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Andrew Dutkewych
From February 7th 1984 to February 29th 1984
Travaux récents / New Work

The following document is only available in French:
"Le sculpteur Andrew Dutkewych vit et travaille à Ormstown au Québec. Il a obtenu en baccalauréat en arts visuels du Philadelphia College of Art en 1966 et il a poursuivi des études post-graduées à la Slade School of Fine Arts à Londres, Angleterre.

Une fois revenu à Montréal, il a exposé son travail au Musée d’art contemporain, au Centre Saydie Bronfman, à Véhicule et récemment, aux Galeries d’art Sir George Williams. Il a de plus participé au Symposium international de sculpture environnementale à Chicoutimi et, en 1983, a présenté ses œuvres sur les pelouses du Agnes Etherington Art Centre à Kingston, Ontario.

Dans ses sculptures en acier, Dutkewych développe une recherche sur la frontalité à partir d’un concept de non-référentialité. Son propos, à l’origine influencé par la sculpture formaliste de Grande-Bretagne, des États-Unis et du Canada, prend en compte depuis quelque temps l’observation de la dialectique nature/architecture.

La sensibilité qui se dégage des sculptures de la présente exposition avait en quelque sorte été anticipée dans la conclusion du catalogue écrit par la conservatrice, Sandra Paikowski en 1982 sur Andrew Dutkewych : « Ce serait une erreur de percevoir la série [d’œuvres dans cette exposition] en tant que sculpture paysagiste. Pourtant, peut-être du fait que Dutkewych travaille à la campagne, un lien métaphorique se trace entre la logique sculpturale de Cascades et la logique interne et mystérieuse de la nature."
- Press release (Optica)
- Silvy Panet- Raymond (translation)



Vera Frenkel, Anne Ramsden
From February 7th 1984 to February 29th 1984
Verifications

“Verifications” is a video exhibition curated by Monica Haim and Sorel Cohen, members of Optica’s Board of Directors, and investigates the theme of truth and fiction in the mise-en-abîme of persona in recent videotapes by Vera Frenkel and Anne Ramsden.

Interdisciplinary artist, Vera Frenkel, who is at present working in Toronto, will show … And Now The Truth (A Parenthesis), 1980, part 2 of The Secret Life of Cornelia Lumsden, (30 minutes, B/W and colour). Based on a real incident, this tape continues Frenkel’s video inquiry into the life, work, and fate of Cornelia Lumsden; the legendary Canadian novelist who lived in Paris between the wars- then mysteriously disappeared. This tape is a particularly rich example of the image-sound-text interplay and the combined use of documentary and staged footage that characterize Frenkel’s work.

Shot in Banff, Kyoto, Toronto and Montreal, … And Now The Truth uses combinations of high and low culture, and the assumptions they represent, to bounce us at every turn into a new uncertainty. We are led by the figure of Lumsden and the presence of her namesake, and a braiding of narrative voices which discuss both women, steadily towards a place where truth and fiction converge.

Montreal video artist, Anne Ramsden, will show her series, “Manufactured Romance” 1982-84, colour, where a young writer, Candie Cane, goes through a process of evolution towards self-sufficiency, both in her personal and professional life. While commenting on common TV fiction by its use of the soap-opera format, the series begins with a listing of Candie Cane’s vital statistics, which, curiously, seem to be the only facts the viewer can ascertain about Candie, whose character is so enmeshed in her down fictional personalities as to be unreal.

Through carefully orchestrated layers of consciousness and objectivity, then confusion and sentimentality, Candie Cane portrays a heart-rending, though ironic, view of contemporary issues of identity.

Vera Frenkel and Anne Ramsden both offer the dilemma of reality and fiction for examination and entice the spectator to find meaning in the very search for a tenable truth.
- Press release (Optica)



Eva Brandl
From March 7th 1984 to March 31st 1984
The Golden Gates

“The sculpture/installation concerns a setting of objects and images in collision which produces a series of interlocking ambiguities. “The Golden Gates” has been partially influenced by the linguistic structure encountered in Marguerite Duras’ novels. This involves the shaping of visual utterance within a process of deconstruction followed by an attempt to reconcile opposites. The encounter with the work is a climatic one, and thrives on tension.

