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2018 - 2019

Programmation

Maryse Larivière
du 7 septembre 2018 au 20 octobre 2018

Paul Litherland, Monique Moumblow
du 7 septembre 2018 au 20 octobre 2018

Maryse Larivière
du 13 octobre 2018 au 13 octobre 2018

Paul Litherland, Monique Moumblow
du 20 octobre 2018 au 20 octobre 2018

Geneviève Chevalier
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018

Virginie Laganière
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018

Le Prisme, livre d'artiste de Virginie Laganière | The Prism, artist's book of Virginie Laganière
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018

Bord d’attaque/ Bord de fuite, livre d'artiste de Geneviève Chevalier | Leading Edge/ Trailing Edge, artist's book of Geneviève Chevalier
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018

Les Samedis ensemble en famille | Saturdays with the Family
du 17 novembre 2018 au 15 décembre 2018


du 1 décembre 2018 au 1 décembre 2018

Juan Ortiz-Apuy
du 19 janvier 2019 au 16 mars 2019

Lea Moison
du 19 janvier 2019 au 16 mars 2019

Théâtre d’ombres avec Pavitra Wickramansinghe | Shadows theater with Pavitra Wickramansinghe
du 1 avril 2019 au 31 mai 2019

Adam Basanta
du 13 avril 2019 au 15 juillet 2019

Jo-Anne Balcaen
du 13 avril 2019 au 15 juillet 2019




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Maryse Larivière, Under the Cave of Winds, 2017.
Film 16mm avec son, 4 minutes 3 secondes | 16mm film with sound, 4 minutes 3 secondes. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Maryse Larivière
du 7 septembre 2018 au 20 octobre 2018
Under the Cave of Winds

Vernissage, vendredi le 7 septembre - 18h

Samedis famille : 15 septembre et 20 octobre

Dans ses textes poétiques et ses essais, souvent de nature autofictionnelle, Maryse Larivière met en procès sa propre voix en dépassant les oppositions entre une expérience vécue de l’affect et la construction symbolique de la différence sexuelle. Sous le couvert de la recherche en histoire de l’art, elle produit également des analyses de pratiques artistiques des années 1970 (Joyce Wieland, entre autres) qui ont été contemporaines de l’émergence du concept de venue à l’écriture féminine au sein du champ littéraire. Une composante de l’installation Under the Cave of Winds, à OPTICA, son roman épistolaire Orgazing, poursuit cette démarche consistant à assembler des fragments référentiels en mêlant les registres stylistiques (poésie, théorie, autobiographie). L’action est campée sur l’Ile de Staffa, en Écosse. Depuis sa cellule, au sommet de la caverne de Fingal, la narratrice écrit des lettres à son amant, et tisse un discours amoureux situant la jouissance sonore du langage au-devant de la reconnaissance de son désir par l’« autre ». En tant que lecteur, nous prenons la place de ce sujet hypothétique – en principe masculin – auquel s’adresse l’auteur, tout en restant un tiers, hors de la relation transférentielle. L’exposition encourage pourtant des gestes d’effraction dans l’espace littéraire par le truchement d’une « adaptation » volontairement inadéquate du livre. Un film 16 mm monte ainsi bout à bout des fragments narratifs issus de la décomposition de ce « texte source ». L’artiste y joue la figurante de l’auteure captive, en évitant cependant de montrer son visage. On y aperçoit subrepticement le paysage escarpé et l’architecture de la geôle. Suturant en un bloc le dispositif cinématographique, la scène de l’écriture et le lieu dans lequel nous déambulons, les sculptures agissent comme autant de charnières ou de pivots. Certaines d’entre elles sont dotées d’une fonction de dissimulation, par exemple le rocher qui cache le projecteur du film, d’où émane alors seulement un faisceau lumineux, tandis que l’envers de l’écran devient une structure portante pour un perroquet absent. Or, ces balises en apparence immobiles changent aussi de forme pendant notre visite. Dans la parallaxe, leur configuration fait ainsi doublement écho au processus de traduction auquel s’est livré Larivière en composant Orgazing (l’anglais n’est pas sa langue maternelle) et aux mouvements fluides du psychisme du personnage du roman inventant son propre idiome, constitué autant de mots dits que d’air expiré.

