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Expositions 2007

Année
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Liste des artistes, auteurs et commissaires

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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

Ouvrages aidant à la consultation des archives

Droits électroniques





Alexandre David
du 19 janvier 2007 au 24 février 2007
Exposition solo

On entre dans une pièce; le plancher craque sous nos pas ou l’on sent sa dureté jusque dans les genoux. On s’assoie sur une chaise, on pose les mains sur une table. Puis on lève les yeux vers le plafond, pour en voir la hauteur, pour regarder le plafonnier et les moulures, s’il y en a. Je suis parti d’une absence de lien très simple entre un espace accessible uniquement par le regard et un autre dans lequel on peut se déplacer, sans chercher à représenter nos expériences spatiales quotidiennes ou à thématiser l’architecture d’une façon ou d’une autre. Ce qui est proposé ici n’est toutefois pas envisageable, ne s’amorce pas en tant qu’expérience, sans une familiarité avec l’architecture.
- Alexandre David

Alexandre David vit et travaille à Montréal. Ses oeuvres ont été exposées dans divers lieux au Canada, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Il a exposé en solo, entre autres, à L'Oeil de Poisson à Québec en 2003 et à Montréal, au Musée d'art contemporain en 2002, ainsi qu’à Quartier Éphémère et B-312 en 2004. Il est le récipiendaire du prix Louis-Comtois 2006.

Bibliographie
- Mavrikakis, Nicolas, «Art d’ici», Voir Montréal, 11-18 janvier 2007, p.42.
- Mavrikakis, Nicolas, «Entre les lignes», Voir Montréal, 25 janvier – 1 février 2007, p.46.
- Tousignant, Isa, «Spring into Winter», Hour, 11-18 janvier 2007, p.14.
- Viau, René, «Chaudes, chaudes, les expositions…», Le Devoir, 20-21 janvier 2007. p.C7.
- Viau, René, «Contreplaqués et poses loufoques», Le Devoir, 10-11 février 2007. p.E6.




Derek Sullivan
du 19 janvier 2007 au 24 février 2007
Cold Open 2006

Les artistes qui ont participé au projet sont : Mathieu Beauséjour (Montréal), Krista Buecking (Guelph et Toronto), Patrick Coutu (Montréal), Luke Sandler (Toronto), Derek Sullivan (Toronto)

À la télévision et au cinéma, on désigne par l’expression «cold open» la séquence d’ouverture qui situe l’action et le décor avant même que n’apparaissent le titre et le générique. Habituellement, cette séquence dure entre une et dix minutes. Le meilleur exemple de cette technique qui nous projette d’emblée dans le film est la séquence qui débute tous les James Bond depuis From Russia with Love (1963).
C’est ainsi que Derek Sullivan s’est inspiré de cette convention cinématographique qu’il a appliquée au contexte d’exposition. À cet effet, une série de cinq affiches a été produite. Le contenu de chaque affiche prend tout son sens lorsqu’il devient l’information communiquée au public par la galerie pour annoncer cette exposition. Pourtant, les affiches ne sont pas signées et ne réfèrent à aucune exposition en galerie. Comme support, chaque affiche diffuse une information qui s’ajoute au contenu de l’envoi postal de la galerie, et se suffit comme objet et contexte de présentation. De nature conceptuelle, ce projet pose plusieurs questions reliées à la circulation et à la mise en exposition comme le conçoit le milieu de l’art.

L’artiste s’intéresse au contexte de diffusion des oeuvres et ce qui précède leur exposition : comment les images émises par une galerie suscitent-elles un sentiment d’appartenance avec le lieu d’exposition ? Qui reçoit l’information ? Quelles sont les attentes du public ? La compréhension du processus sera différente pour ceux et celles qui recevront les affiches par voie postale (séquence d’ouverture) et pour les autres qui les verront pour la première fois en visitant la galerie. L’effet de « déjà vu » n’est pas étranger à la répétition qui fait partie du processus et à sa forme de dissémination. Avec ce projet, Sullivan critique l’espace traditionnel d’exposition et les modalités de présentation en renouant avec un mode de diffusion qui a fait ses preuves dans les années 1970 et qui emprunte sa séquence de présentation au monde des médias, en créant la «nouvelle».