I fragment, suspend and recombine many aspects of my experience. Each one is a straight linear story; but I don’t experience reality that way. I am interested in creating occurrences, which seem comforting at first and simultaneously disturb the order of things.

“The Golden Gates” explores narrative tension through accumulation of sensations. It proposes a situation with an imminent sense of event; through this the work derives its meaning.

The distinctive setting is not site specific in terms of integrating the elements into the existing architecture; rather, the architecture acts as a frame for the staging of a dramatic event.”
- Eva Brandl

I am shaping horizons in front of your eyes. The play is in relation to itself. It won’t move. You have all the time to watch the parts and how they fit together. I am making a landscape behind your eyes.
- Matthew Maguire, "The Language of Sight"
- Press release (Optica)

Eva Brandl was born in Germany in 1951. She has been living and working in Montreal since 1974. After a year of studies in scenography at the Conservatoire in Québec City, she obtained her Bachelor of Fine Arts from Laval University and completed her graduate studies at Concordia University in Montreal. She has exhibited consistently in Québec and has participated in several shows across Canada. “The Golden Gates” is her second installation work to be located in a warehouse space adjacent to her Clark Street studio.



Gregor Cürten
From March 10th 1984 to March 31st 1984
Peintures et dessins

The following document is only available in French:
"Gregor Cürten, dont les œuvres les plus récentes seront exposées entre le 10 et le 31 mars à Optica, est un jeune peintre qui vit à Cologne. Ses tableaux sont un lexique qui répertorie les images de la grande culture, de la culture populaire et la culture de masse- ces images qui seront les traits topographiques du paysage culturel que l’artiste habite. Quoique ses contemporains et ses compatriotes sembleraient désirer échapper à l’Histoire et se retirer dans une subjectivité non-médiatisée, c’est précisément le désir opposé qui anime l’œuvre de Cürten : approprier et manipuler les images, surtout celles qui appartiennent à l’histoire de l’art - celles qui sont génératrices de culture – afin de mettre en évidence l’omniprésence et l’inéluctabilité de l’Histoire. En appropriant les images qui sont générées par l’histoire d’une civilisation, et qui sont génératrices de sa culture, ces images qui constituent le contenu des coffres de la culture et qui sont données comme garantie dans les transactions de l’Histoire, l’enracinement de la production artistique individuelle dans la culture, et l’enracinement de la culture dans ;’Histoire est souligné. Perçu de ce point de vu, il paraîtrait que la permission est refusée à l’individu qui veut se réfugier dans un havre où Être a un lieu et cependant Devenir est hors temps.
- Monica Haim, Organisatrice de l’exposition

C’est grâce au programme pour favoriser la venue d’artistes étrangers du Conseil des Arts du Canada et du Ministère des affaires extérieures que Gregor Cürten accompagnera cette exposition, et donnera des conférences dans des universités canadiennes.

Nous espérons que celle-ci marquera le début d’une série d’expositions d’œuvres d’artistes étrangers dont la pratique engendre et fait une contribution significative aux débats théoriques et critiques actuels."
- Press release (Optica)



Luigi Ghirri
From April 5th 1984 to April 25th 1984
Photographies

The following document is only available in French:
La photographe italien Luigi Ghirri est né en 1943 à Scandiano en Emilie. Il vit aujourd’hui à Modène et enseigne à l’Université de Parme. Son œuvre a été l’objet de plusieurs expositions et publications européennes. Cette première exposition de son travail au Canada a été organisée par l’artiste montréalaise Sorel Cohen et comprend des photographies en couleur de la série « Nature – Morte » (1977-79) et de la série, plus récente, intitulée « Topographie – Iconographie ».

Voici ce que dit Luigi Ghirri des motivations à la base de son travail :
«Mon travail est issu de la nécessité, et du désir d’interpréter et de traduire la signification de la totalité des hiéroglyphes. Je ne traite pas seulement d’une réalité qui est aisément reconnaissable, mais je travaille aussi avec la pensée, la mémoire, l’imagination, le fantastique et les significations obscures. Le fossé entre l’infiniment petit et l’infiniment grand a été comblé par une question infiniment complexe : l’homme, sa vie et la nature.