Auteur : Vincent Bonin

Vincent Bonin est auteur et commissaire. Il vit à Montréal. Il a récemment publié l’ouvrage D’un discours qui ne serait pas du semblant/Actors, Networks, Theories, Dazibao, Galerie Leonard et Bina Ellen, Montréal.

Lecture publique du livre Orgazing à OPTICA, vendredi le 7 septembre - 19h.

Maryse Larivière, Orgazing, Calgary, Untitled Art Society, 2017, 64p.
Roman épistolaire, prose et poésie
disponible à OPTICA, 20$

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)





Maryse Larivière est chercheure, auteure et artiste. Elle vit à Montréal. Elle a notamment exposé à la Walter Philips Gallery, The Banff Centre, AB, aux Oakville Galleries et à la galerie Division, Montréal.




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Paul Litherland, Running, 1996.
Image tirée de la vidéo | Video Still | Photo: Deb VanSlet

Paul Litherland, Monique Moumblow
du 7 septembre 2018 au 20 octobre 2018
47 Storeys

Vernissage, vendredi le 7 septembre - 18h

Samedis famille : 15 septembre et 20 octobre

« C’est la vie jusqu’à ce que mort s’ensuive. » Grace Paley

Les expériences que nous transformons en récits font partie intégrante de notre devenir. Par contre, certains récits dont nous nous rappelons sont plus marquants que d’autres. Ces récits sont souvent composés de « souvenirs vitaux » (Brown et Levy) qui évoquent un moment tragique ou traumatisant dans la vie de quelqu’un. Les récits vitaux ne sont pas toujours cohérents ou constants. Il se peut qu’on les raconte un peu différemment, qu’on ne se rappelle que de fragments ou qu’on les embellisse. Même si on les partage avec d’autres, il est possible que nous réprimions ou oubliions des détails avec le temps.

47 Storeys est une histoire vitale de ce type. En 1996, Paul Litherland se rend dans un bar au sommet d’un édifice très élevé, prend une bière, attend que les autres clients et le personnel quittent l’endroit, puis saute en parachute dans le ciel nocturne, atterrissant en toute sûreté dans la rue au grand étonnement de deux fêtards tardifs. Trois mois après le saut, craignant d’oublier des détails importants, Paul documente son aventure sur vidéo. Vingt années plus tard, il revisite l’événement avec Monique Moumblow. Ils refont le montage de la bande originale de quarante-trois minutes, la ramenant à onze minutes. Paul tente ensuite de reconstituer sa performance originale sur vidéo. Sur un écran, on voit Paul assis, en train de s’écouter avec un casque et de parler par-dessus son récit original. Sur un deuxième écran, Paul essaie de répéter sa performance originale, mot par mot et geste par geste. Sur le troisième écran apparaît le nouveau montage de l’original. Ces trois rendus différents du récit, à trois moments séparés, sont presque pareils, mais ils ne s’alignent jamais parfaitement. Peu importe le temps de pratique qu’on y met, le récit n’est jamais exactement ce qu’il était.

47 Storeys est une lecture intelligente et légèrement humoristique de « l’acte performatif de fabrication de souvenirs » (Kuhn). Raconter le passé ré-active et catapulte les souvenirs dans le présent, souvent avec des aide-mémoire comme des bandes vidéo et un équipement de parachutisme que Paul conserve toujours et encore. Ses réminiscences maladroites et hésitantes mettent à nu son processus performatif de fabrication de souvenirs, alors que le passé et le présent se heurtent dans un moment temporel unique superbement mis en images dans cette vidéo à trois canaux.

