Anne-Lise Seusse
du 1 septembre 2009 au 30 novembre 2009
Résidence de recherche jeune création
Originaire de Lyon, Anne-Lise Seusse produit un travail photographique autour de la question du territoire, s'intéressant particulièrement au micro-phénomène de ritualisation de certains espaces à travers la pratique d'activités de loisirs. La création de ces communautés singulières – un groupe de retraités pratiquant le ball trap, des free riders descendant une zone militarisée – génèrent des situations qui vont parfois à l'encontre de l'organisation «politique» de ces sites. Le travail de reportage de l'artiste opère dans ces zones de glissement et de confrontation. À Montréal, elle poursuit cette recherche, réalisant des portraits de jeunes rôlistes s'adonnant aux jeux grandeur nature inspirés de l'univers médiéval fantastique, au flanc du Mont-Royal.
Yan Giguère
du 12 septembre 2009 au 17 octobre 2009
Attractions
Yan Giguère poursuit son investigation du quotidien. De manière intuitive, sa pratique s’apparente à une écriture filmique qui se déploie dans l’espace d’exposition : les images s’enchaînent, formant une série d’associations poétiques et formelles. Une trame narrative se construit ainsi au contact des univers proposés, des cycles de production qui les séparent et des genres qui abondent, principalement le paysage et le portrait. Reprenant là où s’interrompait la série précédente, la figure de l’amoureuse nous convie cette fois au jardin.
Le photographe s’intéresse aux plantes, à leur pouvoir d’évocation et à certains tropismes, notamment ceux causés par la lumière. Cette caractéristique des plantes à s’orienter dans les zones d’ombre et de clarté n’est pas sans rappeler la spécificité du médium photographique : exposer la lumière, réagir à une source lumineuse. Leur présence, à l’exemple des grues s’élançant vers le ciel, renseigne sur la structure du dispositif.
On remarque un mouvement ascendant dans le choix des motifs et leur redistribution, de même qu’une progression dans l’organisation de la surface d’exposition selon les attributs de chaque image. De multiples correspondances naissent de la proximité des photographies, comme celles d’un magnifique brugmansia blanc (Trompette des anges) et un ostensoir en forme de soleil rayonnant (le Saint-Sacrement), iconographie religieuse reprise dans la tradition populaire. Cette image de facture documentaire, comme d’autres prises à travers la campagne québécoise, Giguère aime à nous les remémorer en signe d’origine et d’identité culturelles.
Cette série conserve un aspect intimiste. La trame du jardin d’Éden, de la Genèse (la pomme) et de la tentation des paradis artificiels (propriétés psychoactives de certains végétaux) se lit par étagement. Il se dégage de l’ensemble une impression de parcourir un sous-bois, où les plantes nous guident dans un univers qui laisse sa trace sur la surface photosensible du papier argentique. Plusieurs images renvoient également à l’idée de fondation – forêt de vérins soutenant un stationnement – de germination ou de croissance, autre métaphore du processus créatif dont les vues d’atelier et de l’amoureuse peintre sont des composantes essentielles dans l’œuvre de Giguère.
- Marie-Josée Lafortune
«Attractions» fait l'objet d'articles par Jérôme Delgado («Une autre constellation lumineuse», Le Devoir, 26-27 septembre 2009), Nicolas Mavrikakis («Tropismes», Voir, 1er octobre 2009) et Sylvain Campeau («Yan Giguère», Ciel variable, printemps 2010).
Dans le cadre de la 13e édition des Journées de la culture, Yan Giguère («Attractions», photographie) et Sophie Bélair Clément («Le son du projecteur», art conceptuel/installation sonore) seront en galerie ce samedi 26 septembre : rencontre avec les artistes, exposition commentée de leurs oeuvres et échanges sur leurs pratiques sont prévus. L'entrée est gratuite. C'est un rendez-vous!
L’artiste remercie le Conseil des Arts du Canada, le Centre Clark, l’Atelier Clark, le Centre Vu, Marie-Claude Bouthillier, Rodrigue Bélanger, Peter King, Louis Lussier et Mobile Home.
Natif de Disraeli, Yan Giguère a complété en 1996 des études en photographie à l’université Concordia. Il a exposé dans le réseau des centres d’artistes et a participé à plusieurs manifestations et expositions de groupe. Ses œuvres font partie de collections muséales et corporatives.
Sophie Bélair Clément
du 12 septembre 2009 au 17 octobre 2009
Le son du projecteur
Sophie Bélair Clément a développé un corpus d’œuvres vidéographiques et sonores où le corps en performance explore la notion de perte causée par la reproductibilité. L’expérience de cette perte – rejouée à l’écran en usant de ralentis et de mises en musique – exacerbe l’écoute, la concentration et les modalités d’exposition. Oeuvres en galerie : Bach Whistled (1970, 44 min 7 s) d'Adrian Piper et Pièce pour un quatuor à cordes qui tente de rejouer le son d’un projecteur vidéo diffusant «Nightfall» de Bas Jan Ader (1971, 4 min 16 s, noir et blanc, muet, film 16 mm transféré sur DVD) (2009, 44 min 21 s), interprétée par Kingdom Shore.