Le besoin de connaître tire donc son origine de ces deux extrêmes, alternant entre le microscope et le télescope de façon à pouvoir traduire et interpréter la réalité ou l’hiéroglyphe.

D’un autre côté, la possibilité de voir et de pénétrer dans le monde du réel se retrouve dans toutes les représentations et les types de cultures connus, qui nous ont été donnés comme sûrs et indiscutables, conditionnant notre relation au réel et à la vie, voire même la relation qu’une image par satellite entretient avec la terre.

Ainsi, la photographie, avec son indétermination, devient un sujet privilégié pour se dégager du symbolisme inhérent aux représentations dépourvues d’ambigüités, la valeur de vérité lui est accordée.»
- « Kodachrome », Punta e Virgola, Modène, Italie, 1978, p 11-12

Jean-Claude Lemagny décrit ainsi certains aspects fondamentaux de l’œuvre : L’œuvre de Luigi Ghirri se place à la jointure de deux artifices : celui de la photo en couleur et celui du monde moderne. Ghirri sait voir leur exacte correspondance.

La photo en couleur, à force d’exactitude pointilleuse, en oublie la vérité et l’ensemble et nous fait voir en monde totalement fantastique.

Le monde moderne, à force de multiplier les objets fabriqués et les matières synthétiques, devient entièrement artificiel. Ces deux modes de l’irréel se rejoignent dans les photos de Luigi Ghirri.
- Luigi Ghirri, Feltrinelli, Milan, 1979, p. 59.
- Press release (Optica)



Robert McNealy
From April 5th 1984 to April 25th 1984
La deuxième traversée

Artist Robert McNealy, native of Western U.S.A., now lives and works in Toronto. He will be presenting a recent installation work including sculptural and painted elements at Optica between April 5th and 25th.

Critic, Richard Rhodes, says about McNealy’s show at Mercer Union, Mercer Mnemonic: sample, size + relativity, (1982):
The new work seems to place a certain value on the inarticulate. All those gaps between things, those gaps in the line, I tend to see as spaces where works aren’t; it puts you between the names of things restored to a largesse that’s independent from all authority except intuition and imagination. It’s as if McNealy was engaged in a kind of space retrieval, in finding a way to remind us of the original breadth of things and not the self same tight crisis of newspaper pictures. His title says mnemonic, or reminder, ad it is that looseness which I think he wants to remind us of. It is work about freedom… - Vanguard, February 1983, p 39

Toronto’s Globe & Mail critic, John Bentley-Mays, describes some of the attitudes at work in McNealy’s YYZ installation as such:
This strategy of simplicity, materialism and disorientation has been commonplace for a long time, and is tricky; like so many sophisticated-sounding projects, it can easily become the occasion for much posturing and pomposity. McNealy’s piece is free of pretension, and is kept that way by the open-handed respect of the artist for his viewer as well as for his artistic traditions.
- The Globe & Mail, December 10th, 1983

Robert McNealy himself states:
What I am attempting here is to present work that can convey the associative elements of what might be considered disparate events/subjects and thereby make parallels between my activity and the socio/political climate of the times. I see the assembled situation as ecosystems wherein the exhibit/event and the gallery/place coexist.

Because some of the elements cease to exist when the exhibition closes, they emphasize the temporal nature of art, or of all things. What survives is documentation, which, like history, tells of a past event from which certain material parts continue to exist- an allegory for all culture.
- Press release (Optica)



Sherrie Levine
From May 1st 1984 to May 23rd 1984
Photographies

" (...)More recently Optica exhibited four series from Levine’s earlier works: After Walker Evans, After Andreas Feininger After Franz Marc and After Egon Schiele. The effect of this reversal was problematic in that Levine’s watercolours not only upstaged her earlier works but tended to negate the most provocative aspect of her original position: the denial of authorship (...)"
- Cheryl Simon, Vanguard, September 1984



Jean Lantier
From May 29th 1984 to June 20th 1984
Installation / Peinture

Jean Lantier, who lives and works in Québec City, will be presenting a group of works at Optica, from May 29th to June 20th. The works attempt to explore a complex image-object relationship, and articulate different levels of cultural references.