Derek Sullivan vit et travaille à Toronto. Il a participé à plusieurs expositions collectives, notamment à la Galerie René Blouin (2006) à Montréal, au Power Plant (2005) à Toronto et à des foires internationales dont art forum Berlin (2003). Il est représenté par Jessica Bradley Art & Projects à Toronto.


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Olivia Boudreau, Les vaches (détail | detail), 2005.
Installation vidéo | Video installation.
Gracieuseté de l'artiste | Courtesy of the artist.

Olivia Boudreau
du 19 janvier 2007 au 24 février 2007
Exposition solo

Le temps et l’espace de 5 vaches en relation avec le temps et l’espace de 5 vaches, le temps et l’espace de 5 vaches en relation avec le temps et l’espace de mon corps, le temps et l’espace de mon corps en relation avec le temps et l’espace du premier plan de caméra, le temps et l’espace du premier plan de caméra en relation avec le temps et l’espace du second plan de caméra, le temps et l’espace du second plan de caméra en relation avec le temps et l’espace du regardeur, le temps et l’espace du regardeur en relation avec le temps et l’espace du champ, le temps et l’espace du champ en relation avec le temps et l’espace de mon corps, le temps et l’espace de mon corps en relation avec le temps et l’espace du regardeur, le temps et l’espace du regardeur en relation avec le temps et l’espace du premier plan de caméra, le temps et l’espace du premier plan de caméra en relation avec le temps et l’espace de 5 vaches, le temps et l’espace de 5 vaches en relation avec le temps et l’espace du premier plan de caméra, le temps et l’espace du premier plan de caméra en relation avec le temps et l’espace du champ, le temps et l’espace du champ en relation avec le temps et l’espace de 5 vaches, le temps et l’espace de 5 vaches en relation avec le temps et l’espace du regardeur.
- Olivia Boudreau

Olivia Boudreau poursuit actuellement une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM. Récipiendaire de la bourse McAbbie en 2003, elle a fait partie de l’exposition collective «Répliques réflectives : collectif de la relève» (2004, Galerie Verticale). Son travail a pu être vu au festival «Périmètre» (2005, Dare-Dare) ainsi qu’au Centre Clark lors de l’événement «Itinéraire Bis» (2005).

Bibliographie
- Crevier, Lyne, «Fermière obsédée», ICI, 1-7 février 2007, p.42.
- Tousignant, Isa, «Spring into Winter», Hour, 11-18 janvier 2007, p.14.




Manon De Pauw
du 16 mars 2007 au 21 avril 2007
L'atelier d'écriture

Depuis quelques années, je poursuis une investigation audio et vidéo sur le geste d’écriture, sur les états mentaux et physiques qu’il induit, sur sa sonorité et sa matérialité. Le fait qu’un acte si introspectif puisse trouver résonance dans l’espace public me fascine, ainsi que son omniprésence dans les tâches quotidiennes de l’artiste. Au-delà de la paperasse, c’est une façon d’organiser ses idées, de saisir plus clairement les images et les concepts qui se bousculent. Bref, je crois au pouvoir créateur du gribouillage.

L’atelier d’écriture explore plusieurs façons d’amplifier ce geste et de lui donner une existence poétique : captation sonore, exercices de traduction, dessin, performance, vidéo-bricolage. C’est avant tout un prétexte pour échanger avec d’autres artistes à travers le jeu chorégraphique. J’en établis les paramètres de base : une durée, une caméra, des micros, du papier, des crayons, une table, quelques chaises et autant de participants. Réunis en silence, ceux-ci créent à l’écran une oeuvre collective en constante évolution. Au cours d’une séance, le geste d’écriture se transforme en tracé, en dessin, en collage, en rythme sonore. Il est successivement producteur et destructeur. Les attitudes corporelles révèlent le niveau de synchronisme, de complicité, de tension ou de chaos au sein du groupe. La table devient surface à investir, territoire à partager, zone sensible d’interactions entre les individus et la collectivité. Tout peut arriver sur le plan humain, visuel et sonore. Ces expériences exigent des participants un niveau élevé de concentration, mais peuvent aussi procurer un plaisir intense proche du jeu d’enfant.
-Manon De Pauw

