Optica
+ Programmation + Archives Décades + Nouvelles + Publications + Soutenez Optica + Info

2018 - 2019

Programmation

Maryse Larivière
du 7 septembre 2018 au 20 octobre 2018

Paul Litherland, Monique Moumblow
du 7 septembre 2018 au 20 octobre 2018

Maryse Larivière
du 13 octobre 2018 au 13 octobre 2018

Paul Litherland, Monique Moumblow
du 20 octobre 2018 au 20 octobre 2018

Artiste à l'école | Artist at School
du 1 novembre 2018 au 13 décembre 2018

Geneviève Chevalier
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018

Virginie Laganière
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018

Le Prisme, livre d'artiste de Virginie Laganière | The Prism, artist's book of Virginie Laganière
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018

Bord d’attaque/ Bord de fuite, livre d'artiste de Geneviève Chevalier | Leading Edge/ Trailing Edge, artist's book of Geneviève Chevalier
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018

Les Samedis ensemble en familles | Saturdays with the Family
du 17 novembre 2018 au 15 décembre 2018

Geneviève Chevalier, Bénédicte Ramade, Kyle Elliot
du 1 décembre 2018 au 1 décembre 2018

Juan Ortiz-Apuy
du 19 janvier 2019 au 16 mars 2019

Léa Moison
du 19 janvier 2019 au 16 mars 2019

Les Samedis ensemble en familles | Los Sabados juntos en familia en español y portugués |
Saturdays with the Family

du 26 janvier 2019 au 16 mars 2019

Zoë Chan_The Players
du 31 janvier 2019 au 2 mars 2019

Théâtre d’ombres avec Pavitra Wickramansinghe | Shadows theater with Pavitra Wickramansinghe
du 1 février 2019 au 30 avril 2019

Juan Ortiz-Apuy
du 2 mars 2019 au 3 mars 2019

Pavitra Wickramasinghe et les souriceaux
du 14 mars 2019 au 17 mai 2019

Avec / With Sophie Bélair Clément, Rebecca Belmore, Olivia Boudreau, Marie-Claude Bouthillier, Marie-Ève Charron, Sorel Cohen, Raphaëlle de Groot, Philippe Dumaine, Vera Frenkel, Andrea Geyer, Cynthia Girard-Renard, Clara Gutsche, Rashid Johnson, Marie-Josée Lafortune, Suzy Lake, arkadi lavoie lachapelle, Maryse Larivière, Emmanuelle Léonard, Deirdre Logue, Allyson Mitchell, Wanda Nanibush, Abdi Osman, Camal Pirbhai, Claire Savoie, Johanne Sloan, Jana Sterbak, Thérèse St-Gelais, Camille Turner, Rinaldo Walcott, Giovanna Zapperi.
du 15 mars 2019 au 23 mars 2019

Adam Basanta
du 13 avril 2019 au 15 juin 2019

Jo-Anne Balcaen
du 13 avril 2019 au 15 juin 2019

Adam Basanta, Eli Kerr
du 25 mai 2019 au 25 mai 2019

Les Samedis ensemble en familles |
Saturdays with the Family

du 15 juin 2019 au 15 juin 2019




image

Maryse Larivière, Under the Cave of Winds, 2017.
Film 16mm avec son, 4 minutes 3 secondes | 16mm film with sound, 4 minutes 3 secondes. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Maryse Larivière
du 7 septembre 2018 au 20 octobre 2018
Under the Cave of Winds

Vernissage, vendredi le 7 septembre 2018- 18h

Samedis famille : 15 septembre et 20 octobre 2018

Dans ses textes poétiques et ses essais, souvent de nature autofictionnelle, Maryse Larivière met en procès sa propre voix en dépassant les oppositions entre une expérience vécue de l’affect et la construction symbolique de la différence sexuelle. Sous le couvert de la recherche en histoire de l’art, elle produit également des analyses de pratiques artistiques des années 1970 (Joyce Wieland, entre autres) qui ont été contemporaines de l’émergence du concept de venue à l’écriture féminine au sein du champ littéraire. Une composante de l’installation Under the Cave of Winds, à OPTICA, son roman épistolaire Orgazing, poursuit cette démarche consistant à assembler des fragments référentiels en mêlant les registres stylistiques (poésie, théorie, autobiographie). L’action est campée sur l’Ile de Staffa, en Écosse. Depuis sa cellule, au sommet de la caverne de Fingal, la narratrice écrit des lettres à son amant, et tisse un discours amoureux situant la jouissance sonore du langage au-devant de la reconnaissance de son désir par l’« autre ». En tant que lecteur, nous prenons la place de ce sujet hypothétique – en principe masculin – auquel s’adresse l’auteur, tout en restant un tiers, hors de la relation transférentielle. L’exposition encourage pourtant des gestes d’effraction dans l’espace littéraire par le truchement d’une « adaptation » volontairement inadéquate du livre. Un film 16 mm monte ainsi bout à bout des fragments narratifs issus de la décomposition de ce « texte source ». L’artiste y joue la figurante de l’auteure captive, en évitant cependant de montrer son visage. On y aperçoit subrepticement le paysage escarpé et l’architecture de la geôle. Suturant en un bloc le dispositif cinématographique, la scène de l’écriture et le lieu dans lequel nous déambulons, les sculptures agissent comme autant de charnières ou de pivots. Certaines d’entre elles sont dotées d’une fonction de dissimulation, par exemple le rocher qui cache le projecteur du film, d’où émane alors seulement un faisceau lumineux, tandis que l’envers de l’écran devient une structure portante pour un perroquet absent. Or, ces balises en apparence immobiles changent aussi de forme pendant notre visite. Dans la parallaxe, leur configuration fait ainsi doublement écho au processus de traduction auquel s’est livré Larivière en composant Orgazing (l’anglais n’est pas sa langue maternelle) et aux mouvements fluides du psychisme du personnage du roman inventant son propre idiome, constitué autant de mots dits que d’air expiré.