"I see my work as tending towards what one might call a poetic space. A poetic space that is analogous with dreams, a place where nothing converges towards a specific point, and yet where all that is possible exists. Nothing can be named, nothing can be pinned down, and all is reversible. All meanings, all contents are present but in a latent state. This is a mentally open place where complexity reigns. A metaphoric place.

My work comes out of painting and retains a certain approach to the image and a relationship to the wall. But it is painting exploded, without surface continuity, anchored in islets where the kinds of relationships between the different elements of the work use the language of installation. It is work that talks about image: figuration is present but at the level of sign as a reference allowing for the play of associations which have non-linear and closer to dream than to anecdote.”
- Jean Lantier
- Press release (Optica)



Joyan Saunders
From May 29th 1984 to June 20th 1984
Photographies

Joyan Saunders, native of Terra Nova, Newfoundland, now lives in La Jolla, California, where she is teaching and studying in the M.F.A. programme of the University of California at San Diego. She has shown her photographic works and videos in many Canadian and American centres as well as in Europe. Seventeen of her photographs will show at Optica between May 29th and June 20th, and her videotapes will be available for screenings free of charge at the Vidéographe, Monday to Friday from 10am to 5pm for the duration of the exhibition. (Vidéographe: 4550, rue Garnier, near Mont-Royal, 521-2116)

"At present my interests and directions as a visual artist are informed by longstanding concern with certain areas of the Social Sciences. Principally the phenomena of social psychology, the dynamics of cultural socialization processes; the evident malleability of the individual, adaptation, deviance, etc… In my work I often attempt to generate an awareness of and a reflection on such issues- usually by extrapolating from my own experience.

To date practically all of my work in the photography has combined image with text, the two being inter-dependent. This direction evolved following thoughts on the subjectivity of the photographic image and my desire to present compound and articulate information… Recent work shifts away from the personal, anecdotal detail, becoming more reliant on the evocation of associations, although the underlying issues may remain the same. This tendency is perhaps most evident in my videotapes where I feel relatively free from the limitations and misreadings relating to the frozen/frame/frozen moment.

The activities in my tapes often bear reference to compulsion; seemingly illogical behaviour with convoluted roots in rational thought. Although there is a primary awareness of the activity itself, context and stylistic treatment cause it to function principally as a catalyst for associations; a framework for reflections on the psycho-socio dynamics, the implications and origins, of behaviour per se. In themselves, the activities are purpose oriented and the logical completion denotes the end of any given tape.”
- Joyan Saunders
- Press release (Optica)



Exposition de groupe
From September 5th 1984 to September 29th 1984
Lieux et figures

This document is only available in French:
C’est sous ce titre que la galerie Optica ouvrira pour la première fois ses portes à l’architecture, du 5 au 29 septembre 1984. Pour nous, l’École est l’un des lieux essentiels - et mal connus du public – où s’élabore le discours sur la ville et, par conséquent, la réalité urbaine de demain. C’est donc neuf projets réalisés dans le cadre de la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal qui seront exposés. Ils sont l’œuvre de :
Cécile Baird
Michel Dionne
Sophie Charlebois
Luce Lafontaine
Claude Lamoureux
Claude Laurin
Louis Martin
Denis Ouimette
François Rioux
Gérald Théreault
Christian Thiffault

Mais, comme le projet d’architecture n’est pas un phénomène isolé, ayant valeur en soi, nous avons voulu compléter cette exposition par un colloque de deux jours, les 15 et 16 septembre, auquel participeront :
Melvin Charney
Robert Cohen
Yves Deschamps
Pierre Granche
Dan Hanganu
Odile Hénault
Alan Knight
Peter Rose
France Vanlaethen
René Viau
- Communiqué de presse (Optica)