24 mars 2007
Vidéo-performance collective
Avec Alexis Bellavance, Manon De Pauw, Maggie Hallam, Michel Laforest, Patrick Mailloux, Billy Mavreas, Marie-Andrée Rho, Laurence Wegscheider

Ce projet a débuté à l’été 2006 au Banff Centre dans le cadre d’une résidence thématique intitulée «Babel, Babble, Rabble : On Language and Art». Je tiens à remercier chaleureusement les personnes qui y ont participé jusqu’ici : Nancy Atakan, Marilyn Booth, Marna Bunnell, JR Carpenter, Paulo da Costa,Joey Dubuc, Simon Glass, Janice Gurney, Catherine Hamel, Rachelle Viader Knowles, Ernie Kroeger, Nate Larson, Laurel MacMillan, Michael Maranda, Billy Mavreas, Joni Murphy, Emilie O'Brien, Baco Ohama, Sylvia Ptak, Jen Rae, John Richey, Adriana Riquer, Nina Serebrianik, Ken Singer et Jessica Wyman.

Merci également à Patrick Mailloux, au Banff Centre et à Yan Giguère de l’atelier Clark. Le projet L’atelier d’écriture a reçu le soutien du Conseil des Arts du Canada.


Le travail de Manon De Pauw a été présenté dans plusieurs expositions solos, collectives et programmes vidéo au Canada, en Europe et en Amérique Latine, parmi ceux-ci : La Chambre Blanche, Expression, Dare-Dare, le Théâtre La Chapelle et le MACM. Elle vit à Montréal et enseigne à l’Université Concordia.

www.manondepauw.com


Bibliographie
- Mavrikakis, Nicolas, «Art d’ici», Voir Montréal, 11-18 janvier 2007, p.42.
- Viau, René, «Chaudes, chaudes, les expositions…», Le Devoir, 20-21 janvier 2007, p.C7.
- Viau, René «Ateliers d’écriture», Le Devoir, 31 mars - 1 avril 2007, p.E3.




Yam Lau
du 16 mars 2007 au 21 avril 2007
Room

Avec «Room», une animation générée par ordinateur, Yam Lau tente d’explorer de nouvelles formes d’expression et de présentation spatiales. À l’aide du médium vidéo et d’un logiciel d’animation 3-D, l’artiste a reconstruit sa chambre à coucher de Toronto.

Dans cette oeuvre, l’espace de représentation s’exprime dans la sphère virtuelle. En effet, des séquences vidéo figuratives du train-train quotidien de Lau – rentrer à la maison, changer de vêtements, se mettre au lit – sont composées ou distribuées au sein d’un schéma architectural dans l’espace virtuel. Ce schéma fonctionne comme une expression pour ainsi dire sténographiée, simplifiée de la chambre. En ce sens, «Room» vise à complexifier l’espace de représentation par d’autres formes d’expression spatiale.

Né à Hong Kong, Yam Lau détient une maîtrise en beaux-arts de l’université de l’Alberta. Dans son travail, il explore de nouveaux modes d’expression et de présentation de l’espace pictural et a recours à diverses disciplines dont la peinture et l’animation. Lau collabore de façon régulière à des revues d’art. Il est présentement chargé de cours à l’Université York.

Bibliographie
- Viau, René «Ateliers d’écriture», Le Devoir, 31 mars - 1 avril 2007, p.E3.




Chih-Chien Wang
du 11 mai 2007 au 16 juin 2007
Yushan Is Here, and A Proper Story

Le projet est composé de deux parties. L’une est la création de Yushan comme personnage et l’autre aborde le langage en tant que narration. Ces deux parties sont reliées par une expérience incertaine de la réalité quotidienne; bien que nous vivions dans le réel, nous nous forgeons, d’une certaine manière, un statut au delà de la réalité.

Ce statut situé au delà de la réalité provient peut-être du fait qu’il est difficile d’affronter la vie. Donc nous jouons. Nous faisons semblant que la vie est ce qui se passe sur scène, et nous faisons semblant de jouer, comme les enfants jouent à être des adultes. C’est ainsi que le statut de la réalité se déplace et que cette sensation de jeu trouble notre perception de la vie. La cruauté paraît alors moins horrible.