En réitérant ce récit vital, un Paul aux cheveux grisonnants et à lunettes bouge en parfaite harmonie avec son ancien moi. Cette collision temporelle invite à une réflexion à la fois sur les reconstitutions de souvenirs, les récits et les vicissitudes du vieillissement – « les liens toujours fluctuants entre les moi jeune et vieux » (Segal). On voit, on entend et on sent ces fluctuations, ressentant un vertige de médiation narrative : le souvenir « post-hoc » de Paul est rendu dans un récit et saisi sur une bande vidéo, laquelle a ensuite été rematricée numériquement dans le présent pour l’avenir. C’est l’absence de documentation de l’événement original – aucune image, photographie ou vidéo GoPro – qui rend le récit renouvelé de ce moment si nécessaire et fascinant. Heureusement, Paul a survécu pour retisser son histoire maintes et maintes fois.

Auteure : Kim Sawchuk

Kim Sawchuk est professeure et directrice de Ageing-Communication-Technologies (www.actproject.ca), Université Concordia.

Crédits/Remerciements

Réalisation : Monique Moumblow
Performeur : Paul Litherland
Caméra 1996 et 2016 : Deb VanSlet
Répétitrice performance : Alexis O’Hara
Mixage son : Steve Bates
Traduction de la vidéo : Jo-Anne Balcaen
Texte : Kim Sawchuk
Video synchronizer : Nelson Henricks
Location : Maerin Hunting
Prêt de materiel : Frederick Masson
Painture : Karen Elaine Spencer
Équipe OPTICA : Esther Bourdages, Philippe Chevrette, Marie-Josée Lafortune
Conseil des arts et des lettres du Québec
Concordia University Part-time Faculty Association
Nicole Gingras
Lorraine Oades
Yudi Sewraj
Karen Trask

Performance de Paul Litherland à OPTICA, Samedi le 20 octobre 2018
16h à 17h

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)




Monique Moumblow est vidéaste et fan de récits spectaculaires.

Paul Litherland est un gentleman aventurier, un plongeur sous-marin qui se cache dans une pièce remplie de wingsuiters.




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Maryse Larivière
du 13 octobre 2018 au 13 octobre 2018
Lecture publique du livre Orgazing à OPTICA

vendredi le 7 septembre - 19h et samedi 13 octobre à 15h.
Maryse Larivière, Orgazing, Calgary, Untitled Art Society, 2017, 64p.
Roman épistolaire, prose et poésie
disponible à OPTICA, 20$

Orgazing est un roman épistolaire qui se déroule sur l'île reculée de Staffa. Une femme, détenue dans une institution construite sur la grotte de Fingal, s’adresse à son bien-aimé à propos de leur révolution ratée, de sa tentative de transformer l’écriture en chant télépathique et de ses efforts pour développer ce mode de communication pendant son incarcération. Entre prose et poésie, mot et chant d'oiseau, Orgazing explore les limites du corps et de la voix, articulant un désir instable de métamorphose. Les thèmes explorés dans le livre de l'artiste Orgazing incluent les chemins sinueux du désir féminin, les flux errants de la nature et de la culture, et la relation concertée et agentielle entre l'esprit et le corps dans la création et la réflexion de l'art.




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Paul Litherland, Monique Moumblow, 47 Storeys, 2018. Installation vidéo à 3 canaux, son, circa 10 min.
Paul Litherland, Monique Moumblow, 47 Storeys, 2018. Three-channel video installation, sound, circa 10 min.
Crédit | Credit: Paul Litherland.



Paul Litherland, Monique Moumblow
du 20 octobre 2018 au 20 octobre 2018
Performance_47 Storeys

Samedi prochain le 20 octobre, performance de Paul Litherland de 16h à 17h00_l'artiste boucle le cycle!

Dans le cadre de son exposition à OPTICA en collaboration avec Monique Moumblow, Paul Litherland présente une performance qui donne un éclairage autour du saut!
Finissage, Performance / récit complet de l'histoire du saut de vive voix!!