Auteur : Vincent Bonin

Vincent Bonin est auteur et commissaire. Il vit à Montréal. Il a récemment publié l’ouvrage D’un discours qui ne serait pas du semblant/Actors, Networks, Theories, Dazibao, Galerie Leonard et Bina Ellen, Montréal.

Lecture publique du livre Orgazing à OPTICA, vendredi le 7 septembre - 19h.

Maryse Larivière, Orgazing, Calgary, Untitled Art Society, 2017, 64p.
Roman épistolaire, prose et poésie
disponible à OPTICA, 20$

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)





Maryse Larivière est chercheure, auteure et artiste. Elle vit à Montréal. Elle a notamment exposé à la Walter Philips Gallery, The Banff Centre, AB, aux Oakville Galleries et à la galerie Division, Montréal.




image

Paul Litherland, Running, 1996.
Image tirée de la vidéo | Video Still | Photo: Deb VanSlet

Paul Litherland, Monique Moumblow
du 7 septembre 2018 au 20 octobre 2018
47 Storeys

Vernissage, vendredi le 7 septembre 2018- 18h

Samedis famille : 15 septembre et 20 octobre

« C’est la vie jusqu’à ce que mort s’ensuive. » Grace Paley

Les expériences que nous transformons en récits font partie intégrante de notre devenir. Par contre, certains récits dont nous nous rappelons sont plus marquants que d’autres. Ces récits sont souvent composés de « souvenirs vitaux » (Brown et Levy) qui évoquent un moment tragique ou traumatisant dans la vie de quelqu’un. Les récits vitaux ne sont pas toujours cohérents ou constants. Il se peut qu’on les raconte un peu différemment, qu’on ne se rappelle que de fragments ou qu’on les embellisse. Même si on les partage avec d’autres, il est possible que nous réprimions ou oubliions des détails avec le temps.

47 Storeys est une histoire vitale de ce type. En 1996, Paul Litherland se rend dans un bar au sommet d’un édifice très élevé, prend une bière, attend que les autres clients et le personnel quittent l’endroit, puis saute en parachute dans le ciel nocturne, atterrissant en toute sûreté dans la rue au grand étonnement de deux fêtards tardifs. Trois mois après le saut, craignant d’oublier des détails importants, Paul documente son aventure sur vidéo. Vingt années plus tard, il revisite l’événement avec Monique Moumblow. Ils refont le montage de la bande originale de quarante-trois minutes, la ramenant à onze minutes. Paul tente ensuite de reconstituer sa performance originale sur vidéo. Sur un écran, on voit Paul assis, en train de s’écouter avec un casque et de parler par-dessus son récit original. Sur un deuxième écran, Paul essaie de répéter sa performance originale, mot par mot et geste par geste. Sur le troisième écran apparaît le nouveau montage de l’original. Ces trois rendus différents du récit, à trois moments séparés, sont presque pareils, mais ils ne s’alignent jamais parfaitement. Peu importe le temps de pratique qu’on y met, le récit n’est jamais exactement ce qu’il était.

47 Storeys est une lecture intelligente et légèrement humoristique de « l’acte performatif de fabrication de souvenirs » (Kuhn). Raconter le passé ré-active et catapulte les souvenirs dans le présent, souvent avec des aide-mémoire comme des bandes vidéo et un équipement de parachutisme que Paul conserve toujours et encore. Ses réminiscences maladroites et hésitantes mettent à nu son processus performatif de fabrication de souvenirs, alors que le passé et le présent se heurtent dans un moment temporel unique superbement mis en images dans cette vidéo à trois canaux.

En réitérant ce récit vital, un Paul aux cheveux grisonnants et à lunettes bouge en parfaite harmonie avec son ancien moi. Cette collision temporelle invite à une réflexion à la fois sur les reconstitutions de souvenirs, les récits et les vicissitudes du vieillissement – « les liens toujours fluctuants entre les moi jeune et vieux » (Segal). On voit, on entend et on sent ces fluctuations, ressentant un vertige de médiation narrative : le souvenir « post-hoc » de Paul est rendu dans un récit et saisi sur une bande vidéo, laquelle a ensuite été rematricée numériquement dans le présent pour l’avenir. C’est l’absence de documentation de l’événement original – aucune image, photographie ou vidéo GoPro – qui rend le récit renouvelé de ce moment si nécessaire et fascinant. Heureusement, Paul a survécu pour retisser son histoire maintes et maintes fois.