Dans ce projet, je prends en considération trois aspects de la vie : le travail, la langue et l’environnement qui nous entoure. Ces trois sujets sont abordés du point de vue d’une nouvelle arrivante à Montréal. Yushan est nouvellement arrivée. Comme moi.

Quand je parle de Yushan, je parle d’un personnage fictif, bien que Yushan soit vraiment ici. Dans la personnalité de Yushan, il y a un mélange de réalité et d’irréalité : elle aime jouer. Je sais que Yushan est plus que ce que je connais d’elle. Dans ce projet, Yushan se transforme en rythme et en couleur.

L’histoire se transforme également en rythme et en couleur.

Dans le processus de narration d’une histoire, j’ai observé que le récit transite par les idées, les mots, les symboles et les apparences. L’un après l’autre, ils ont capté mon attention jusqu’à ce que je me perde. L’incertitude perceptive de la langue fait que l’histoire se transforme. Les histoires deviennent confuses et fragmentées.

Le projet prend donc la nuance de couleur créée par Yushan et ses récits.
- Chih-Chien Wang

Chih-Chien Wang remercie le Conseil des Arts et des lettres du Québec.

Né à Taiwan, j’ai déménagé Montréal en 2002. À Taiwan, j’ai appris à observer comment les gens se révèlent devant une caméra puisque j’y ai réalisé des documentaires pendant huit ans. Je travaille présentement à des projets en photographie et en vidéo qui reflètent mon intérêt pour les gestes subtils du quotidien.

Bibliographie
- Dion, François, «Portefolio : Combinaisons», Spirale, no 215, juillet-août 2007, pp.32-33.
- Mavrikakis, Nicolas, «Et la lumière fut», Voir, 31 mai 2007.




Diane Morin
du 11 mai 2007 au 16 juin 2007
Effondrements

Diane Morin poursuit ses recherches sur la lumière avec «Effondrements», projection audio et vidéo où se succèdent de brèves traces lumineuses d’ombres et d’objets, accompagnées de sons tout aussi brefs. À chaque fois, une explosion fait événement : un son percussif accompagnant la rapide apparition d’une forme émergeant de l’obscurité et sa disparition tout aussi rapide. S’agit-il vraiment d’effondrement ou de la mise en scène répétée d’un ratage ? L’observation de cette vidéo le confirmera.

Depuis le début de sa pratique, Diane Morin s’intéresse aux ombres projetées d’objets en mouvement qu’elle conçoit, aux traces que ceux-ci laissent en se déplaçant ainsi qu’à la documentation de leur trajet imprévisible sur du papier photosensible en une série de photogrammes (AXENÉO7, 2006). Elle en tire de complexes dessins réalisés directement sur les murs de la galerie, retraçant les lents et réguliers déplacements de ses mécanismes cinétiques anthropo-morphiques (CIRCA, 2005). Soucieuse de donner ou de redonner un mouvement à des éléments inanimés (DAÏMÕN, 2006), intéressée par le glissement de la lumière sur les objets et son pouvoir de métamorphoser ceux-ci, Diane Morin poursuit avec «Effondrements» son investigation de la lumière comme agent révélateur : ombre, trace, empreinte, image, forme, mouvement. Le noir et blanc de l’image projetée en accentue la dimension photographique (littéralement ici, écriture par la lumière).

L’artiste parle d’événement quand elle commente «Effondrements». Celui-ci est certainement tragique, l’objet disparaissant aussitôt qu’apparu. Mais il est tout aussi décevant – jamais la destruction anticipée de l’objet révélé par la lumière ne survient. Malgré l’intensité de l’explosion, aucun n’éclate ni n’est détruit. Instant photographique par excellence, l’explosion a ici la simple fonction de rendre visible un objet immobile dans l’obscurité et nous l’expose comme image de cet objet disparaissant sous nos yeux. Au delà des apparences, Diane Morin affirme avec «Effondrements» son intérêt pour ce qui est non spectaculaire. Elle détourne notre attention vers une série d’anti-événements où l’attente dans le silence et l’obscurité mène vers un récit de disparitions à répétition.
- Nicole Gingras, 3 avril 2007

Originaire de la région de Kamouraska, Diane Morin vit et travaille à Montréal. Depuis 1998, elle crée des installations in situ — cinétiques, sonores et vidéogra-phiques. Récemment, elle a entre autres participé à «Sound + Vision, Collaborative Creative Residency», au Banff Centre (2005), réalisé une exposition solo au centre d’exposition Circa, Montréal (2005) et a participé à l'exposition «Méandres» à DAÏMÕN et AXENÉO7, Gatineau (2006). En 2007 elle a présenté son travail à Mercer Union, Toronto et dans la galerie Rotor 2, Valand School of Arts, Göteborg, Suède.