Paul Litherland : «Il y a 22 ans, j'ai sauté d'un édifice sans appareil photo, mais avec un parachute. Quelques mois après, j'ai raconté l'histoire devant une caméra vidéo en guise de souvenir. 20 ans plus tard, j’ai répété le processus. En collaboration avec Monique Moumblow, nous présentons l'oeuvre 47 Storeys, une installation vidéo sur la mémoire, l'âge et la technologie».

Captation en direct de la performance de Paul Litherland.


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Geneviève Chevalier, Bord d'attaque / Bord de fuite - Leading Edge / Trailing Edge, 2018.
Image tirée du carnet. Impression jet d'encre sur papier coton, 43,18 X 60,96 cm.
| Still from the booklet. Inkjet printing on cotton paper, 43,18 X 60,96 cm.
Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist



Geneviève Chevalier
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Bord d’attaque/ Bord de fuite

Vernissage, samedi le 10 novembre - 15h à 17h

Samedis famille : 17 novembre et 15 décembre

Depuis la publication de Birds of America par J. J. Audubon en 1838, les populations aviaires n’ont cessé de décroître, jusqu’à, pour certaines, disparaître. Elles ne sont plus que des souvenirs de papier et des corps conservés dans les réserves des musées d’histoire naturelle. Geneviève Chevalier a suivi la trace d’une espèce, dont l’acclimatation et l’adaptation aux changements climatiques est remarquable. Le fou de Bassan a élu domicile sur les falaises escarpées de l’Île Bonaventure avec une colonie de plus de 100 000 individus qui présente des problématiques de reproduction – et sur Bass Rock, au large de l’Écosse, dont la population est plus prospère. Le fou réussit là où bien d’autres espèces éprouvent des difficultés à faire face aux impacts des variations climatiques sur leur nourriture, la température de l’eau et de l’air. L’artiste a observé ces spécimens dans leur environnement, rencontrés des universitaires du Québec et d’Écosse. Ce qu’elle a appris est restitué dans un diptyque vidéo et un livre d’artiste, dont les titres renvoient l’imagination du côté de l’aéronautique.

À l’heure de l’Anthropocène, ère dont l’homme est désormais l’agent géologique perturbateur le plus puissant, la Sixième extinction est en cours. La dernière, survenue au Crétacé avait, entre autres, éradiqué les dinosaures. Mais la plus dévastatrice, dite La grande hécatombe, survenue à la fin du Permien, ressemble à l’actuelle car les changements climatiques en étaient la cause. À l’époque, l’humanité n’était pas de la partie et le phénomène s’était étalé sur une longue période. Mais aujourd’hui, le phénomène s’emballe. L’artiste en observe les effets collatéraux sur ces oiseaux de mer. L’impact des civilisations actuelles sur la faune et la flore sauvages demande aussi d’adapter la façon de collectionner les espèces défuntes. Désormais, même des animaux affectés par les marées noires sont dignes d’être conservés, a confié Bob McGowan (conservateur des collections d’oiseaux à Édimbourg), à l’artiste dans l’un des cahiers de son livre, contrepoint essentiel au film. Quelle fut la cause de la mort de ces corps, consciencieusement étiquetés et conservés dans des chambres à atmosphère contrôlée ? Le film de Chevalier laisse spéculer autant qu’il enseigne. Les dépouilles ont encore quelque chose à dire, malgré leur mutisme. Un silence qui s’installe aussi dans le film, à mesure que la boucle se répète, pas tout à fait la même. Les voix des spécialistes finissent par s’éteindre, écho subtil à leur difficulté à se faire entendre, à l’attrition sonore des écosystèmes, à cette extinction qui voit les populations animales s’effondrer. Le rocher de Bass qui domine les premiers plans de Bord d’attaque/ Bord de fuite, prend alors plus que jamais l’allure d’un fort, bastion de résistance, point fixe au milieu de cette déroute environnementale.

Auteure : Bénédicte Ramade

Bénédicte Ramade est historienne de l’art, spécialisée dans les questions écologiques. Elle développe actuellement des recherches sur l’anthropocénisation des savoirs et des pratiques artistiques. Elle est critique d’art et commissaire indépendante, chargée de cours à l’Université de Montréal.

