada (1992), «Liaisons» (The Power Plant, Toronto, «Insite» (Santa Fe, N.M., 1997), et à la Biennale de Sydney (1998). Elle vit à Toronto.

Bibliographie
- Miller, Marcus, «ID please : mediations on a vision quest», Hour, 29 avril – 5 mai 1999, p.24.
- Miller, Marcus, «Rebecca Belmore», Mix, vol. 25, no 1, été 1999, p.8.
- Sioui Durand, Guy, «Le printemps en été ou…de quelques expositions et résidences», Inter, vol. 74, pp.46–49.




Luanne Martineau
du 17 avril 1999 au 22 mai 1999
Hogan's Alley

«Hogan’s Alley (La Ruelle d’Hogan)» est le nom d’un immeuble à logements décrit par R. F. Outcault dans sa bande dessinée The Yellow Kid (1895-1898), qui s’inspire de la vie d’immigrants dans les ghettos. Cette œuvre s’inscrit dans un travail en cours qui pousse la notion d’emprunt du côté de l’abstraction. Spiritmaster, la série de dessins montrée ici, est constituée d’études pour des sculptures hypothétiques, construites à partir d’extraits de marques, d’inscriptions, de tracés et de détails qui se trouvaient en périphérie dans des œuvres antérieures et qui sont présentés dans de nouvelles configurations. L’image finale est produite à l’aide d’un Spiritmaster portatif, soit un gestetner pré-Xérox qui crée une image à partir d’une matrice carbone, laquelle dégénère vers la vingtième copie, donnant une image qui diffère légèrement d’une reproduction à l’autre.

Pour ces séries en cours, je recycle des restes d’archives, mélangeant des extraits tirés de différentes sources à mes propres griffonnages. Les bronzes sont des exemples de ce dérivé griffonné... des approximations tridimensionnelles d’esquisses bidimensionnelles vaguement figuratives.

Mon intérêt pour la narration, dont découle mon impulsion archiviste, provient de son statut en tant que dénominateur commun dans les discours sur l’origine et la genèse. Ce qui caractérise ma pratique, c’est une absence de narration qui entraîne l’écroulement de toute cohérence, sauf celle du moment présent. Mon intérêt se situe à cet instant même où le texte, en tant que notion, s’écarte de son rôle premier comme moyen de communication et s’introduit dans une opposition binaire où il ne fonctionne ni comme sujet, ni comme exercice anti-narratif.

Née en 1970, Luanne Martineau a fait des études en «intermedia» à la NSCAD, à Halifax, et est diplômée en arts du Alberta College of Art and Design, à Calgary. En 1995, elle terminait sa maîtrise ès arts à la UBC, à Vancouver. Puisant ses sources de la bande dessinée de R. F. Outcault, The Yellow Kid (1895-1898), et utilisant divers médiums (aquarelles, dessins, sculptures en céramique et bronzes), cette jeune artiste a créé un corpus d'œuvres complexes basé sur l'absence et la déconstruction du sens de la narration. Cette série comprend «Ryan's Arcade» présentée à la Or Gallery (Vancouver, 1997) et à Mercer Union (Toronto, 1998), «Love Letters to the Shiv Artist» à la Struts Gallery (Sackville, 1998) et à la Eye Level Gallery (Halifax, 1998), «Hogan's Alley» présentement à Optica et McFadden's Flats prochainement à la Galerie 101 à Ottawa et à la Truck Gallery à Calgary. Elle a aussi participé à plusieurs expositions de groupe. Mentionnons «House of Cruelty» (Columbus, Ohio, 1995), «Residue» à la Truck Gallery (Calgary, 1996), «Montréal-Calgary» à la galerie Circa (Montréal, 1998) et «AFA : Selections from the Collection» à la Illingworth Kerr Gallery (Calgary, 1999). Luanne Martineau vit et travaille à Calgary.


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© Page couverture l Book cover, Documents et mensonges / Documents & Lies, 1999.

Douglas Gordon, Mathew Jones, Steven Moore, Cornelia Parker
du 10 septembre 1999 au 16 octobre 1999
Documents et mensonges

Commissaire : André Martin

«Documents et mensonges» présente le travail d’artistes du Royaume-Uni dont la majorité s’est taillée une solide réputation sur la scène internationale. L’ensemble des pratiques réunies témoignent de la vitalité et de la singularité d’un certain milieu britannique par leur aspect parfois cruel voire violent, animé d’un sens de la dérision et du nostalgique, sans oublier cet humour propre à la jeunesse anglaise.