Bibliographie
- Mavrikakis, Nicolas, «Et la lumière fut», Voir, 31 mai 2007.




Diane Morin
du 1 septembre 2007 au 30 novembre 2007
Résidence de recherche jeune création - Valence

«Se servant du son, de la lumière et de la vidéo, Diane Morin crée des installations in situ et élabore un langage visuel reposant sur l’utilisation de mécanismes assemblés à des objets qui génèrent une interaction avec l’espace. Suspendus à des câbles ou posés au sol, les assemblages prennent la mesure du lieu qui les expose. La série des Effondrements, débutée en 2000, intègre la captation sonore et l’enregistrement en vidéo de l’événement planifié. Enregistrées en temps réel, les explosions se produisent dans des objets en plastique translucide. Elles sont ensuite reconfigurées et restituées sous la forme d’installations vidéo. En parallèle, Diane Morin développe un travail à mi-chemin entre la photographie et le dessin. Cela consiste à capturer le déplacement d’objets mécaniques à la surface sensible du papier photographique. Les Photogrammes comme les différents projets de l’artiste rendent compte d'un ensemble de processus entre le renoncement à contrôler en laissant agir le mécanisme automatisé et l’appropriation du temps et de l’espace par des marquages répétés.»
- art3

À Valence, Diane Morin a poursuivi sa recherche audio et vidéo et un peu partout en Europe. Elle a rencontré les étudiants de l’École Nationale du film d’animation, La Poudrière, et le directeur du Lux, Scène nationale Valence, et a présenté sa recherche dans le cadre des rencontres du jeudi, organisées par art3.

Voir le catalogue des publications.

Consulat Général de France art3 Région Rhône-Alpes




image
Emmanuelle Léonard, Noyade, Rivière-des-Mille-îles, Laval, 2007.
48 x 32 pouces.
Impression jet d'encre | Inkjet print.
Gracieuseté de l'artiste | Courtesy of the artist.

Emmanuelle Léonard
du 7 septembre 2007 au 13 octobre 2007
Une sale affaire (A Dirty Business)

Mois de la photo à Montréal

Serrez toujours le déclencheur d’obturateur
comme si c’était la gâchette de votre revolver.
- Crime Scene Photography course, RCMP

L’opérateur a sombré avec sa benne dans les eaux glaciales de la rivière. Les médias diffusent l’image d’un homme : le propriétaire de la maison à proximité du lieu du drame. Une sale affaire d'Emmanuelle Léonard fait revivre ces moments d’enquête, ces faits divers dont la brutalité n'a égale que la cruelle banalité des documents qu'elle engendre. La particularité ici, c’est que les techniques de reportage journalistique, pourchassant l'événement, et les méthodes d’investigation policière côtoient une fiction photographique qui ajoute à la preuve : celle de l’image.

Avec les séries précédentes, «Les travailleurs» (2002), «Les travailleurs de l’église Sainte-Rita, Nice» (2003) et «Les marcheurs» (2004), Léonard nous a habitués à une pratique photographique à mi-chemin entre le conceptualisme et le photojournalisme. Sa recherche de réalisme la conduit cette fois-ci à questionner le statut du document photographique dans le contexte judiciaire. Afin d’être recevable à la cour, la photographie policière doit respecter une méthodologie simple quoique rigoureuse. Cette procédure a pour fonction d'assurer une efficacité, une objectivité que résume bien la mention suivante : « The photograph must not appeal to the emotions » (La photographie ne doit pas s’adresser aux émotions.) (Field Evidence Technician Course, California State University). Appliquant cette règle de conduite à la prise de vue, Léonard circonscrit chaque angle, chaque issue d'un bâtiment. L’objectif est de prendre des images qui reconstituent la scène menant au dénouement de l’enquête. Ces photographies et un bref film noir nous prennent à témoin. L’œil de la caméra essaie de nous persuader. Mais de quel crime ?