Discussion publique à OPTICA, samedi le 1er décembre - 15h à 16h30 entre Geneviève Chevalier, Bénédicte Ramade (Université de Montréal) et Kyle Elliott (Université McGill).

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)


REVUE DE PRESSE

MAVRIKAKIS, Nicolas. «Les arts visuels sous le signe de l’engagement», Le Devoir, 25 et 26 août 2018.



Geneviève Chevalier a été l’artiste en résidence du CALQ au Centre for Contemporary Arts, Glasgow, en 2017 – contexte dans lequel l’œuvre a été réalisée. Son travail a été présenté au Musée régional de Rimouski, au Symposium de Baie-Saint-Paul, au Musée de Lachine, à La Chambre Blanche lors de la Manif d’art 7, ainsi qu’à la Thames Art Gallery, Ontario. Elle vit et travaille à Eastman, Québec.




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Virginie Laganière, Ex colonie marine Rosa Maltoni Mussolini, Calambrone (Italie), 2018.
Image tirée de la vidéo | Video still
Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Virginie Laganière
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Le Prisme

Vernissage, samedi le 10 novembre - 15h à 18h

Samedis famille : 17 novembre et 15 décembre

À travers une pratique soutenue de la résidence, Virginie Laganière adopte une posture proche de celle d’une artiste anthropologue soucieuse de s’imprégner de la texture matérielle et affective des lieux qu’elle étudie. Elle effectue un travail de terrain où des architectures en quête de redéfinition se révèlent chargées de potentialités présentes et futures. Élaboré lors d’un séjour au Studio du Québec à Rome, Le Prisme prolonge cette démarche en s’attardant à l’univers formel et idéologique des colonies marines italiennes.

Dans la première période de leur histoire, qui débute au milieu du XIXe siècle, les colonies marines sont des établissements de santé destinés à accueillir les enfants tuberculeux. Idéalement situées sur le littoral, elles offrent une cure fondée sur les bienfaits supposés du soleil et de l’air salin. Sous le règne de Mussolini, elles en viennent toutefois à endosser une fonction d’endoctrinement et prennent les airs de camps de vacances à tendance militaire. Empruntant souvent au vocabulaire stylistique du paquebot et fortement influencés par les préceptes du modernisme architectural, les imposants bâtiments sont le relais des valeurs du Parti et constituent de véritables dispositifs spatiaux devant influer sur le comportement des enfants. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les colonies marines vont enfin retrouver un programme éducatif qui vise à favoriser l’émancipation individuelle et collective grâce à des activités d’apprentissage non hiérarchiques. Depuis, certaines d’entre elles ont d’ailleurs été transformées en écoles, bien que la plupart se trouvent dans un état d’abandon. S’élevant toujours face à la mer, leur grande carcasse ponctue étrangement le paysage des cités balnéaires.

Par la juxtaposition de fragments documentaires et fictionnels, Laganière propose une interprétation libre de l’héritage de ces hétérotopies. L’agencement dans l’espace d’exposition de photographies, vidéos, bas-reliefs, petites constructions et même d’une légère brume odorante crée un environnement total inspiré de ce que furent les colonies marines. Il en ressort moins un commentaire sur leur passé controversé qu’un regard subtil sur des enjeux d’actualité, notamment en ce qui a trait à la pratique contemporaine du tourisme de masse : la privatisation accélérée des côtes et les conséquences des grandes transhumances estivales sur les communautés locales.

Auteure : Josianne Poirier

Josianne Poirier est doctorante en histoire de l’art. Ses recherches portent sur le caractère fantasmagorique des lumières urbaines.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)


REVUE DE PRESSE

MAVRIKAKIS, Nicolas. «Les arts visuels sous le signe de l’engagement», Le Devoir, 25 et 26 août 2018.