➤ 8 mai 2008, 07 : 46
➤ SV : Re : the Space Between
Chère Sophie,
Si vous voulez enregistrer pendant le jour, l’œuvre Bach Whistled d’Adrian Piper sera en marche, ce qui signifie que vous ne pourrez pas entendre la projection de Bas Jan Ader. Pour l’entendre, vous devez venir hors des heures ouvrables.
Bien à vous,
Marie Chrysander
Museum Anna Nordlander, Skellefteå
➤ 27 juillet 2009, 14 : 31
➤ Re : project
Sophie,
j’espère que tu vas bien.
nous avons terminé la pièce.
ça s’est avéré une longue entreprise.
nous n’avons pas pu nous enregistrer sur des pistes séparées, puisque nous avions trop de difficulté à nous entendre les uns les autres dans le mix, alors nous avons divisé la pièce par sections à partir des subtilités du fichier original de la lampe.
aussi, la répartition et l’enregistrement des cordes nous ont contraints à remanier la partition ensemble.
la composition devrait être attribuée à l’ensemble du groupe.
nous n’avons pas trouvé un joueur d’instrument à anches, nous avons donc utilisé un violon pour le son aigu.
j’espère que ça te convient.
alors, nous avons enregistré la pièce ensemble, en direct.
la dimension humaine est intéressante. on peut vraiment entendre la tension des interprètes autour de la 24e minute. tout le monde commence à être fatigué, et tendu, et on attaque les cordes un peu plus, mais le volume n’augmente pas.
en jouant, nous avons réalisé que le son de la lampe et du projecteur provient d’une mince boîte en plastique et qu’elle résonne, et que cette résonance fait partie des sons qu’on entend. aussi, sur le fichier original, on peut entendre le grincement du moteur, qui produit des fréquences moyennes difficiles à reproduire, mais je crois que nous avons bien rendu le spectre sonore de l’original.
nous nous sommes placés à différentes distances des deux microphones que nous avions installés. la résonance de la salle s’entend.
le plus difficile a été de trouver une manière de simuler le sifflement qu’on entend sur la bande originale. nous l’avons reproduit grâce au positionnement des micros et à l’architecture naturelle de la salle.
il y a une bonne réverbération sur l’enregistrement qui donne l’impression d’un son mat, et je pense que nous avons bien rendu le sifflement et la résonance.
donc, l’instrumentation et les registres sont les suivants :
jasmine landau : violon, fréquences moyennes
ryan hough : violon, fréquences aiguës
mark molnar : violoncelle, fréquences moyennes et graves
gerg horvath : basse, fréquences moyennes et graves
nathan medema a agi comme ingénieur de son et s’est assuré que l’enregistrement était balancé.
Sophie Bélair Clément sera en galerie le samedi 26 septembre (12h-17h) dans le cadre des Journées de la culture 2009.
Dans le cadre de la 13e édition des Journées de la culture, Yan Giguère («Attractions», photographie) et Sophie Bélair Clément («Le son du projecteur», art conceptuel/installation sonore) seront en galerie ce samedi 26 septembre : rencontre avec les artistes, exposition commentée de leurs oeuvres et échanges sur leurs pratiques sont prévus. L'entrée est gratuite. C'est un rendez-vous!
L’artiste remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, Adrian Piper Research Archive, Marie Chrysander, Mats Stjernstedt (commissaire de l’exposition «The Space Between») et le Musée Anna Nordlander de Skellefteå, Kingdom Shore (Mark Molnar, Jasmine Landau, Ryan Hough, Gerg Horvath, Nathan Medema et Simon Guibord), Michèle Thériault et la Galerie Leonard & Bina Ellen, Dan Nguyen et Hexagram UQÀM, Marc Dulude, David Jacques, Marie-Claire Forté, Olivier Girouard et Alexandre Castonguay.
Traduction : Colette Tougas et Marie-Claire Forté
Sophie Bélair Clément a développé un corpus d’œuvres vidéographiques et sonores où le corps en performance explore la notion de perte causée par la reproductibilité. L’expérience de cette perte – rejouée à l’écran en usant de ralentis et de mises en musique – exacerbe l’écoute, la concentration et les modalités d’exposition.
Fondé en mars 2006, Kingdom Shore puise ses influences du punk rock – qui a émergé du hardcore des années 80, de l’avant-rock, du art rock, de la musique électroacoustique, du noise, du vieux gospel, de la musique contemporaine et left-field.
Adrian Margaret Smith Piper est issue de la première génération des artistes conceptuels. Bach Whistled est une performance sonore qui s’inscrit dans le temps, durant laquelle Piper siffle au son d’un enregistrement des concertos en ré mineur, la mineur et do majeur de Johann Sebastian Bach.
Johann Sebastian Bach (1685-1750) est un grand maître de la musique baroque.
Myriam Yates
du 7 novembre 2009 au 12 décembre 2009
Syntoniser - Night park
Myriam Yates a développé un rapport à l’image qui démontre un attachement pour des dispositifs d’écrans, un intérêt marqué pour l’image cinématographique dont le support d’enregistrement et le mode de restitution sont à contre-courant du numérique. À chaque exposition, l’artiste complexifie ce rapport de façon à ce que l’on s’attarde non seulement à la valeur narrative, mais aussi à l’aspect formel des images produites, celles-ci mettant en scène ce qui distingue l’image vidéographique et l’image filmique. En galerie, elle juxtapose deux lieux, deux temporalités qui participent à la même fiction : un complexe hôtelier, aujourd’hui disparu, et un ciné-parc.