Auteure : Kim Sawchuk

Kim Sawchuk est professeure et directrice de Ageing-Communication-Technologies (www.actproject.ca), Université Concordia.

Crédits/Remerciements

Réalisation : Monique Moumblow
Performeur : Paul Litherland
Caméra 1996 et 2016 : Deb VanSlet
Répétitrice performance : Alexis O’Hara
Mixage son : Steve Bates
Traduction de la vidéo : Jo-Anne Balcaen
Texte : Kim Sawchuk
Video synchronizer : Nelson Henricks
Location : Maerin Hunting
Prêt de materiel : Frederick Masson
Painture : Karen Elaine Spencer
Équipe OPTICA : Esther Bourdages, Philippe Chevrette, Marie-Josée Lafortune
Conseil des arts et des lettres du Québec
Concordia University Part-time Faculty Association
Nicole Gingras
Lorraine Oades
Yudi Sewraj
Karen Trask

Performance de Paul Litherland à OPTICA, Samedi le 20 octobre 2018
16h à 17h

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)




Monique Moumblow est vidéaste et fan de récits spectaculaires.

Paul Litherland est un gentleman aventurier, un plongeur sous-marin qui se cache dans une pièce remplie de wingsuiters.




image



Maryse Larivière
du 13 octobre 2018 au 13 octobre 2018
Lecture publique du livre Orgazing à OPTICA

vendredi le 7 septembre - 19h et samedi 13 octobre à 15h.
Maryse Larivière, Orgazing, Calgary, Untitled Art Society, 2017, 64p.
Roman épistolaire, prose et poésie
disponible à OPTICA, 20$

Orgazing est un roman épistolaire qui se déroule sur l'île reculée de Staffa. Une femme, détenue dans une institution construite sur la grotte de Fingal, s’adresse à son bien-aimé à propos de leur révolution ratée, de sa tentative de transformer l’écriture en chant télépathique et de ses efforts pour développer ce mode de communication pendant son incarcération. Entre prose et poésie, mot et chant d'oiseau, Orgazing explore les limites du corps et de la voix, articulant un désir instable de métamorphose. Les thèmes explorés dans le livre de l'artiste Orgazing incluent les chemins sinueux du désir féminin, les flux errants de la nature et de la culture, et la relation concertée et agentielle entre l'esprit et le corps dans la création et la réflexion de l'art.




image

Paul Litherland, Monique Moumblow, 47 Storeys, 2018. Installation vidéo à 3 canaux, son, circa 10 min.
Paul Litherland, Monique Moumblow, 47 Storeys, 2018. Three-channel video installation, sound, circa 10 min.
Crédit | Credit: Paul Litherland.



Paul Litherland, Monique Moumblow
du 20 octobre 2018 au 20 octobre 2018
Performance_47 Storeys

Samedi prochain le 20 octobre, performance de Paul Litherland de 16h à 17h00_l'artiste boucle le cycle!

Dans le cadre de son exposition à OPTICA en collaboration avec Monique Moumblow, Paul Litherland présente une performance qui donne un éclairage autour du saut!
Finissage, Performance / récit complet de l'histoire du saut de vive voix!!

Paul Litherland : «Il y a 22 ans, j'ai sauté d'un édifice sans appareil photo, mais avec un parachute. Quelques mois après, j'ai raconté l'histoire devant une caméra vidéo en guise de souvenir. 20 ans plus tard, j’ai répété le processus. En collaboration avec Monique Moumblow, nous présentons l'oeuvre 47 Storeys, une installation vidéo sur la mémoire, l'âge et la technologie».

Captation en direct de la performance de Paul Litherland.


image

Atelier des élèves de 5e et 6e année à l’école Saint-Enfant-Jésus (Mile End) sur une proposition de Leisure | Workshop of students
in grade 5 and 6 at Saint-Enfant-Jésus
Elementary School (Mile End) - Leisure's proposal | Photo : Paul Litherland

Artiste à l'école | Artist at School
du 1 novembre 2018 au 13 décembre 2018
Atelier des élèves de 5e et 6e année de l’école Saint-Enfant-Jésus (Mile End) sur une proposition de Leisure

Course d'obstacle est un atelier échelonné sur plusieurs sessions qui s'articule autour de la notion d'obstacle : qu'est-ce qu'un obstacle? Quels sont les moyens créatifs pour les surmonter? Comment la négociation d'un chemin complexe et risqué autour d'un obstacle peut-elle conduire à un résultat plus intéressant? Encadrés par des exemples d'œuvres d'art contemporaines qui traitent de ces idées, les élèves travaillent en collaboration pour planifier et construire leur propre version sculpturale d'un obstacle. Dans le dernier atelier de la série, les étudiants combinent leurs sculptures afin de créer une « course », ou parcours d'obstacles, avec laquelle leurs camarades peuvent s'engager. L'atelier mobilise ainsi des idées autour de la collaboration, de la communication, de la construction 2D à 3D, de la conscience de l'espace et de la pratique de l'installation.