Détentrice d’une maîtrise en arts visuels de l’UQAM, Virginie Laganière vit et travaille à Montréal. Ses œuvres ont été exposées au Canada, au Mexique, en Espagne, en Finlande, au Japon et en Suisse. À l’hiver 2019, en collaboration avec Jean-Maxime Dufresne, elle participera à une exposition collective présentée à la Galerie de l’UQAM.




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Virginie Laganière
Le Prisme, 2018.
Livre d’artiste.
Avec l'aimable permission de l'artiste | The Prism, 2018. Artist's book. Courtesy of the artist

Le Prisme, livre d'artiste de Virginie Laganière | The Prism, artist's book of Virginie Laganière
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Publication disponible à OPTICA

Situées sur les côtes italiennes, les colonies marines, dont les origines remontent au milieu du XIXe siècle, faisaient jadis office d’institutions de soins corporels et
« spirituels » pour enfants. Configurées tels de véritables instruments de contrôle, ces hétérotopies fonctionnaient en marge de la société. Outre leur positionnement géographique en périphérie des zones habitées — cela avant l’étalement urbain et le développement du tourisme balnéaire —, elles avaient leurs propres règles de fonctionnement et système de valeurs. Les cures marines se déroulaient pendant un séjour estival où les enfants vivaient à l’extérieur du cocon familial dans un environnement géographique, social et architectural cadré par l’horizon et rythmé par une temporalité autre. D’un point de vue historique, les colonies marines se classent en trois principales périodes : les hospices marins, les colonies fascistes et les colonies pédagogiques.

Virginie Laganière
Le Prisme, 2018
Livre d’artiste, 10$
ISBN 978-2-9817858-0-0
© Virginie Laganière

La publication, réalisée en collaboration avec le studio TagTeam, est composée de trois livrets qui correspondent chacun à une période des colonies marines italiennes
(60 pages). Elle inclut un texte et des images de l’artiste.




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Geneviève Chevalier
Bord d’attaque/ Bord de fuite, 2018.
Livre d’artiste.
Avec l'aimable permission de l'artiste | Leading Edge/ Trailing Edge, 2018. Artist's book. Courtesy of the artist

Bord d’attaque/ Bord de fuite, livre d'artiste de Geneviève Chevalier | Leading Edge/ Trailing Edge, artist's book of Geneviève Chevalier
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Publication disponible à OPTICA

Lors du travail de captation vidéo et sonore en Écosse (Ailsa Craig, Bass Rock, île de May, Hébrides Extérieures, Troup Head), à l’occasion d’une résidence au Centre for Contemporary Arts de Glasgow, et au Québec (Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, Parc national Forillon), je me suis intéressée aux oiseaux de mer de l’Atlantique Nord et de la Mer du Nord. La vidéo Bord d’attaque / Bord de fuite évoque librement, à travers des paysages de mer, des portraits d’oiseaux ainsi que des données scientifiques, la situation actuelle dans laquelle se trouvent certaines espèces d’oiseaux de mer boréales, à l’ère des changements climatiques.

Geneviève Chevalier
Bord d’attaque/ Bord de fuite, 2018
Livre d’artiste
20$
ISBN 978-1-7752726-0-1
© Geneviève Chevalier

Une série de cahiers, réalisés en collaboration avec Principal Studio, présente librement une séquence d’images et de documents de nature diverse.




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Esther B., Sans titre, 2018. Photographie numérique, taille variable. | Digital Photography, variable size.

Les Samedis ensemble en famille | Saturdays with the Family
du 17 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Sur la route des oiseaux! Autour de l'œuvre de Geneviève Chevalier

Bord d'attaque/ Bord de fuite de Geneviève Chevalier examine comment le changement climatique menace la survie des oiseaux de mer. Dans cet atelier de collage, nous examinerons différents oiseaux d'Amérique du Nord et explorerons le thème de la migration. Où vont-ils, d'où viennent-ils? Nous allons créer une œuvre d'art collaborative retraçant différentes trajectoires, de celles des oiseaux à la nôtre.