Dans cette série, Yates use fréquemment de l’arrêt sur image, nous plaçant devant une temporalité suspendue. Il s’en dégage une forme de mélancolie, d’errance, appuyée par un regard qui balaie des sites abandonnés, devenus obsolètes, situés au coeur ou en périphérie des villes. On peut difficilement y dissocier ce qu’ils représentent et ce qui nous affecte, plus exactement notre relation à l’espace et au temps.
La présence de la nature qui investit ces lieux – marquant une temporalité – et celle d’une architecture référentielle au sein du paysage sont déterminantes dans la construction de l’affect. Leur nature indicielle informe sur le sujet de l’expérience, l’origine du récit, le site d’une activité symbolique en voie de disparition qui éveille en nous une conscience à laquelle on s’identifie.
Plusieurs temporalités coexistent à l’intérieur de l’image, ce qu’accentuent les effets de surimpression. L’artiste s’intéresse aussi à l’écran comme surface de projection et ce qui l’entoure : son observation porte sur les usagers et leur jeunesse, de même que sur les activités saisonnières d’un cinéma en plein air, qu’elle documente conjointement avec les phases de démolition d’un complexe hôtelier. À la croisé d’hybridations et de mises en abîmes, ces images s’articulent et se confondent en un (non-)lieu recomposé.
- Marie-Josée Lafortune
Née à Montréal en 1971, Myriam Yates pratique la photographie et l’installation vidéo. Sa réflexion porte sur les espaces publics qu’elle documente et les multiples rapports que nous entretenons avec ces lieux. On a pu voir ses œuvres au Mois de la Photo à Montréal, au Musée d’art contemporain de Montréal et dans diverses manifestations, notamment les Rencontres Internationales Paris-Berlin.
L’artiste remercie la Ville de Sherbrooke et le ciné-parc Orford.
Jacinthe Lessard-L.
du 7 novembre 2009 au 12 décembre 2009
En fonction de la forme
Jacinthe Lessard-L. explore l’esthétique du quotidien et de l’espace habitable, les interstices entre le normatif et l’individuel, dans des œuvres évoquant les formes picturales de la modernité. Elle s’intéresse tout particulièrement à des réalités contemporaines issues de la démocratisation du design. Ses recherches actuelles – exacerbant l’aspect de commodité présent dans les précédentes séries – portent sur le potentiel des matières polymériques qui envahissent notre culture visuelle, tout particulièrement l’emballage d’objets triviaux. L’exploration de ces résurgences colorées en dévoile toute la force évocatrice : la distance critique du médium photographique et l’ambiguïté inhérente aux images produites évoquent certaines pratiques minimalistes et exposent la trace d’utopies modernistes.
En effet, bien que la série présentée en galerie puisse sembler se révéler au premier regard, elle recèle divers niveaux de sens. Lessard-L. y sollicite notre mémoire collective et, selon les référents propres à chaque spectateur, différents réseaux intertextuels se mettent en place au gré de citations visuelles plus ou moins implicites. Ainsi, l’aspect ornemental de l’ensemble, combiné aux effets de matières et de textures, fera parfois penser aux arts décoratifs textiles; les contours tantôt nets, tantôt fuyants, voire incandescents pourront évoquer les rayogrammes; les aplats de couleurs vives rappelleront à certains les Colourfield Painting; d’autres encore feront le rapprochement avec l’International Klein Blue, et ce malgré le fait que la construction de l’image, sa matière colorée, soit dictée par les produits eux-mêmes.
Par ailleurs, la couleur n’est pas entièrement libérée de ses fonctions localisantes et figuratives : étrangement familière, nous parvenons parfois à identifier le matériau à la source de l’ouvrage, au-delà de toutes les manipulations subies. Il ne faut toutefois pas confondre ces épreuves chromogènes avec des œuvres numériques. Les objets trouvés sont saisis dans leur emballage d’origine et seuls l’éclairage, la composition et le travail en chambre noire sont mis à profit dans la construction d’une photographie dont l’ambiguïté vient repousser les limites du médium pris dans sa fonction de documentation.
- Geneviève Bédard
Jacinthe Lessard-L. a terminé en 2006 une maîtrise en arts visuels à l’Université Concordia. Ses projets ont été exposés au Québec, à Toronto, Nancy, Göteborg, Glasgow et prochainement au Musée de L'Élysée de Lausanne dans l’exposition
«reGeneration 2 : photographes de demain».
En conversation avec Gabor Szilasi
le 24 novembre 2009
Campagne de financement Cocktail | Conférence | Exposition + vente
&fsL’importance de l’œuvre de Gabor Szilasi est indéniable dans l’histoire de la photographie contemporaine canadienne. Au Club universitaire de Montréal, il commentera son parcours et proposera une sélection d'oeuvres originales qui en font un témoin privilégié. Trois œuvres représentatives de trois périodes marquantes dans la carrière du photographe seront exceptionnellement mises en vente. Avis aux amateurs et aux collectionneurs! Gabor Szilasi, représenté par la galerie Art45, est le lauréat du prix Paul-Émile-Borduas 2009.