Marshalore
From October 3rd 1984 to October 27th 1984
Album

The following document is only available in French:
"« Album » : une question, une enquête, un jeu, un espoir. Assemblés dans notre mémoire, tous les matériaux qui servent à construire nos vies. Le mystère de l’interaction, glané à même l’imagerie, l’expérience et les sentiments qui forment nos propres albums : la substance de la synchronicité. Se déplaçant par cercles concentriques, à la recherche de quelqu’écho chez les autres, notre subjectivité peut prendre, apparemment, des impressions au hasard, pour ensuite en faire le tissu même de notre propre compréhension individuelle. Les joies et les peines qui définissent le caractère d’une personne peuvent se retrouver chez quelqu’un d’autre, via ses forces et ses faiblesses.

Nous avons travaillé, en sessions individuelles, durant une période s’étendant sur plusieurs mois ; les participants et moi, le miroir, j’écoutais, alors qu’à différents degrés, ils en vinrent à être en contact avec eux-mêmes et conséquemment avec les autres. A chaque essai, il y avait quelque chose de plus de découvert, de plus à examiner, un processus d’apprentissage pour chacun de nous et la base des quatre bandes de l’installation.

Travaillant avec un ordinateur (entité collaboratrice et alter ego) nous devenons sculpteur, compositeur et chef d’orchestre de cet ensemble que constitue le document vidéo – meneur de jeu également du monologue, du dialogue ou de la conversation ; une bande commence, l’instant d'après une autre arrête : un montage sur la mouvance de l’humain, en constante transformation bien que, d’une certaine manière, inévitablement familier."
- Press release (Optica)



Stuart Marshall
From October 3rd 1984 to October 27th 1984
Journal of the Plague Year, 1984

The following document is only available in French:
"En général les reportages faits sur le SIDA par les médias et plus particulièrement les informations transmises par la presse médicale ont eu un effet accablant pour la communauté gaie : elle se voyait à la fois refuser le droit de définir elle-même son identité et nier la reconnaissance légitime de ses droits civils. Le 3 juillet 1981, le New York Times publiait un article titré : 41 homosexuels atteints d’un cancer inconnu. Le week-end suivant la communauté gaie newyorkaise était reconduite au ghetto horrible de ses peurs et de sa vulnérabilité. En juin 1982, le conseil municipal de Columbia au Missouri battait une proposition reconnaissant des droits civils à la communauté gaie sous prétexte que les homosexuels étaient des transmetteurs réguliers de maladies.

Au début des années 70, le mouvement gai avait commencé à remettre en question les définitions traditionnelles de l’homosexualité imposées par l’État, l’Église, les médias et la médecine. En même temps la communauté gaie s’était bâtie une infrastructure diversifiée (des ressources dans le domaine des arts et du loisir, des médias parallèles, des cellules économiques et politiques) lui permettant de donner des bases d’appui à ses nouvelles et propres définitions de l’identité gaie. Récemment ces organisations gaies subissaient des pressions de plus en plus fortes : par exemple les attaques répétées pour faire taire la presse gaie (le Body Politic au Canada et le Gay News en Grande-Bretagne). Ces pressions compromettent les définitions nouvelles que les groupes gais d’opposition idéologique et politique cherchaient à consolider.

Il aura fallu plus de cent ans aux hommes gais pour arracher au corps médical le droit de définir leur sexualité. Avec les événements récents qui tentent d’imposer une articulation idéologique entre maladie et sexualité, les gais perdent de nouveau au profit du corps médical le droit de définir leur propre sexualité.

Les œuvres de Stuart Marshall (bandes vidéo, installations et performances) ont été diffusées depuis 1975 à travers l’Europe et les États – Unis, plus spécifiquement à la Tate Gallery de Londres, à la 10ième Biennale de Paris, au Festival de musique contemporaine de Venise et de la télévision ont été publiés, entre autres, dans Screen, Studio International et Afterimage."
- Press release (Optica)



Alison Rossiter
From November 3rd 1984 to November 24th 1984
«Pink Baby Series», «Bridal Satin Series» et «Toy Series»

The following document is only available in French:
"Depuis 1977 le travail de la photographe Alison Rossiter a été l’objet de plusieurs expositions collectives et personnelles à travers le Canada. Pour sa première exposition à Montréal elle présentera trois séries de photos en couleur datant de 1983 : Pink Baby Series, Toy Series et Bridal Satin Series.