Au sous-sol du Palais de justice de Québec menant à la salle des archives, Léonard a accès aux pièces à conviction d'affaires classées parmi lesquelles se retrouvent des photos prises par la police. Elles sont numérotées et reliées. Il est possible de les consulter et de les photocopier car elles ont cessé de servir la loi. Elles sont redevenues en quelque sorte d'intérêt public, à la manière des événements relatés en salle dans la seconde galerie. Ailleurs, à l’aide d'une radio portative, Léonard écoute les communications de la police, guettant un appel qui réclame une intervention immédiate. Ainsi munie et attentive à ce qui se passe à la télévision et sur Internet, elle surveille l'actualité des faits divers, suit des photographes de presse pour capter l'événement : accident, perquisition, fusillade et noyade. Si le rôle d’une photographie imprimée dans un journal est d’émouvoir le lecteur, la photographie policière, quant à elle, collectionne les indices. Entre une image jointe à un rapport d'enquête et l'exhibition dans des pages imprimées, entre la neutralité programmée de l'une et la volonté sensationnaliste de l'autre, nous est-il possible de mesurer un quelconque écart visuel ?

27 septembre 2007
Les journées de la culture
Visites commentées par l'artiste


Emmanuelle Léonard remercie Jean-Pierre Aubé, Roberto Pellegrinuzzi, Georges Aubin, Jean-Pierre Bourgault, Mathias Delplanque, Luc Laforce du Journal de Montréal, Christiane Bourdua du service de police de la communauté urbaine de Montréal (SPCUM), Mélanie Lajoie (Division des communications, SPCUM), M. Caumartin (Division de l’identification, SPCUM), les centres Est-Nord-Est, Optica, la Fondation Christoph Merian et le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Emmanuelle Léonard vit et travaille à Montréal. Depuis 1996, sa pratique photographique, renouvelant le genre documentaire et la mission photographique, s’est rapidement imposée pour ses qualités conceptuelles. Elle a exposé et participé à de nombreuses expositions sur la scène locale, nationale et internationale. Mentionnons entre autres «Territoires urbains», Musée d’art contemporain de Montréal (2005), «Oakville Galleries» (2006), «Trafic inter/national d’art actuel en Abitibi-Témiscamingue», L’Écart, Rouyn-Noranda (2005), «Arbeitshaus Einatmen, Kunsthaus Dresden», Dresde, Allemagne (2005), «Lieux anthropiques», Casa Vallarta, Guadalajara, VOX, la saison du Québec au Mexique (2003). En 2005, elle est la lauréate du prix Pierre-Ayot, décerné par l’Association des galeries d’art contemporain et par la Ville de Montréal. En 2006, elle est récipiendaire de l’Atelier-résidence, à Bâle, de la Fondation Christoph Merian et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Ses œuvres font partie de la collection permanente du Musée national des beaux-arts du Québec et de la Collection de la Ville de Montréal.

Bibliographie
- Delgado, Jérôme, «Fabuler autour du fait divers?», Le Devoir, 15-16 septembre 2007, p.E9.
- Mavrikakis, Nicolas, «L’émoi de la photo?», Voir, 4 octobre 2007, p.45.
- Redfern, Christine, «Art of darkness», Mirror, 13-19 septembre 2007, p.60.




Campagne OPTICA 35 ans
le 4 octobre 2007
Concert bénéfice avec Pierre Lapointe

C’est le 4 octobre 2007 qu’OPTICA fêtera trente-cinq ans de réalisations en art contemporain. Depuis sa fondation en 1972, le centre a été à l’avant-plan de la promotion d’artistes qui ont fait la réputation de Montréal à l’étranger. Reconnu sur la scène locale, nationale et internationale, OPTICA est l’observateur privilégié d’une scène culturelle qui voit aujourd’hui surgir une relève dynamique, à l’image de la vitalité de la métropole.