«En conversation avec Gabor Szilasi» est une invitation d'Alain Ishak, directeur pour le Québec du Groupe Hay, président du Club universitaire de Montréal et membre du conseil d'administration d'OPTICA. Les fonds amassés contribueront à l'essor des activités du centre et de la bourse William A. Ewing. OPTICA est inscrit au Programme Placements Culture du Gouvernement du Québec; la galerie possède également un fonds de dotation, administré par la Fondation du Grand Montréal.
24 novembre, 17h-20h En conversation avec Gabor Szilasi
Cocktail | Conférence | Exposition + vente d'oeuvres
Coût de l'évènement : 65$ (incluant un don de 30$, avec reçu d'impôt) Club universitaire de Montréal
2047, rue Mansfield
Montréal, Québec H3A 1Y7
Réservations : 514.874.1666 ⎢ communications@optica.ca
Tenue d'affaires décontractée
RSVP avant le 20 novembre
Gabor Szilasi, Motocyclistes au lac Balaton, 1954.
Épreuve à la gélatine argentique
12 3/4 x 18 7/8" (image); 16 x 20" (papier)
Signée au verso vendu 2 500$
Gabor Szilasi, Dunn's, 888-902 rue Ste-Catherine Ouest, Montréal, 1977.
Épreuve à la gélatine argentique
14 3/4 x 18 5/8" (image); 16 x 20" (papier)
Signée au verso vendu 2 500$
Gabor Szilasi, Salle de bain chez André et Marie-Rose Houde, Lotbinière, janvier 1977.
Épreuve couleur à développement chromogène
15 1/16 x 18 7/8" (image); 16 x 20" (papier)
Signée au verso
2 500$
Anne-Lisse Seusse
le 26 novembre 2009
Conférence + Cocktail
*5@7 :: jeudi le 26 novembre*
Vous êtes cordialement invité à une présentation publique d'Anne-Lise Seusse – artiste originaire de Lyon achevant une résidence de trois mois chez OPTICA – ce jeudi 26 novembre. Elle y commentera sa pratique photographique, tout particulièrement les recherches effectuées à Montréal cet automne. La conférence débutera vers 17h et sera suivie d'un cocktail. Tous et toutes sont les bienvenus!
Originaire de Lyon, Anne-Lise Seusse produit un travail photographique autour de la question du territoire, s'intéressant particulièrement au micro-phénomène de ritualisation de certains espaces à travers la pratique d'activités de loisirs. La création de ces communautés singulières – un groupe de retraités pratiquant le ball trap, des free riders descendant une zone militarisée – génèrent des situations qui vont parfois à l'encontre de l'organisation « politique » de ces sites. Le travail de reportage de l'artiste opère dans ces zones de glissement et de confrontation.
OPTICA (Montréal) et art3 (Valence) ont initié une résidence de recherche dédiée à la jeune création à laquelle est rattachée une bourse. Les structures hôtes ont pour rôle principal d’agir comme médiateurs auprès de l’artiste qui évolue dans un milieu de vie distinct, ainsi que d’organiser des rencontres avec des professionnels du milieu. Au terme de la résidence de trois mois, le boursier rend publique sa recherche; un ouvrage est coédité par OPTICA et art3 l'année suivante.
Gabor Szilasi
du 16 janvier 2010 au 20 février 2010
Portraits au Polaroid
Commissaire : Marie-Josée Lafortune
En 1974, Gabor Szilasi débute une série de portraits sur pellicule Polaroid, un projet qu’il poursuivra jusqu’en 2002. Ce corpus d’images – qui a rarement été montré et n’a jamais été imprimé dans sa totalité – réunit un ensemble de portraits intimistes pris en plans rapprochés et mettant principalement en scène des femmes, des membres de sa famille, des amis photographes et artistes. Pour cette exposition, OPTICA a commandé à l’artiste l’impression de quinze œuvres, dont plusieurs inédites, dans une édition limitée (3/3).
La série se subdivise en deux séquences, définies selon le film choisi : les premiers portraits sont fixés sur pellicule Polaroid type 105 (dite 665 à compter de 1977) que l’artiste utilise jusqu’en 1988, alors que ceux de la seconde période, amorcée en 1989, le sont sur Polaroid type 55. Ici, l’attention est portée sur la frontalité des regards qui engagent le spectateur. Contrairement aux photographies de la série du Québec rural des années 1970, nous sommes davantage en présence de portraits à teneur psychologique.
En effet, la composition suit certaines lignes graphiques dessinées par la lumière naturelle qui baigne et sculpte les visages. Le photographe use également d’une courte profondeur de champ, isolant le sujet de son environnement. L’emploi de la chambre 4 x 5 rend les détails plus précis, or l’artiste accentue les flous plutôt que de tendre à un réalisme.
Ainsi, alors que certaines images sont contrastées, d’autres ont une facture romantique, à l’instar du portrait de Doreen Lindsay, Westmount (décembre 1989), qui remémore les photographies de l’époque victorienne, notamment celles de Julia Margaret Cameron. Quelques épreuves issues de la première série – comme celles de Rafael Bendahan, Montréal (1977) et du père de l’artiste, Sándor Szilasi, Montréal (1977) – s’inspirent plutôt de la photo d'identité, plus archétypale.