Informations pratiques
17 novembre 2018
15 décembre 2018
13h à 16h

Ateliers ouverts à toute la famille et offerts en continu. Vous pouvez débuter l'atelier à l'heure qui vous convient et rester le temps que vous souhaitez.
Gratuit | Sans réservation
Enfants âgés de 4 et +
Durée : 1 h15 min

NOUVEAU : offerts aussi en espagnol et en portugais




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Geneviève Chevalier, Bord d'attaque / Bord de fuite - Leading Edge / Trailing Edge, 2018. Image tirée de la vidéo, dimensions varaiables. | Video Still, variable size. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist


du 1 décembre 2018 au 1 décembre 2018
Discussion publique à OPTICA, samedi le 1er décembre - 15h à 16h30

Discussion publique à OPTICA, samedi le 1er décembre - 15h à 16h30 entre Geneviève Chevalier, *Bénédicte Ramade, historienne de l'art, Université de Montréal et **Kyle Elliott, Assistant Professor; Canada Research Chair (Tier II) Chair in Arctic Ecology, Université McGill.

*Bénédicte Ramade est historienne de l’art, spécialisée dans les questions écologiques. Elle développe actuellement des recherches sur l’anthropocénisation des savoirs et des pratiques artistiques. Elle est critique d’art et commissaire indépendante, chargée de cours à l’Université de Montréal.

**Kyle Elliott a obtenu son doctorat en 2014 de l'Université du Manitoba, où il a été récipiendaire de la boursier Vanier et Garfield-Weston. Il détient deux baccalauréats en Sciences physiques et mathématiques ainsi qu'en Biologie de la conservation de l’Université de Colombie-Britannique, suivis d’une maîtrise en Sciences de l’Université du Manitoba. Il a effectué des recherches postdoctorales sous le Natural Sciences and Egineering Research Council (NSERC) à l'Université Western Ontario et à l'Université de Guelph avant de débuter à McGill, en 2015. Kyle a récemment reçu le prix Ned Johnston Young Investigator de l'American Ornithologists Union. Il siège au conseil d'administration de la Société canadienne des ornithologues et au conseil de rédaction de la Marine Ecology Progress Series. Il a mené des recherches sur quatre continents, de l'Amazonie à l'Arctique, mais s'est spécialisé dans l'Arctique canadien, où il a étudié les oiseaux de quatorze îles de l'archipel canadien au cours des quinze dernières années. Les recherches de M. Elliott à l’Université McGill portent sur la durabilité des communautés arctiques liée à leur accès à des aliments propres et abondants.




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Juan Ortiz-Apuy, La Guaria Morada, 2018. Humidificateur industriel, déshumidificateurs, peinture Skylla, orchidées Guaria Morada (aka la fleur nationale du Costa Rica), éclairage et système de chauffage, dimensions variables | Industrial mist humidifier, dehumidifiers, Skylla paint, Guaria Morada Orchids (aka the national flower of Costa Rica), lighting and heating systems, dimensions variable. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Juan Ortiz-Apuy
du 19 janvier 2019 au 16 mars 2019
La Guaria Morada

L’exposition La Guaria Morada de Juan Ortiz-Apuy introduit des orchidées tropicales, un humidificateur industriel à ultrasons et des déshumidificateurs afin de former un environnement artificiel dans un état de négociation et de précarité perpétuelle. Concentrée autour de la fleur nationale du Costa Rica, cette installation, réel écosystème fragile, réfère au pays d’origine de l’artiste et se rapporte aux situations prises dans des conditions aussi incertaines et vulnérables. Dépendant de l’éclairage de la galerie et du personnel nécessaire à sa maintenance, les orchidées sont similaires à l’objet d’art, maintenus par des systèmes visant à favoriser et nourrir la pratique artistique.