Le 4 octobre 2007, nous vous invitons à souligner avec nous cet anniversaire et cette effervescence artistique au Monument-National. Associez-vous dès aujourd’hui à nos projets d’avenir en achetant un ou des billets pour notre concert bénéfice mettant en vedette l’unique Pierre Lapointe. En complément de soirée, une exposition regroupera les œuvres d’artistes visuels représentant les forces vives de la création québécoise : BGL, Gwenaël Bélanger, Michel de Broin, Manon De Pauw, Pascal Grandmaison, Isabelle Hayeur et Emmanuelle Léonard.

Lors du cocktail VIP qui précèdera le spectacle, venez rencontrer les membres éminents de notre comité d’honneur : Mme Alice Keung, Première vice-présidente et responsable des technologies de l’information à la Banque Nationale du Canada, Mme Monique Giroux, animatrice à la Première Chaîne de la radio de Radio- Canada, M. Pierre-François Ouellette, directeur de la Galerie Pierre-François Ouellette art contemporain et M. Pascal Grandmaison, artiste de la Galerie René Blouin. À ces distingués membres s’ajouteront les artistes présentés dans l’exposition.

En achetant un billet, vous faites automatiquement un don ! En effet, celui-ci sera triplé grâce au programme d’appariement Placements Culture du Gouvernement du Québec. La gestion des dons sera confiée à la Fondation du Grand Montréal pendant dix ans. Un geste significatif pour le futur d’OPTICA auquel vous contribuerez dès aujourd’hui en assistant au concert ou en faisant un don. Aidez-nous à relever ce défi qui assurera la continuité de nos activités dans les domaines de l’exposition, des colloques et de l’édition !

Votre apport aidera également à instaurer le Programme William A. Ewing de recherche et de résidence en arts visuels, au nom du fondateur et premier directeur d’OPTICA. Ce programme annuel comprendra un volet éducatif, conçu pour les jeunes artistes et le public. Soyez parmi les premiers donateurs du programme qui octroiera une bourse de 25 000 $ pour encourager la recherche et un travail de création en art contemporain.

Le 4 octobre 2007, soyez des nôtres au Monument-National. Inscrivez ce rendez-vous à vos sorties d’automne !

Conseil des arts du Canada Culture et communications Québec Conseil des arts et des lettres du Québec Ville de Montréal Conseil des arts de Montréal
Université Concordia placementsculture






Angela Detanico, Rafael Lain
du 3 novembre 2007 au 8 décembre 2007
Exposition duo

Originaires du Brésil, Angela Detanico et Rafael Lain travaillent à la frontière du graphisme et de la sémiologie. Leurs interventions émanent du quotidien et d’une pratique d’écriture. Intéressés par les systèmes de signes graphiques (les lettres), ils transposent l’alphabet sous forme visuelle et tridimensionnelle. Ils s’inspirent de caractères typographiques (l’helvetica entre autres), d’interfaces numériques, d’idéogrammes et de symboles architecturaux pour créer un vocabulaire visuel conceptuel dont la dimension résiduelle est forcément mnémonique.

Les œuvres présentées chez OPTICA font référence à une écriture concrète et à une temporalité. Comme il arrive souvent chez Detanico et Lain, ces systèmes appliqués «n’offrent pas une compréhension totale et immédiate mais créent de nouvelles possibilités d’information et de communication ainsi que de nombreux niveaux de sens» (Stephen Feeke, Catalogue Au bon vouloir des étrangers, Paris, Musée Zadkine, 2007.). Déposé contre le mur, un alignement de piles de 500 feuilles emballées sous papier kraft évoque une sculpture minimale ou une zone de rangement. Chaque pile «consiste en fait en une écriture concrète : chaque lettre correspond à un nombre donné de rames (un bloc pour A, deux pour B et ainsi de suite de manière croissante), plus la lettre se rapproche de la fin de l’alphabet plus la hauteur de la pile est importante» (Raphaël Brunel, Angela Detanico et Rafael Lain, Équation du temps, [www.paris-art.com].). Les variations sont infinies et permettent de créer des systèmes d’écriture sous forme d’accumulation avec du sucre, des briques, des boîtes, des livres, des sacs de terre, etc. Il suffit de répéter une unité de base. Ce qui compte (pilha), 2007, emprunte son système de représentation à des objets qui rappellent également une économie locale, selon la nature du matériau et le lieu où l’exposition est présentée, sa signification variant évidemment s’il s’agit de l’espace d’une galerie ou d’un lieu public.