REVUE DE PRESSE

SANDALS, Leah. "On Laundry, Playgrounds, Kids and Other Lost Art Legacies", Canadianart Magazine, interview avec Leisure, 4 décembre 2018.

art3


Leisure est une pratique artistique collaborative formée par les montréalaises Meredith Carruthers (1975) et Susannah Wesley (1976) depuis 2004. Elles ont produit des expositions et des projets spéciaux au Canada et à l'étranger et ont participé à des résidences à St. John's (The Rooms, Terre-Neuve, 2016); Dawson City (KIAC, Yukon, 2010); Vienne (Kunstverein das weisse haus, Autriche, 2008) et Banff (Banff Centre for the Arts, AB, 2007). Leurs projets récents incluent : Comment on devient ce qu'on est (Musée d'art de Joliette, 2018), Conversation with Magic Forms (Vu Photo, 2017), Panning for Gold/Walking You Through It (Musée d’art contemporain de Montréal, 2017), Conversations With Magic Stones dans le cadre de The Let Down Reflex (EFA, New York, 2016) et Dualité/Dualité (Artexte, Montreal, 2015).




image

Geneviève Chevalier, Bord d'attaque / Bord de fuite - Leading Edge / Trailing Edge, 2018.
Image tirée du carnet. Impression jet d'encre sur papier coton, 43,18 X 60,96 cm.
| Still from the booklet. Inkjet printing on cotton
paper, 43,18 X 60,96 cm. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist



Geneviève Chevalier
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Bord d’attaque/ Bord de fuite

Vernissage, samedi le 10 novembre 2018 - 15h à 17h

Samedis ensemble en familles : 17 novembre et 15 décembre 2018

Depuis la publication de Birds of America par J. J. Audubon en 1838, les populations aviaires n’ont cessé de décroître, jusqu’à, pour certaines, disparaître. Elles ne sont plus que des souvenirs de papier et des corps conservés dans les réserves des musées d’histoire naturelle. Geneviève Chevalier a suivi la trace d’une espèce, dont l’acclimatation et l’adaptation aux changements climatiques est remarquable. Le fou de Bassan a élu domicile sur les falaises escarpées de l’Île Bonaventure avec une colonie de plus de 100 000 individus qui présente des problématiques de reproduction – et sur Bass Rock, au large de l’Écosse, dont la population est plus prospère. Le fou réussit là où bien d’autres espèces éprouvent des difficultés à faire face aux impacts des variations climatiques sur leur nourriture, la température de l’eau et de l’air. L’artiste a observé ces spécimens dans leur environnement, rencontrés des universitaires du Québec et d’Écosse. Ce qu’elle a appris est restitué dans un diptyque vidéo et un livre d’artiste, dont les titres renvoient l’imagination du côté de l’aéronautique.

À l’heure de l’Anthropocène, ère dont l’homme est désormais l’agent géologique perturbateur le plus puissant, la Sixième extinction est en cours. La dernière, survenue au Crétacé avait, entre autres, éradiqué les dinosaures. Mais la plus dévastatrice, dite La grande hécatombe, survenue à la fin du Permien, ressemble à l’actuelle car les changements climatiques en étaient la cause. À l’époque, l’humanité n’était pas de la partie et le phénomène s’était étalé sur une longue période. Mais aujourd’hui, le phénomène s’emballe. L’artiste en observe les effets collatéraux sur ces oiseaux de mer. L’impact des civilisations actuelles sur la faune et la flore sauvages demande aussi d’adapter la façon de collectionner les espèces défuntes. Désormais, même des animaux affectés par les marées noires sont dignes d’être conservés, a confié Bob McGowan (conservateur des collections d’oiseaux à Édimbourg), à l’artiste dans l’un des cahiers de son livre, contrepoint essentiel au film. Quelle fut la cause de la mort de ces corps, consciencieusement étiquetés et conservés dans des chambres à atmosphère contrôlée ? Le film de Chevalier laisse spéculer autant qu’il enseigne. Les dépouilles ont encore quelque chose à dire, malgré leur mutisme. Un silence qui s’installe aussi dans le film, à mesure que la boucle se répète, pas tout à fait la même. Les voix des spécialistes finissent par s’éteindre, écho subtil à leur difficulté à se faire entendre, à l’attrition sonore des écosystèmes, à cette extinction qui voit les populations animales s’effondrer. Le rocher de Bass qui domine les premiers plans de Bord d’attaque/ Bord de fuite, prend alors plus que jamais l’allure d’un fort, bastion de résistance, point fixe au milieu de cette déroute environnementale.

Auteure : Bénédicte Ramade

Bénédicte Ramade est historienne de l’art, spécialisée dans les questions écologiques. Elle développe actuellement des recherches sur l’anthropocénisation des savoirs et des pratiques artistiques. Elle est critique d’art et commissaire indépendante, chargée de cours à l’Université de Montréal.

Discussion publique à OPTICA, samedi le 1er décembre - 15h à 16h30 entre Geneviève Chevalier, Bénédicte Ramade (Université de Montréal) et Kyle Elliott (Université McGill).

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)


REVUE DE PRESSE

RICHARD, Camille (2019). « Geneviève Chevalier : Bord d’attaque/ Bord de fuite », Espace art actuel. no. 122, printemps-été, pp. 83-84.