Contrairement à la croyance populaire qui associe systématiquement le Polaroid à une culture visuelle de l’instantané, Szilasi réalise ses portraits dans la tradition du studio, où l’usage de la chambre 4 x 5 freine cette prétendue spontanéité. Par ailleurs, la pellicule Polaroid en format «pack» indépendant (comprenant le négatif et le positif) lui permet de remettre une épreuve au sujet et de procéder à certains changements avant de saisir l’image finale. La participation active de l’individu à son portrait est une composante déterminante du processus de Szilasi, qui rappelle ainsi la pratique d’autres portraitistes tel David Octavius Hill (1802-1870), de même que les «portraits assistés» de August Sander (1876-1964) ou les «portraits documents» de Walker Evans (1903-1975).
Sans vouloir établir une relation directe entre ces travaux et la présente série des portraits au Polaroid, force est de constater une méthodologie à l’œuvre qui, tout en distinguant la pratique de Szilasi, l’enchâsse dans une histoire, tant le sujet se construit en écho avec cette tradition.
- Marie-Josée Lafortune
Profondément humaniste, l’importance de l’œuvre de Gabor Szilasi est indéniable dans l’histoire de la photographie contemporaine canadienne. Né à Budapest (1928), il a capté les mutations de la société québécoise et hongroise des années cinquante à nos jours. Il a également influencé toute une génération de photographes par le biais de son enseignement. Lauréat du prix Paul-Émile-Borduas 2009, Szilasi est considéré comme un pionnier de la photographie sociale documentaire au Québec. Ses œuvres font partie de bon nombre de collections au Canada et en Europe. Il est représenté par la galerie art45 à Montréal.
L’artiste remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec de son appui, ainsi que Michael Flomen.
Jaana Kokko
du 16 janvier 2010 au 20 février 2010
Life Must Be Alive
Jaana Kokko a développé un corpus d’œuvres vidéographiques où la configuration des lieux façonne la totalité de l’être. Deux vidéos sont présentées en galerie : Modern Times (Transcription) (1982/2006) et The Anarch (2008) – issues de la série «Who am I, What am I, Why am I» – recèlent la même volonté de questionner la valeur du document comme représentation du réel et élément de fiction. La parole est ici gardienne d’une histoire, d’une connaissance et d’une mémoire; l’artiste la porte à l’écran par le biais d’entrevues, dressant des portraits familiaux et individuels qui lui permettent d’observer les relations de pouvoir.
Modern Times (Transcription) (1982/2006) se construit autour d’une entrevue menée par l’artiste et une amie – toutes deux âgées de dix ans – sur les activités quotidiennes d’une femme et d’un homme. Kokko reprend cet enregistrement d’époque et en fait la trame sonore d’une nouvelle structure filmique, réunissant ainsi deux univers parallèles. À l’écran, des images tournées en 2006 : dans un espace d’exposition dépouillé, une jeune femme nettoie une vitrine et y dépose une enregistreuse. En sous-titres, l’entrevue conduite en 1982 : la transcription chronométrée des dialogues (traduits en anglais) et des sons ambiants. Cet écart de temporalité, le dépouillement du lieu mis en scène et le caractère désincarné de la bande audio accentuent le caractère fictif du document, faisant écho à ce qui sépare la réalité des protagonistes interviewés de ce qu’ils avaient imaginé devenir.
Dans The Anarch (2008), Kokko tente de redéfinir le concept d’anarchie, à l’encontre de la perception populaire qui le confond au nihilisme, au chaos, au terrorisme. Elle demande donc à Veikko Leväaho (1924-2009) de relater son expérience – l’homme ayant été traduit en cour martiale pendant la Guerre de Continuation opposant la Finlande et l’Union soviétique (1941-1944) – et de préciser ce que serait selon lui une société idéale, sans injustice.
- Geneviève Bédard + Marie-Josée Lafortune
Originaire de Finlande, Jaana Kokko détient une maîtrise en arts de l’Université d’art et de design d’Helsinki (2002) et une maîtrise en sciences économiques de l’École supérieure de commerce d'Helsinki (1999). Elle a exposé et participé à plusieurs festivals de vidéo en Finlande, en Russie et en Europe.
L’artiste remercie le Conseil des Arts de Finlande de son appui.
Anne-Lise Seusse, Gabor Szilasi
le 16 janvier 2010
Projets d'artistes originaux distribués sous forme d'affiches gratuites
*Les lieux dépositaires sont maintenant en ligne!*
Depuis janvier 2010, des projets d’artistes originaux en lien avec la programmation et les archives d’OPTICA sont distribués gratuitement sous forme d’affiches à la galerie, de même que dans des librairies, bibliothèques, centres, galeries et musées. Les premières images sont de Gabor Szilasi et Anne-Lise Seusse. La liste des lieux dépositaires peut désormais être consultée sur notre site Internet. OPTICA vous propose ainsi un parcours culturel à travers la ville : ouvrez l’œil, dénichez-les et débutez une collection!
Vous trouverez ci-dessous les adresses des lieux dépositaires participant au projet en date du 26 mars 2010. La liste est régulièrement mise à jour afin de répertorier tous nos partenaires.
Dates limites ⎟ Deadlines
du 28 février 2010 au 1 mars 2010
28 février : appel à projets (programmation 2011) 1er mars : appel à candidatures (résidence)
Pour plus d'informations, veuillez consulter les fiches virtuelles détaillées concernant notre appel à projets annuel, ainsi que notre programme de résidence de recherche jeune création (Montréal - Valence, France). Merci!