D’autre part, A given time in a given space (zulu time), 2007, suggère un déplacement à l’intérieur d’une temporalité déjà fragmentée. Prenant la forme d’un planisphère découpé, cette murale défie notre entendement, nous situant devant une répartition géographique non conventionnelle, dérivée des systèmes de fuseaux horaires. Dans le même esprit, clock wise, 2007, réduit le signe graphique à la position des aiguilles sur un cadran, proposant une autre version de notre assujettissement à l’espace et au temps, mais nous rendant sensibles à l’accélération et à la permutation de la notion de trace et d’origine que nous expérimentons chaque jour dans nos déplacements et dans l’espace Internet.

3 novembre 2007
Première nord-américaine en présence des artistes

Nés à Caxias do Sul au Brésil, Angela Detanico (1974) et Rafael Lain (1973) collaborent ensemble depuis les années 1990. En 2002, ils obtiennent une résidence de huit mois au Palais de Tokyo, ce qui les oblige à quitter São Paulo pour s’installer à Paris où ils vivent et travaillent désormais. Graphistes de profession, Detanico et Lain s’appliquent à réexaminer les systèmes d’écriture. C’est l’une des raisons pour laquelle l’invention de la typographie est au cœur de leur processus de travail et fonde leur pratique artistique. En 2006, ils participent à la 27e Biennale de São Paulo. En 2007, ils représentent le Brésil à la 52e Biennale de Venise. Ils exposent en Europe, en Amérique Latine et en Asie où ils prennent part à de nombreux festivals de vidéo, d’art électronique et de performance.

Bibliographie
- «Ateliers d’écriture», Canadian Art, vol. 24, no 3, automne 2007, p.52.




Jake Moore
du 3 novembre 2007 au 8 décembre 2007
Exposition solo

Les installations in situ de Jake Moore font référence à des mythologies qui nous mettent en présence de formes animales. Souvent, ces dernières, reproduites à l’échelle réelle, servent de matrice et de support à l’émission de diverses sources sonores qui semblent amplifier les résistances électriques dont elles sont conductrices. Elles sont aussi porteuses d’un univers sensoriel qui nous oblige d’être attentifs à ses manifestations (lumière, odeur) dans l’espace. Ces effets se répercutent dans les associations mêmes que nous pouvons faire entre les objets, et dans les relations entre les objets eux-mêmes.

La présence d’animaux suggère par ailleurs un «autre» auquel on ne peut pas s’identifier directement, mais dont on peut reconnaître et deviner une forme sentie, sensible. Moore s’intéresse plus particulièrement à la manière dont on a sous-estimé les animaux, tout en leur accordant une place dans notre culture à titre d’exemples de comportement : les bêtes nous renseignant comment devenir humain. Cette situation se manifeste dans des expressions telles que «laborieuse comme une abeille», mais se trouve plus densément investie dans des textes où les animaux, en tant qu’habitants d’un monde naturel dépourvu de pensée et de langage, servent d’allégorie à une conduite convenable.

Cette pratique questionne notamment notre rapport aux formes traditionnelles de savoir. À cet effet, l’espace et la matérialité deviennent des points d’entrée potentiels, afin que nous puissions vivre une expérience immersive, et ne suggèrent pas, malgré leur littéralité, un quelconque récit. En revanche, l’artiste demeure confiante qu’en engageant le corps entier dans un certain moment temporel qu’une connexion, peut-être, s’établira.
Testing, testing…

Jake Moore est née dans les Prairies et vit à Montréal. Artiste intermédia, elle considère l’enseignement et la participation sociale comme faisant partie de sa pratique de création. Son travail a fait l’objet d’expositions dans des galeries à l’échelle nationale et dans plusieurs manifestations in situ. Moore s’est méritée plusieurs prix et bourses, du Conseil des Arts du Canada et du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada. Motivée par la critique sociale et par une incertitude personnelle, elle propose dans sa pratique des objets qui servent de dispositifs de médiation et qui sont eux-mêmes des porteurs de renseignements complexes, de nature «transceptive». Elle voit sa pratique en atelier comme un déclencheur de changement et une invitation à l’engagement.