Ces productions pointent quelques notions inhérentes au photographique sans jamais toutefois avoir recours à ce médium; elles en traceraient même une sorte de lexique. Leur usage particulier des traces utilisées, reproduites, manipulées ou tout simplement créées, permet le passage d’une histoire universelle à une autre, plus personnelle. Ces projets, par l’émergence du doute, produisent un déplacement de ce que nous entendons généralement par «document».

Fétichisme, obsession ludique du morbide, regard sur une certaine méthodologie scientifique, mise en scène du soupçon comme mode d’appréhension de l’oeuvre, autant de préoccupations dont témoigne «Documents et mensonges». Plusieurs de ces productions sont présentées pour la première fois au Canada.

Une publication regroupant des textes de Denis Lessard et d’André Martin, ainsi que des reproductions des oeuvres des artistes, sera lancée lors de la clôture de cet événement.

Voir le catalogue des publications.

14 octobre 1999
Conférence de Cornelia Parker
Université Concordia (collaboration)

15 octobre 1999
Lancement de la publication Documents et mensonges

OPTICA et André Martin tiennent à remercier chaleureusement Madame Sarah Dawbarn du British Council, Madame Johanna Wistrom de la Frith Street Gallery à Londres, Monsieur Barry Barker de la Lisson Gallery à Londres et les artistes. Nous aimerions aussi vivement remercier Madame Goetz de la Sammlung Goetz à Munich pour le prêt de l’oeuvre de Douglas Gordon.

Pour la tenue de cette exposition, OPTICA a reçu l’appui du British Council pour la promotion de la coopération culturelle, scientifique et technique entre la Grande-Bretagne et les autres pays.


Douglas Gordon est un artiste d’origine écossaise, vivant présentement à Glasgow. Son travail combine une variété de médiums incluant la peinture, la performance et la vidéo. Il a exposé au Musée d’art moderne de Paris (1996), The Institute for Contemporary Art à Boston (1997), à la Biennale de Lyon (1997), et à la Dia Art Foundation de New York (avec Stan Douglas) en 1999.

Mathew Jones est originaire d’Australie. Il vit et travaille à Londres. Jeune artiste prometteur, son travail conceptuel a été qualifié d’«outsider spin» par le New York Village Voice. Jones a exposé au Museum of Modern Art de Melbourne en Australie, en Angleterre, aux États-Unis et a participé à plusieurs expositions de groupe prestigieuses au Danemark, au Brésil et au Venezuela. Il a été artiste en résidence au New York’s P.S.1 Museum en 1996.

Steven Moore vit et travaille à Londres. Encore inconnu dans son propre pays, «Documents et Mensonges» sera sa première exposition significative. Son travail a été reproduit dans POZ, à l’automne 1997.

Cornelia Parker vit et travaille à Londres. Elle a exposé en Europe et en Amérique du Nord. En 1997, Parker était invitée comme artiste en résidence par la ArtPace de San Antonio au Texas. Une rétrospective de ses oeuvres s’est tenue en juin 1998 à la Serpentine Gallery de Londres. Elle participait à «Avoiding Objects», présentée au Apex Art Curatorial Program à New York (1999). En 2000, on la verra à la Biennale internationale de Melbourne, en Australie, à The Institute for Contemporary Art à Boston et au Denver Art Museum dans le cadre de «Contemporary British Artists». La Frith Street Gallery de Londres prépare actuellement une exposition solo de son récent travail.

André Martin, directeur à la programmation à Dazibao pendant cinq ans, fut le commissaire de «Matrice d’Aram Dervent, d’En dehors de Soi» (avec Martine Meilleur), d’«Un Homme et son Image» (avec Thérèse St-Gelais), de «Corriger les lieux, après la photographie de voyage» (avec Catherine Bédard, Alain Laframboise et Claire Paquet), «Fiat Lux, Photographie et Architecture», (Avec Denis Bilodeau). Il a publié plusieurs articles et commentaires, des textes de catalogue et de nombreux récits photographiques dont L'Impasse d'A.S., qui paraîtra en septembre 1999 aux éditions Dazibao.


Bibliographie
- Lamarche, Bernard, «Jeux de mots; Conférence», Le Devoir, 14 octobre 1999, p.B8.
- Mavrikakis,Nicolas, «Images de marque», Voir, 7–13 octobre 1999, p.68.
- «Documents et mensonges», Mix, vol. 25, no 2, automne 1999, p.20.
- «Fast Forward», Canadian Art, automne 1999, p.22.