MAVRIKAKIS, Nicolas. «Sur le radar : la nature des chose au Centre Optica», Le Devoir, 14 décembre 2018.

MAVRIKAKIS, Nicolas. «Les arts visuels sous le signe de l’engagement», Le Devoir, 25 et 26 août 2018.



Geneviève Chevalier a été l’artiste en résidence du CALQ au Centre for Contemporary Arts, Glasgow, en 2017 – contexte dans lequel l’œuvre a été réalisée. Son travail a été présenté au Musée régional de Rimouski, au Symposium de Baie-Saint-Paul, au Musée de Lachine, à La Chambre Blanche lors de la Manif d’art 7, ainsi qu’à la Thames Art Gallery, Ontario. Elle vit et travaille à Eastman, Québec.




image

Virginie Laganière, Ex colonie marine Rosa Maltoni Mussolini, Calambrone (Italie), 2018.
Image tirée de la vidéo | Video still
Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Virginie Laganière
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Le Prisme

Vernissage, samedi le 10 novembre 2018 - 15h à 18h

Samedis ensemble en famille : 17 novembre et 15 décembre 2018

À travers une pratique soutenue de la résidence, Virginie Laganière adopte une posture proche de celle d’une artiste anthropologue soucieuse de s’imprégner de la texture matérielle et affective des lieux qu’elle étudie. Elle effectue un travail de terrain où des architectures en quête de redéfinition se révèlent chargées de potentialités présentes et futures. Élaboré lors d’un séjour au Studio du Québec à Rome, Le Prisme prolonge cette démarche en s’attardant à l’univers formel et idéologique des colonies marines italiennes.

Dans la première période de leur histoire, qui débute au milieu du XIXe siècle, les colonies marines sont des établissements de santé destinés à accueillir les enfants tuberculeux. Idéalement situées sur le littoral, elles offrent une cure fondée sur les bienfaits supposés du soleil et de l’air salin. Sous le règne de Mussolini, elles en viennent toutefois à endosser une fonction d’endoctrinement et prennent les airs de camps de vacances à tendance militaire. Empruntant souvent au vocabulaire stylistique du paquebot et fortement influencés par les préceptes du modernisme architectural, les imposants bâtiments sont le relais des valeurs du Parti et constituent de véritables dispositifs spatiaux devant influer sur le comportement des enfants. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les colonies marines vont enfin retrouver un programme éducatif qui vise à favoriser l’émancipation individuelle et collective grâce à des activités d’apprentissage non hiérarchiques. Depuis, certaines d’entre elles ont d’ailleurs été transformées en écoles, bien que la plupart se trouvent dans un état d’abandon. S’élevant toujours face à la mer, leur grande carcasse ponctue étrangement le paysage des cités balnéaires.

Par la juxtaposition de fragments documentaires et fictionnels, Laganière propose une interprétation libre de l’héritage de ces hétérotopies. L’agencement dans l’espace d’exposition de photographies, vidéos, bas-reliefs, petites constructions et même d’une légère brume odorante crée un environnement total inspiré de ce que furent les colonies marines. Il en ressort moins un commentaire sur leur passé controversé qu’un regard subtil sur des enjeux d’actualité, notamment en ce qui a trait à la pratique contemporaine du tourisme de masse : la privatisation accélérée des côtes et les conséquences des grandes transhumances estivales sur les communautés locales.

Auteure : Josianne Poirier

Josianne Poirier est doctorante en histoire de l’art. Ses recherches portent sur le caractère fantasmagorique des lumières urbaines.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)


REVUE DE PRESSE

MAVRIKAKIS, Nicolas. «Sur le radar : la nature des chose au Centre Optica», Le Devoir, 14 décembre 2018.

La Fondation DHC/ART recommande l’exposition de Virginie Laganière : Le prisme dans le cadre du bulletin du 10 décembre 2018 de la Fondation DHC/ART «Cet hiver à DHC/ART».

L’HEUREUX, Chantal. «Vernissages/événements arts visuels autres du 3 au 9 décembre 2018», Magazine radio In situ, Radio Centre-Ville, CINQ FM - Radio Centre Ville 102.3 FM, 5 décembre 2018.

MAVRIKAKIS, Nicolas. «Les arts visuels sous le signe de l’engagement», Le Devoir, 25 et 26 août 2018.



Détentrice d’une maîtrise en arts visuels de l’UQAM, Virginie Laganière vit et travaille à Montréal. Ses œuvres ont été exposées au Canada, au Mexique, en Espagne, en Finlande, au Japon et en Suisse. À l’hiver 2019, en collaboration avec Jean-Maxime Dufresne, elle participera à une exposition collective présentée à la Galerie de l’UQAM.




image

Virginie Laganière
Le Prisme, 2018.
Livre d’artiste.
Avec l'aimable permission de l'artiste | The Prism, 2018. Artist's book. Courtesy of the artist

Le Prisme, livre d'artiste de Virginie Laganière | The Prism, artist's book of Virginie Laganière
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Publication disponible à OPTICA

Situées sur les côtes italiennes, les colonies marines, dont les origines remontent au milieu du XIXe siècle, faisaient jadis office d’institutions de soins corporels et
« spirituels » pour enfants. Configurées tels de véritables instruments de contrôle, ces hétérotopies fonctionnaient en marge de la société. Outre leur positionnement géographique en périphérie des zones habitées — cela avant l’étalement urbain et le développement du tourisme balnéaire —, elles avaient leurs propres règles de fonctionnement et système de valeurs. Les cures marines se déroulaient pendant un séjour estival où les enfants vivaient à l’extérieur du cocon familial dans un environnement géographique, social et architectural cadré par l’horizon et rythmé par une temporalité autre. D’un point de vue historique, les colonies marines se classent en trois principales périodes : les hospices marins, les colonies fascistes et les colonies pédagogiques.