Diane Landry
du 13 mars 2010 au 17 avril 2010
Chevalier de la résignation infinie
Diane Landry fait de l’expérience l’un des motifs de sa pratique, un mode d’appréhension du monde intuitivement perçu dans son rapport à l’objet et au temps. Artiste multidisciplinaire oeuvrant en performance, elle crée des univers cinétiques à partir d’objets usuels dont elle cherche à détourner le sens et l’usage primaires, à recycler la vocation et la valeur, visant ultimement à modifier la mémoire émotionnelle liée à leur reconnaissance. Qu’il soit automatisé ou fixe, le corps en performance sert d’unité de mesure pour étudier le temps marqué par le mouvement, matériau ensuite repris sous forme archétypale dans les installations.
En galerie, de grandes roues lumineuses constituées de bouteilles de plastique et contenant du sable font des révolutions dans l’espace, transformé en Luna Park. Leur cycle fait se succéder des zones d’ombre et de lumière, allusion au passage du temps, à l’alternance du jour et de la nuit. L’installation Chevalier de la résignation infinie (2009), conçue lors d’une résidence à l’Oeil de Poisson à Québec, fait écho de façon troublante à la performance L’imperméable, présentée au Mois multi de la même année : suspendue et fixée à une structure motorisée, Landry pivote à partir d’un axe et devient un réel sablier humain. Bien que ces œuvres soient indépendantes, il est difficile de ne pas les penser, corollaire oblige, en une suite séquentielle qui nous permet de vérifier l’apport de la performance comme matériau «source» au sein de la pratique perceptuelle de Landry.
L’intérêt pour les surfaces animées – une archéologie de l’image propre au cinématographe – informe la mise en exposition, notamment avec les ombres projetées qui participent au «merveilleux». Par ailleurs, Landry poursuit son investigation du quotidien avec Jongler (2009), une animation-performance-vidéo où l’artiste apparaît en silhouette face à une fenêtre. À chaque minute pendant vingt-quatre heures, une photographie est prise, documentant la pose. Les images fixes sont ensuite animées de façon à condenser le temps, restituant l’expérience dans un mouvement saccadé. La vitesse de projection reprend celle d’un film muet (16 images/sec), où Landry complexifie notre rapport à l’image en y introduisant des objets qu’elle déplace tout en donnant l’impression de rester immobile. De la performance, vous disait-on …
- Marie-Josée Lafortune
DVD
Chevalier de la résignation infinie & Ce qui part au lavage
Essais par Alison Syme
Distribution :
L’Œil de Poisson Vacuohm
Livret 28 pages avec photos couleurs
DVD
Vidéo ntsc ~ 45 min
5 installations & 3 performances 2008-2009
extra : 2 entrevues et documentation technique sur la performance l’Imperméable.
ISBN 978-2-9803525-9-1
« Il y a 237 bouteilles ici, dont le contenu liquide remplirait apparemment une baignoire, c’est tout. Le manque de vision dans la gestion humaine des ressources naturelles est cruellement mis en évidence ici par l’évocation du temps cosmique, en comparaison duquel l’existence humaine, voire celle de l’espèce, semble tout simplement sans importance. Et il y a quelque chose de terrifiant dans cet assemblage, si froid et serein, si imperturbable en notre présence. »
- Alison Syme
Ce livret accompagne l’exposition Chevalier de la résignation infinie, un projet créé par Diane Landry dans le cadre d’une commande de l´Œil de Poisson et financé par le Conseil des Arts du Canada. L’exposition fut présentée une première fois à Québec du 11 septembre au 18 octobre 2009.
Diane Landry vit et travaille à Québec. Récipiendaire de nombreux prix et distinctions, elle a exposé et participé à des résidences dans plusieurs villes d’Amérique, d’Europe et d’Asie. Sa pratique a fait l’objet de publications et en 2009, le Musée d’art de Joliette organise la première rétrospective lui étant consacrée. La galerie Solway Jones à Los Angeles la représente.
Kartz Ucci
du 13 mars 2010 au 17 avril 2010
368 songs with the word sad in the title mixed into one song
Les théories du langage et la philosophie guident la pratique multidisciplinaire de Kartz Ucci. Invoquant un penchant assumé pour le romantisme, elle révèle que ses œuvres et leurs sujets sont souvent inspirés et (re)définis en fonction de la réponse émotionnelle que suscitent en elle différents espaces. S’intéressant tout particulièrement aux notions de reproductibilité et de réappropriation, elle s’emploie à réinterpréter textes, pièces musicales et films déjà existants, en adoptant diverses stratégies conceptuelles qui orientent à leur tour la forme et le message des œuvres produites.
La pièce 368 songs with the word sad in the title mixed into one song a été réalisée en cumulant le nombre de chansons auxquelles le titre réfère explicitement: téléchargés à partir d’Internet en soumettant le mot-clé sad (triste) dans divers moteurs de recherche GNUtella (1), les fichiers mp3 obtenus ont ensuite été combinés à l’aide d’un logiciel d’édition audio-numérique, composant ainsi une nouvelle trame sonore transférée sur vinyle. Ucci s’en remet au pouvoir évocateur des sens et y propose une expérience concrète du paradoxe constitutif de la quête du bonheur pris comme finalité de l’action humaine, cette contradiction philosophique fondamentale entre vouloir le bonheur mais ignorer ce qu’il est et les moyens d’y parvenir.