L’aspect technique des photos est impeccable. Elles sont jolies. L’air de familiarité avec la photo publicitaire ne peut nous échapper.

De l’enfance rose avec ses cuillères d’argent, ses jeux innocents avec des appareils ménagers en passant par la robe de satin de la jeune mariée, puis l’avalanche des bouteilles de détergent et des balais, voilà, toute tracée la vie des filles, déjà ménagères.

C’est avec humour et ironie que Rossiter dresse le constat tragique de la socialisation des femmes."
- Press release (Optica)


image
Jean-Luc Vilmouth, Exposition «Sculptures» Exhibition, 1984.

Jean-Luc Vilmouth
From November 3rd 1984 to November 24th 1984
Sculptures

The following document is only available in French:
"La Stratégie du Réduve Masqué : Roger Caillois fait mention, dans un des chapitres de « Méduse et Cie » qu’il consacre au mimétisme animal, du cas du Réduve Masqué (Reduvius Redivivus) qui se dissimule en accumulant sur son corps la poussière qu’il gratte alentour avec ses pattes. L’X que Jean-Luc Vilmouth présentait en 1980 relevait d’une procédure voisine : un parallélépipède de bois brut enduit de colle était recouvert par le pigment raclé au sol dans un périmètre suffisant et soufflé sur l’objet. On pourra bien sûr ne voir là que l’effet singulier du hasard, et pourtant…aucune économie utilitaire ne justifie le geste de l’insecte par rapport à celui de l’artiste : comme l’explique Caillois, le mimétisme est inutile, sinon nuisible ; les ennemis des insectes sont attirés par l’odeur ou par le mouvement, très rarement par l’aspect de la proie. Et d’ailleurs il y a luxe de précautions, excès de simulacre (…). Il arrive ainsi que le Réduve Masqué se recouvre d’une poussière brillante et colorée plus propre à attirer le regard qu’à le distraire, et certaines chenilles ressemblent tellement à des feuilles qu’elles se dévorent entre elles : les scientifiques appellent hypertélie cet excès de zèle de la nature qui déjoue les interprétations trop simples (Sevro Sarduy appliquait cette notion aux travestis, plus féminins que leur modèle social dans leur désir de paraître et de séduire…). Claude Gintz explique fort bien comment dans le vitrail de Vilmouth la rigueur de la motivation ruine également toute idée de finalité fonctionnelle : une très belle pièce de 1979 montre un marteau qui semble n’avoir servi qu’à creuser la cavité dans laquelle il repose, inutile ; la cause se résorbe dans son effet, le bibelot s’abolit et le marteau, pour filer la référence poétique, s’offre sans maître (en l’occurrence, sans titre).

Toute l’œuvre de Vilmouth me paraît pourvoir se déployer à partir de ces deux repères que sont l’X et le Marteau sans Maître. Si la volonté d’exclure l’arbitraire du procès de travail trouve son origine dans l’histoire récente de l’art, la technique ou plutôt la stratégie (Claude Gintz souligne qu’elle est ironique ou fatale) mise en place a beaucoup à voir avec ce mimétisme que Lacan définit comme donnant à voir « quelque chose en tant qu’il est distinct de ce que l’on pourrait appeler un lui-même qui est derrière » : les objets qui se découvrent en se dissimulant sous une accumulation de matière (la série des cut-out, la Ménagerie du soir, Odyssée), les ustensiles dont une précise chirurgie révèle le masque menaçant, les footballeurs – caméléons qui se parent des écailles noires et jaunes de leur ballon renvoient (il y a une cause) mais tout est gratuit (il n’y a pas de raison) et cependant nécessaire. Probablement cette finalité sans fin qui est la définition kantienne de l’art… D’une certaine façon, Vilmouth choisit – comme l’avant – garde abstraite des années trente, sans le déclarer, d’imiter la nature non dans ses formes mais dans son fonctionnement, mais il pervertit ce choix en imitant la nature quant elle se mêle d’imitation, c’est-à-dire dans son aspect le moins économe et le moins rationalisable."
- Press release (Optica)