Virginie Laganière
Le Prisme, 2018
Livre d’artiste, 10$
ISBN 978-2-9817858-0-0
© Virginie Laganière

La publication, réalisée en collaboration avec le studio TagTeam, est composée de trois livrets qui correspondent chacun à une période des colonies marines italiennes
(60 pages). Elle inclut un texte et des images de l’artiste.

Félicitation à Virginie Laganière et au Studio Tagteam! Ils ont remporté un Prix Grafika 2019 pour la publication accompagnant l'exposition Le Prisme présentée à OPTICA en novembre-décembre 2018.


image

Geneviève Chevalier
Bord d’attaque/ Bord de fuite, 2018.
Livre d’artiste.
Avec l'aimable permission de l'artiste | Leading Edge/ Trailing Edge, 2018. Artist's book. Courtesy of the artist

Bord d’attaque/ Bord de fuite, livre d'artiste de Geneviève Chevalier | Leading Edge/ Trailing Edge, artist's book of Geneviève Chevalier
du 10 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Publication disponible à OPTICA

Lors du travail de captation vidéo et sonore en Écosse (Ailsa Craig, Bass Rock, île de May, Hébrides Extérieures, Troup Head), à l’occasion d’une résidence au Centre for Contemporary Arts de Glasgow, et au Québec (Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, Parc national Forillon), je me suis intéressée aux oiseaux de mer de l’Atlantique Nord et de la Mer du Nord. La vidéo Bord d’attaque / Bord de fuite évoque librement, à travers des paysages de mer, des portraits d’oiseaux ainsi que des données scientifiques, la situation actuelle dans laquelle se trouvent certaines espèces d’oiseaux de mer boréales, à l’ère des changements climatiques.

Geneviève Chevalier
Bord d’attaque/ Bord de fuite, 2018
Livre d’artiste
20$
ISBN 978-1-7752726-0-1
© Geneviève Chevalier

Une série de cahiers, réalisés en collaboration avec Principal Studio, présente librement une séquence d’images et de documents de nature diverse.

Félicitation à Geneviève Chevalier et à la boîte de graphisme Principal! Ils ont remporté un Prix Grafika 2019 pour la publication accompagnant l'exposition Bord d'attaque / Bord de fuite présentée à OPTICA en novembre-décembre 2018.


image

Esther B., Sans titre, 2018. Photographie numérique, taille variable. | Digital Photography, variable size.

Les Samedis ensemble en familles | Saturdays with the Family
du 17 novembre 2018 au 15 décembre 2018
Sur la route des oiseaux! Autour de l'œuvre de Geneviève Chevalier

Bord d'attaque/ Bord de fuite de Geneviève Chevalier examine comment le changement climatique menace la survie des oiseaux de mer. Dans cet atelier de collage, nous examinerons différents oiseaux d'Amérique du Nord et explorerons le thème de la migration. Où vont-ils, d'où viennent-ils? Nous allons créer une œuvre d'art collaborative retraçant différentes trajectoires, de celles des oiseaux à la nôtre.

Informations pratiques
17 novembre 2018
15 décembre 2018
13h à 16h

Ateliers ouverts à toute la famille et offerts en continu. Vous pouvez débuter l'atelier à l'heure qui vous convient et rester le temps que vous souhaitez.
Gratuit | Sans réservation
Enfants âgés de 4 et +
Durée : 1 h15 min

NOUVEAU : offerts aussi en espagnol et en portugais

art3



image

Geneviève Chevalier, Bord d'attaque / Bord de fuite - Leading Edge / Trailing Edge, 2018. Image tirée de la vidéo, dimensions variables. | Video Still, variable size. Avec l'aimable permission de l'artiste
| Courtesy of the artist

Geneviève Chevalier, Bénédicte Ramade, Kyle Elliot
du 1 décembre 2018 au 1 décembre 2018
Discussion publique à OPTICA, samedi le 1er décembre - 15h à 16h30

Discussion publique à OPTICA, samedi le 1er décembre - 15h à 16h30 sur l'impact des changements climatiques et la relation de l'art et de la science entre Geneviève Chevalier, *Bénédicte Ramade, historienne de l'art, Université de Montréal et **Kyle Elliott, Assistant Professor; Canada Research Chair (Tier II) Chair in Arctic Ecology, Université McGill.

*Bénédicte Ramade est historienne de l’art, spécialisée dans les questions écologiques. Elle développe actuellement des recherches sur l’anthropocénisation des savoirs et des pratiques artistiques. Elle est critique d’art et commissaire indépendante, chargée de cours à l’Université de Montréal.