L’installation présentée en galerie comprend deux dispositifs qui s’articulent à l’œuvre sonore: un imposant panneau recouvert d’une couche de plomb – surface monochrome investissant l’espace et améliorant l’acoustique –, ainsi qu’une murale répertoriant les titres des chansons entendues, disposés en spirale iridescente. Ce symbole naturel récurrent (rappel formel du microsillon et de la platine tourne-disques) peut évoquer tant l’infini et l’ordre cosmogonique que le vertige et la confusion, voire tout mouvement d’expansion – spirale créatrice ou dextrogyre, dirigée dans le sens horaire selon la mythologie grecque – ou de contraction – inversement orientée, dite destructrice ou lévogyre. Ici, une force centrifuge invisible dissipe l’obstruction visuelle, renvoyant à la cacophonie qui s’estompe progressivement… Faisant écho à cette (sur)sollicitation sensorielle qui fait graduellement place à une harmonie dépouillée, le bonheur serait une simple visée, un tout plutôt qu’une somme (2).
- Geneviève Bédard
(1) Protocole informatique décentralisé permettant la recherche et l'échange de données entre ses utilisateurs
(2) Paul Ricoeur
Faisant suite à de brefs engagements aux universités York, McMaster et Ryerson, Kartz Ucci enseigne à l’Université d’Oregon depuis 2004. Originaire d’Ontario, son œuvre a amplement circulé en Amérique, en Europe et en Asie.
Stéphane Gilot
du 8 mai 2010 au 12 juin 2010
La cité performative
Depuis 2001, Stéphane Gilot s’emploie à redéfinir notre relation à l’espace à l’aide de constructions hybrides, lieux imaginaires au sein desquels le public est invité à participer à un véritable inventaire de situations. Désignés par l’appellation «plans d’évasions», ces dispositifs constituent des «mondes-modèles», un ensemble d’unités autonomes qui prennent part à l’édification de la cité performative, un projet en constante évolution. La représentation de ces structures – dessins, maquettes, habitacles et composantes vidéos – trahit un intérêt marqué pour l’organisation sociale des villes, nos habitus et comportements, ainsi qu’une anthropologie renouvelée de l’habitat. Proposant une synthèse de ces environnements, Gilot agit cette fois comme commissaire : il actualise les «mondes-modèles», y ajoute de nouveaux quartiers et pose un regard réflexif tant sur le processus en soi que sur les relations d’auteur et d’autorité entretenues avec ceux et celles qui sont appelés à habiter la cité.
Rediffusée en vidéo, la capacité (ou non) à vivre ensemble des participants met à nu les imperfections d’une (sur)modernité perçue comme un spectacle vivant. Bien que la dimension ludique soit pleinement investie, elle illustre de façon probante la virtualisation effrénée d’un monde où l’accès et la vitesse de transmission des informations donne l’impression de parcourir l’univers tout en restant immobile (ce que rappelle le rapport entre espace d’exposition et espace urbain). «L'époque actuelle serait peut-être plutôt l'époque de l'espace», affirmait Michel Foucault dès 1967. «Nous sommes à l'époque du simultané, […] de la juxtaposition, […] du proche et du lointain, du côte-à-côte, du dispersé. […Le] monde s'éprouve moins […] comme une grande vie qui se développerait à travers le temps que comme un réseau qui relie des points et qui entrecroise son écheveau.»
Ces zones intermédiaires articulant unicité et pluralité des mondes sont bien présentes dans la cité performative. Par ailleurs, cette perception rejoint le concept d’hétérotopie développé par le philosophe français, cette idée de «lieu sans lieu» qui «[…] juxtapose en un lieu réel […] plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles»2. Faisant habilement écho à cet enchevêtrement des espaces – tel qu’expérimenté au théâtre par exemple –, Gilot prend acte et réunit dans une même œuvre différents lieux utopiques qui agissent alors comme interfaces entre réalité et fiction, renversant nos relations avec le réel et l’imaginaire tout en nous plaçant en situation de reconnaître et de croire à leur fonctionnalité dans l’organisation de la cité.
- Marie-Josée Lafortune
1 Michel Foucault, «Dits et écrits 1984 , Des espaces autres (conférence au Cercle d'études architecturales, 14 mars 1967)», in Architecture, Mouvement, Continuité, no. 5, octobre 1984, pp. 46-49.
2 Ibid, p.46
Stéphane Gilot remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec ainsi que Frédéric Lavoie, les habitants de la cité performative – Anne Bérubé, Caroline Boileau, Belinda Campbell, Caroline Dubois, Rachel Echenberg, Mathieu Latulippe, François Morelli, Alisha Piercy, Victoria Stanton, Sylvie Tourangeau et Emma Waltraud Howes.
Une aide supplémentaire d’Optica a permis la réalisation de cette première présentation-synthèse de la cité performative.