Sylvie Readman
du 29 octobre 1999 au 4 décembre 1999
Convergences élémentaires

Les photographies de Sylvie Readman sont en quelque sorte le résultat d’enquêtes ponctuelles menées sur différents aspects du langage photographique. Dans cette perspective, son travail s’est développé depuis 1989 autour d’une pratique de la reprise photographique. À travers celle-ci, des stratégies de distanciation de l’image furent élaborées afin de créer une résistance à l’immédiateté du sujet représenté et permettre ainsi une introspection possible au sein du langage photographique. Ces stratégies se manifestèrent principalement au travers des procédés de «détournement» de l’image, que ce soit par le traitement xérox couleur (Inventaire d’une image, 1989), par des techniques de surimpression (Les traversées du paysage, 1991) ou d’hybridation de l’image (Champs d’éclipses, 1993).

Ces incursions au sein du langage photographique l’ont amenée plus récemment à s’intéresser, à l’intérieur de la série Reviviscence (1995-1996), à la matérialité de l’image, à ses propriétés d’écriture : le flou, le bougé, le filé, les multiples expositions et le travail sur la profondeur de champ. «Convergences élémentaires» se situe dans le prolongement de ces oeuvres qui développaient autour de cette matérialité une thématique de la mémoire. Cette série élargit cependant le registre des expérimentations à des procédés chimiques (solarisation, saturation des sels d’argent, sous et surexposition, etc.) réalisés en laboratoire.

Le nouveau corpus de travail, présenté chez OPTICA, s’articule autour d’une phrase composée de six pièces distinctes. Le paysage y est traité comme élément de figuration minimal, réduit à une schématisation (la ligne d’horizon). Cette épuration de la figuration s’applique à rendre plus prégnante la présence de l’écriture au sein de l’image, et cherche ainsi à exercer une tension fragile entre le sujet représenté (le paysage) et le sujet latent (la graphie).

Sylvie Readman travaille à Montréal et enseigne à l’Université du Québec à Montréal. Son travail a récemment fait l’objet d’expositions individuelles en Belgique, au Musée de la Photographie à Charleroi (1998) et en France, aux Galeries du Théâtre de Cherbourg et au Musée de Trouville (1997). La série Reviviscence (1995-1996) a été présentée à la Cold City Gallery, à Toronto, à la Floating Gallery de Winnipeg (1999), à la Galerie d’art de l’Université Laval à Québec, à la Galerie d’art de l’Université de Sherbrooke (1998) et à la galerie Samuel Lallouz, à Montréal (1996). «Champs d’éclipses», présentée au Musée d’art contemporain de Montréal (1993), a fait l’objet d’une circulation au Canada. Récemment, on a pu voir le corpus d’oeuvres «Convergences élémentaires» au Centre Vu, à Québec.

Bibliographie
- Hakim, Mona, «Sylvie Readman, Convergences élémentaires», CV Photo, printemps 2000, p.31.
- Lamarche, Bernard, «Brouillards de signes», Le Devoir, 13–14 novembre 1999, p.B9.



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© Page couverture l Book cover, Fin de siècle, 2000.

Germaine Koh, Lucy Pullen
du 29 octobre 1999 au 4 décembre 1999
Fin de siècle : 1000 gracias

Commissaires : François Dion, Luis Jacob

«1000 Gracias» explore comment des sujets sociaux, en particulier les artistes et les commissaires, s’intègrent ou s’identifient à une communauté, comment ils abordent les individus qui la forment, et sur quelle base ces rencontres se font. Les oeuvres présentées n’agissent pas tant comme des signes de cette appartenance mais davantage comme des déclencheurs d’activité, de dialogue, d’engagement envers l’autre, traçant ainsi l’ébauche d’une communauté. Cette exposition est la quatrième et la dernière de la série «Fin de siècle», organisée pour la salle multidisciplinaire d’Optica.

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Depuis huit ans, Lucy Pullen élabore une démarche artistique en faisant des allers-retours à Halifax en Nouvelle-Écosse. Elle a grandi à Halifax, a participé à un programme d’échange à la Cooper Union à New York en 1992, a obtenu son diplôme du NSCAD en 1993, a rencontré Sandy Plotnikoff en 1994, a fait un malheur en 1995, a exposé à la galerie S.L. Simpson en 1996, a continué à travailler sur des trucs à Halifax et à New York en 1997, a été en résidence en Islande et à Skowhegan, dans le Maine, en 1998, et travaille présentement à une maîtrise à la Temple University à Philadelphie.