**Kyle Elliott a obtenu son doctorat en 2014 de l'Université du Manitoba, où il a été récipiendaire de la boursier Vanier et Garfield-Weston. Il détient deux baccalauréats en Sciences physiques et mathématiques ainsi qu'en Biologie de la conservation de l’Université de Colombie-Britannique, suivis d’une maîtrise en Sciences de l’Université du Manitoba. Il a effectué des recherches postdoctorales sous le Natural Sciences and Egineering Research Council (NSERC) à l'Université Western Ontario et à l'Université de Guelph avant de débuter à McGill, en 2015. Kyle a récemment reçu le prix Ned Johnston Young Investigator de l'American Ornithologists Union. Il siège au conseil d'administration de la Société canadienne des ornithologues et au conseil de rédaction de la Marine Ecology Progress Series. Il a mené des recherches sur quatre continents, de l'Amazonie à l'Arctique, mais s'est spécialisé dans l'Arctique canadien, où il a étudié les oiseaux de quatorze îles de l'archipel canadien au cours des quinze dernières années. Les recherches de Dr. Elliott à l’Université McGill portent sur la durabilité des communautés arctiques liée à leur accès à des aliments propres et abondants.




image

Juan Ortiz-Apuy, La Guaria Morada, 2016. Humidificateur industriel, déshumidificateurs,
peinture Skylla, orchidées Guaria Morada (aka la fleur nationale du Costa Rica), éclairage et système de chauffage, dimensions variables | Industrial mist humidifier, dehumidifiers, Skylla paint, Guaria Morada Orchids (aka the national flower of Costa Rica), lighting and heating systems, variable size.
Crédit | Credit: Paul Litherland.



Juan Ortiz-Apuy
du 19 janvier 2019 au 16 mars 2019
La Guaria Morada

Vernissage, samedi le 19 janvier 2019 - 15h à 18h Samedis ensemble en familles : 26 janvier et 16 mars 2019.
«L’installation d’Ortiz-Apuy est certainement un geste des formes invisibles de travail et de soins qui animent les centre d’artistes : se déplaçant comme des cycles d’eau évaporée, extraite à l’infini et relâchée dans les airs». Sanader, Daniella. “Room Temperature.” Canadian Art. Automne 2018, p. 144-145. [Notre traduction].

Dans La Guaria Morada, des orchidées tropicales, un humidificateur industriel, des déshumidificateurs et une peinture bleu ciel sont rassemblés afin de former un environnement artificiel dans un état de négociation et de précarité perpétuels. Dépendant de l'éclairage, du système de chauffage et du personnel de la galerie, les orchidées sont comparables non seulement à l'objet d'art - maintenu au moyen de mécanismes visant à favoriser et à nourrir la pratique artistique - mais renvoient également aux centres d’artistes dont la structure exige des efforts constants et des négociations afin de maintenir les activités.


Similaire à un trope absurde et répétitif à la Sisyphe, l'installation fonctionne comme une métaphore de situations capturées dans des conditions d'incertitude. Concentrée autour de la fleur nationale du Costa Rica, Juan Ortiz-Apuy rend ici un hommage à son pays d'origine. La Guaria Morada représente un écosystème fragile. À l'instar du Costa Rica et, plus généralement, des pays en voie de développement de la région, les orchidées subissent une impulsion des forces et ce, dans une lutte cyclique pour se développer. L'humidificateur et les déshumidificateurs sont littéralement les forces externes qui permettent et empêchent les orchidées de s'épanouir, forces métaphoriques qui relèvent autant de l'économie que de l'influence étrangère, de la corruption et du contrôle.


Juan Ortiz-Apuy

Lancement à OPTICA de la revue ESPACE art actuel n° 121 (hiver 2019)
« Point de vue animal. »
(sous la direction de Bénédicte Ramade).
samedi le 19 janvier 2019 - 15h à 18h
Disponible à OPTICA, 11$

Visite commentée par l’artiste
2 mars 2019 de 20h à 22h (ang, fr, esp)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)


REVUE DE PRESSE

DELGADO, Jérôme. «Nature, urbanité et autres lieux à revoir», Le Devoir, 12 janvier 2019.



Juan Ortiz-Apuy vit et travaille à Montréal depuis 2003. Il est titulaire d'un baccalauréat en beaux-arts de l'Université Concordia (2008), d'un diplôme d'études supérieures de la Glasgow School of Art (2009) et d'une maîtrise en beaux-arts de l'Université Nova Scotia College of Art and Design (2011). Ses œuvres ont été exposées au Canada et à l’étranger, notamment aux Abattoirs Musée - Frac Occitanie Toulouse (France), au Musée IKEA (Suède), à la Galerie d’art de l’Université Carleton (Ottawa), à la Galerie d’art Owens (Sackville), à la Truck Contemporary Art (Calgary), au Museum London (Londres), à la Gallery 44 Centre pour la photographie contemporaine (Toronto), au MacLaren Arts Centre (Barrie) et à la Manif d'art 7 – la biennale de Québec (Québec).




image

Léa Moison, 25/09 = 1 (partition) 1/5, 2018. Graphite sur papier. 104,14 x 175,26 cm. | Graphite on paper. 104,14 x 175,26 cm. variable size. Crédit | Credit: Paul Litherland.