Originaire de Belgique, Stéphane Gilot vit et travaille à Montréal depuis 1996. Sa cité performative comprend, en tout ou en partie, les «mondes-modèles» présentés à : Jeu vidéo – vitrine, UQÀM, Montréal (2004), Jeu vidéo – monde 1, Paul Petro Contemporary Art, Toronto (2005), Centre Oboro, Montréal (2006), Jeu vidéo – monde 2, Transmediale 06, Berlin (2006), Centre Cinéplastique, Pierre-François Ouellette art contemporain, Montréal (2006), Cineplastic Station, Paul Petro Contemporary Art, Toronto (2007), Cineplastic Station 2, Galerie F. Desimpel, Bruxelles (2007),Cineplastic Center 2, Salvaging Utopia, Truck Gallery, Calgary (2007), Hurricane Building, Vowles Building, Flux Gallery, New York (2007), Cineplastic Campus, Blackwood Gallery, Mississauga (2008).
Sylvia Winkler, Stephan Köperl
du 8 mai 2010 au 12 juin 2010
Urbang
Les interventions dans l’espace public de Sylvia Winkler et Stephan Köperl proposent un point de vue critique sur la planification urbaine des villes qu’ils visitent. Ils les commentent en vidéo, composant des chansons engagées qui dénoncent avec ludisme les projets immobiliers et leurs modes d’implantation. Déconstruisant le message des promoteurs, le duo allemand nous alerte sur les processus actuels d’uniformisation et d’appropriation de l’espace citoyen. Les vidéos Jin Bi Lu (1997), 3rd Space (2007) et Make No $mall Plans (2008) font état des changements du tissu urbain dans les villes de Kunming et Chengdu en Chine et dans le quartier Griffintown à Montréal.
Jin Bi Lu (1997) traite de l’exode de familles autrefois aisées, issues des vieux quartiers de la ville de Kunming, au sud de la Chine. Celles-ci quittent des bâtiments historiques en mauvaise condition, dont la démolition fait écho à la dégradation de l’économie et du tissu social de la région. L’air de «Gold-Jade-Avenue» (Jin Bi Lu) – que Köperl chante en parcourant les décombres en triporteur – reprend la mélodie d’une chanson fort populaire à l’époque.
3rd Space (2007) est le nom commercial attribué à l’un des nombreux projets immobiliers en construction dans le centre de Chengdu. Cherchant à asseoir le projet sur des assises intellectuelles solides, la brochure promotionnelle cite les écrits de Virginia Woolf et renvoie aux concepts de philosophie sociale et urbaine de Jürgen Habermas et Ray Oldenburg. Adoptant le ton d’une speakerine, Winkler reprend intégralement le texte et le récite à trois endroits sur le chantier.
Make No $mall Plans (2008) a été réalisée à la suite d’une manifestation contre les plans de réaménagement du quartier Griffintown. Impressionnés par l’ampleur du débat, Winkler et Köperl ont fait de cette question controversée une partie intégrante du travail réalisé pendant leur résidence internationale du Conseil des Arts du Canada à la Fonderie Darling. Écrites sur un air connu que le groupe Deep Purple a commercialisé à la même époque où le quartier a été développé, les paroles qu’ils chantent en duo commentent la situation à Griffintown et manifestent leur appui aux activistes; le titre et le refrain se réfèrent plutôt à l'énoncé de mission de la compagnie immobilière concernée.
- Geneviève Bédard + Marie-Josée Lafortune
Œuvres présentées en galerie:
Jin Bi Lu, République populaire de Chine 1997, 7 min. 3rd Space, République populaire de Chine 2007, 2 min. Make No $mall Plans, Montréal 2008, 5min. 30sec.
Sylvia Winkler et Stephan Köperl forment un duo d’artistes depuis 1997. Diplômés de l’Académie des Beaux-Arts de Stuttgart, leurs interventions urbaines à caractère in situ se développent à partir d’observations dans l’espace public qu’ils transforment en actions où la situation initiale observée est toujours reconnaissable, bien que diverses modifications établissent un nouveau contexte.
Le 22 avril, Sylvia Winkler et Stephan Köperl proposaient PPR Experience, une installation-présentation-animation présentée dans le cadre du Jour de la Terre au Carré St-Louis de 12h à 14h, puis au Goethe Institut de 15h à 16h45.
Olivia Boudreau
le 25 mai 2010
Olivia Boudreau :: Lauréate de la résidence de recherche jeune création Montréal-Valence
Depuis 2007, art3 et Optica ont initié un programme croisé de résidences de recherche axées sur la jeune création. Le but est d’offrir du temps de réflexion à un artiste dont la pratique compte déjà des réalisations à son actif.
À la suite de la commission qui s’est réunie le samedi 22 mai 2010, la candidature de Olivia Boudreau a été retenue. La lauréate se rendra à Valence à l'automne 2010 poursuivre une recherche qui s'articule autour de l'indistinct. Le jury était composé de Marie-Ève Charron, critique au Devoir, de Sylvie Gilbert, directrice de Artexte, de Marie-Josée Lafortune, directrice d’Optica et de Sylvie Vojik, directrice d’art3 Valence. Cette année, la possibilité de séjourner à Moly-Sabata en Isère s'offre à l'artiste.
Le programme croisé de résidences de recherche reçoit le soutien du Ministère des relations internationales du Québec et du Consulat général de France dans le cadre de la 62ième session de la Commission permanente de coopération franco-québécoise.