Michael Fernandes
From December 1st 1984 to December 22nd 1984
Cour âge

The following document is only available in French:
"Optica présente son installation en trois parties : No Escape, Manœuvres et Growing Up Strong, qui rejoignent plusieurs pratiques : objets fabriqués selon diverses échelles, photographies, projections et bandes sonores. Le tout engage le spectateur dans une relation avec les aspects multiples de l’environnement. La voix de l’artiste s’insère comme présence au sein de l’œuvre.

« Fernandes semble assigner un système de valeurs, inventer des éléments et provoquer des associations sur divers plans lors de la fabrication de l’œuvre. Le tout est provisoire. Son travail ne s’articule pas en tant qu’entité thématique. C’est comme s’il pensait tout haut et que dans l’espace de la galerie il trouvait un endroit précis, propice à cette contemplation. »
- Cliff Eyland, Vanguard, été 1984

Fernandes nous dit de son travail : « Cette installation est un constat sur la situation humaine et les complexités qui en découlent, sur notre façon d’improviser ou encore de jouer sur telles possibilités. Le travail s’accorde plutôt avec la vulnérabilité intérieure qu’avec les gestes extérieurs. »"
- Press release (Optica)



Bob Burley
From December 1st 1984 to December 22nd 1984
Photographies

For some time now I have been photographing fabricated interiors- T.V. studios, furniture showrooms, dollhouses, etc. I’m not really uninterested in the décor per se or in representations of style, but rather how these scenes work as fictions and how in turn photographs of these fictions might prompt the viewer to question some of the basic assumptions about photography itself.

This work originated, more or less as the result of my experiences working at a school of architecture. While photographing architectural models, I became intrigued with the way things are made to appear believable through the collaboration of construction and rendering, i.e. through the model and its photographic image.

With one exception, of all the places I’ve photographed for this show are constructed to create an illusion- the illusion of habitability. This illusion is at one and the same time mundane and profound. This is because the stuff of the illusion is so familiar and basic to our everyday experience.

As is the case with all illusions, the success of the deception depends upon perspective. What I’ve tried to do is place the camera in such a way as to both amplify and reveal the illusion. The resulting paradox is intended to encourage the viewer to consider the extent to which the world is configured to create illusion and photography’s complicity in the ongoing configuration of the world as image.
- Bob Burley, November 1984
- Press release (Optica)



Miklos Legrady
From December 1st 1984 to December 22nd 1984
I Want to Bite the Hand That Feeds Me

“I Want to Bite the Hand that Feeds Me” deals with the theme of love, romance, heartbreak and anxiety. It is an expression of anger at the conditioned behaviour within relationships, which is programmed in us all, the product of traditional attitudes absorbed through our lives.

This work presents the reverse side of the traditional clichés- it reveals the slimy thoughts and emotions under the dry stone (or better; the weight) of family, tradition, religious and legal pressures which rule our lives with outmoded and repressive expectations. We learn these expectations partly through the grapevine-popular myths of love, common stories, and everyday knowledge. Myths overheard as a child while the adults gossiped, myths whispered in the playground, repeated in locker rooms and around the punch table at the prom, venerated through teenage romance and college love, that ends in marriage or inevitably similar relationships that begin in divorce. “True love last forever”, “this marriage was made in heaven”, and of course “they lived happily ever after”.

On a formal level the notion of the popular permeates the imagery, casting a sarcastic net that traps content, subject, and style. The objects are novelty store, plastic cheap, toys and trinkets. The concept partakes of a psychology of symbolism drawn from Freud at his most misunderstood, and simultaneously appropriates and ridicules the use of culturally pre-contextualized subject matter.

Seen either as breathtakingly beautiful or as a surfeit of sensually exhaustive colours, the work stylistically integrates pop art and fabricated image, directorial mode photography along with the return of figurative image in art to synthesize a new image photography, whose subject is the effect of political attitudes in our daily lives.
- Press release (Optica)