Germaine Koh est artiste et commissaire; elle n’a pas d’adresse fixe. Son travail a récemment fait l’objet d’expositions individuelles à Ex Teresa Arte Actual à Mexico (1999), au Los Angeles Contemporary Exhibitions (1999), au centre d’artistes YYZ à Toronto (1998) et au Centre des arts actuels SKOL à Montréal (1998). Parmi les expositions de groupe auxquelles elle a participé, mentionnons «Every Day : 11th Biennale of Sydney» (1998), «Waste Management» au Musée des beaux-arts de l’Ontario à Toronto (1999), «In All the Wrong Places» à La Galerie d’art d’Ottawa (1999) et «World Wide Video Festival» au W139 à Amsterdam (1999). Elle a fait ses études au Hunter College de la City University of New York et à l’Université d’Ottawa.

Luis Jacob est un artiste qui agit comme commissaire, éditeur de livres d'artistes, écrivain, organisateur, et qui travaille dans son atelier. Il est engagé dans l’Anarchist Free School à Toronto et publie des livres d’artistes par le biais de la Galerie Largeness World of Art. Il aime écrire pour Lola, et a travaillé avec les collectifs Truck Stop 12 et See Through Cities. Ses expositions récentes comprennent «trans» (University of Western Ontario Art Gallery), «off/site@toronto» (Mercer Union), «Version City» (University at Buffalo Art Gallery), «Limousine (Free Parking)» et «30 seconds + title» (Musée des beaux-arts de l’Ontario).

François Dion est diplômé de l’Université du Québec à Montréal. Il a collaboré avec divers centres d’artistes québécois, publié des textes dans plusieurs périodiques d’art et de culture, coédité Cube en 1998-1999 et organisé des expositions présentées à Montréal, à Ottawa et en France. Il est présentement directeur de la Galerie 101 à Ottawa.


Bibliographie
- Miller, Marcus, «Surface of depth», Hour, 2–8 décembre 1999, p.56.
- «Fast Forward», Canadian Art, hiver 1999, p.16.



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© Page couverture l Book cover, Sur l’expérience de la ville. Interventions en milieu urbain, 1999.

le 10 décembre 1999
Lancement de la publication Sur l'expérience de la ville : interventions en milieu urbain

Commissaires : Marie Fraser, Diane Gougeon, Marie Perrault

Auteurs : Guy Bellavance, Marie Fraser, Jochen Gerz, Niels Ewerbeck, Mary Jane Jacob, Johanne Lamoureux, Mark Lewis, Rita McKeough, Marie Perrault, Michèle Thériault, Marie-Josée Lafortune

Artistes : Dominique Blain, Robin Collyer, Trevor Gould, Devora Neumark, Lorraine Oades, Anne Ramsden, Robert Saucier, Sites Unseen (Eduardo Aquino, Ricardo Castro, Maxe Fisher, Stephen Horne, Tessa McWatt, Michael Flomen, Ricardo Mendonça), Neil Wiernik

Ouvrage thématique de 200 pages publié à la suite de l'exposition «Sur l'expérience de la ville : interventions en milieu urbain» qui regroupait des oeuvres in situ présentées dans la ville de Montréal du 29 août au 14 décembre 1997 et une série de conférences en collaboration avec le Département d'arts plastiques de l'Université du Québec à Montréal et le Centre canadien d’architecture, sur l'art dans l'espace urbain, les artistes et la collectivité.

L'exposition et les conférences, présentées en complément, offraient une réflexion sur l'espace urbain à un moment de l'histoire marqué par la fin des utopies. Rassemblant un éventail d'œuvres éphémères et ponctuelles dispersées dans l'échelle de la ville, ce projet proposait d'aborder d'un point de vue critique le contexte socio-politique de Montréal ainsi que le rôle traditionnel et monumental de l'œuvre d'art en milieu urbain.

Sur l'expérience de la ville : interventions en milieu urbain, Optica, Montréal, 1999.
ISBN 2-922085-03-1.

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Bibliographie
- Critique d'art, no 15, printemps 2000, p.114.
- Canadian Art, été 2000, p.28.
- Art présence, no 34, avril-mai-juin 2000, p.42.
- Parachute, no 97, janvier-février-mars 2000, p.58.
- Bégoc, Janig dans Parachute, no 98, pp.71-72.
- Lamarche, Bernard, «Sur l’expérience de la ville», Le Devoir, 9 décembre 1999, p.B8.