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Lea Moison, Traduction 1, 2016. Impression 3D de la traduction 1, 12 X 9 X 10 cm.
| 3D Print from the translation 1, 12 X 9 X 10 cm. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Lea Moison
du 19 janvier 2019 au 16 mars 2019
25/09=1

Dans le cadre de l’exposition 25/09=1 Lea Moison présente un corpus de dessins et de sculptures réalisées par modélisation 3D, obtenues à partir de protocoles et de systèmes, qui tentent de traduire le son tridimensionnellement. Chaque pièce provient d’un processus de transferts de données découlant d’une série de relais effectuée d'une discipline à l'autre, suivant un système d'équivalence bien défini : ainsi la musique devient partition qui devient dessin qui devient objet qui devient musique, et ainsi de suite. Moison tente de recréer un univers aérien, presque inexistant et irréel, une ambiance onirique qui résultent d’un jeu avec les codes de la réalité virtuelle.




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Pavitra Wickramasinghe, Studio Experiment, 2013. Photographie numérique, dimension variable. Avec l’aimable permission de l’artiste. | Digital photography, variable size. Courtesy of the artist

Théâtre d’ombres avec Pavitra Wickramansinghe | Shadows theater with Pavitra Wickramansinghe
du 1 avril 2019 au 31 mai 2019
NOUVEAU ! Projet satellite avec les tout-petits de La Sourithèque

Centre de la petite enfance La Sourithèque, quartier Centre-Sud
Printemps 2019

Ce projet satellite, à l’extérieur des lieux d’OPTICA, est réalisé conjointement avec l’artiste Pavitra Wickramansinghe. Les enfants de La Sourithèque participeront à la création d’une œuvre cinétique collective – un jeu d’ombres fantasmagoriques - installée temporairement dans leur milieu de vie. Se voulant une invitation au voyage pour aller à la rencontre de l’autre, le projet vise à faire découvrir aux tout-petits la culture de leurs ami.e.s et de leurs familles.

Théâtre d’ombres reçoit le soutien de la Fondation du Grand Montréal dans le cadre du programme Initiatives communautaires 2018 en lien avec les objectifs de développement durable des Nations-Unies.

www.souritheque.com

Le programme éducatif reçoit le soutien de la Fondation du Grand Montréal, Programme Initiatives communautaire 2018, et de la Caisse Populaire Desjardins du Plateau-Mont-Royal.




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Adam Basanta, A Large Inscription / A Great Noise, 2018. Installations sonores cinétiques. Médium mixte. | Kinetic sound installations. Mixed media. Photo: Emily Gan. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Adam Basanta
du 13 avril 2019 au 15 juillet 2019
A Large Inscription / A Great Noise

L’exposition individuelle d’Adam Basanta A Large Inscription / A Great Noise rassemble deux installations sonores cinétiques mettant en scène des microphones automates qui s’efforcent de dessiner un cercle sur le sol recouvert de gravier. Par le fait même Basanta pose une réflexion sur le cercle qui incarne une forme majeure dans la nature, dépourvue de début et de fin. Chaque œuvre articule une tension entre l’origine conceptuelle du cercle, comme forme géométrique parfaite, et ses limites matérielles. La galerie sera habitée par les traces circulaires imparfaites laissées par les automates qui produisent des sonorités ambiantes et texturées.




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Jo-Anne Balcaen, David Zwirner, Tuesday, January 13, 2015, 4:32 pm, 2015. Photographie numérique, 40,64 x 50, 8 cm. | Digital Photography, 40,64 x 50, 8 cm. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Jo-Anne Balcaen
du 13 avril 2019 au 15 juillet 2019
Private

À travers Private Jo-Anne Balcaen présente une série de photographies réalisées durant une résidence de six mois à New York entre 2014-2015. Elle propose une analyse critique du système de l'art et de l'homogénéité des espaces de galeries commerciales new-yorkaises. En s'appropriant les lieux, elle s’intéresse à capturer les coulisses des institution : les clichés d’intérieur cherche à montrer l’opacité des mécanismes du milieu de l’art, les aspects cachés du travail de galerie, les relations de pouvoir. Chaque photographie met en scène les limites physiques et psychiques entre l’espace public de la galerie et ses zones d’accès réservées : entrées de bureau, corridors barricadés et portes marquées « PRIVATE ».