Léa Moison
du 19 janvier 2019 au 16 mars 2019
25/09=1

Vernissage, samedi le 19 janvier 2019 - 15h à 18h
Dans le cadre de l’exposition 25/09=1 Léa Moison présente un corpus de dessins et une architecture obtenus à partir de protocoles et de systèmes, qui tentent de traduire le son bidimentionnellement et tridimensionnellement. L’artiste qui allie les arts visuels et médiatiques avec une solide culture musicale, développe une pratique reposant sur un mode de composition qui joue entre le passage du sonore au visuel. Chaque œuvre provient d’un travail de traduction de données découlant d’une série de relais effectuée d'une discipline à l'autre, suivant un système d'équivalence bien défini : ainsi la musique devient partition qui devient dessin qui devient objet qui devient musique, et ainsi de suite.

Montées sur papier blanc, les notations graphiques ne réfèrent pas au solfège et ne dévoilent pas une musique à jouer : le son s’avère absent et affranchit de repères de correspondances de cause à effet. Un volume, déployant une onde dépouillée, transpose aussi le phénomène sonore dans l’espace en s’inspirant de Iannis Xenakis qui combinait dans certains projets la musique électronique et l’architecture. La méthode utilisée par Moison comporte une certaine liberté de production qui rejoint la philosophie de l’indétermination de John Cage. Ce dernier décrivait lui-même les éléments de ses compositions en termes de méthode et de structure. En effet comme chez Cage, le processus chez Moison prévaut sur le geste et la touche subjective de l’artiste, tandis que le résultat laisse incorporer une part d’imprévisible. La reproduction de la matière de base (les données objectives issues de la structure d’une partition ou d’une sculpture) aboutit à la constitution d’objets indépendants qui étend de manière infinie les possibilités formelles.

L’espace d’exposition circonscrit un univers aérien, presque inexistant et irréel, une ambiance onirique où le temps s’avère suspendu.

Auteure : Esther Bourdages

Esther Bourdages travaille dans le champ des arts visuels et technologiques en tant qu'auteure, commissaire et chercheuse indépendante. Sa recherche curatoriale explore des formes d'art telles que l'art in situ, l'installation et la sculpture, souvent en conjonction avec le son.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)


REVUE DE PRESSE

BEHA, Claire-Marine. «Les (nombreuses) expositions à voir en février à Montréal», Le Baron, 31 janvier 2019.



Détentrice d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM et d’un diplôme en psychologie, Léa Moison vit et travaille à Montréal. Suite à ses études en musique et aux Beaux-arts de Lorient, elle décide d'explorer le lien entre les arts et de rallier dans un même espace la musique, le dessin et la sculpture. En parallèle, elle intervient auprès des jeunes à travers d'ateliers créatifs et imagine des projets aux travers desquels elle souhaite permettre aux jeunes de développer leur propre langage plastique.




image

Juan Ortiz-Apuy, La Guaria Morada, 2016.
Crédit | Credit: Paul Litherland.

Les Samedis ensemble en familles | Los Sabados juntos en familia en español y portugués |
Saturdays with the Family

du 26 janvier 2019 au 16 mars 2019
La magie des orchidées! Autour de l'œuvre de Juan Ortiz-Apuy

Dans une ambiance tropicale, les visiteurs seront conviés à explorer les différentes espèces d’orchidées, d'identifier leurs particularités et de réfléchir au concept d'écosystème grâce à un atelier de création avec la médiatrice culturelle. Ils fabriqueront leurs propres fleurs à partir de différents papiers en s’inspirant d’orchidées de diverses origines. Les participant.e.s seront appelés à faire un lien avec les notions de biodiversité et d’écosystème, de reconnaître leur importance pour l’environnement et la nécessité de les préserver pour notre futur.

Informations pratiques
26 janvier 2019
16 mars 2019
13h à 16h

Ateliers ouverts à toute la famille et offerts en continu. Vous pouvez débuter l'atelier à l'heure qui vous convient et rester le temps que vous souhaitez.
Gratuit | Sans réservation
Enfants âgés de 4 et +
Durée : 1 h15 min

NOUVEAU : offerts aussi en espagnol et en portugais

En un ambiente tropical, los asistentes serán invitados a explorar las diferentes especies de orquídeas, a identificar sus particularidades y a reflexionar sobre el concepto de ecosistema, gracias a un taller de creación con las dos mediadoras culturales. Podrán fabricar sus propias flores a partir de diferentes papeles, inspirándose en orquídeas de diversos orígenes. Al familiarizarse con las diferentes especies existentes, sus hábitats naturales y artificiales, los participantes serán instados a establecer una relación con las nociones de biodiversidad y de ecosistema, a reconocer su importancia para el medio ambiente y la necesidad de preservarlos para nuestro futuro.


Informaciones prácticas
16 de marzo de 2019
1 PM a 4 PM
Gratis | Sin reserva Niños de 4 años en adelante
Duración : 1 h15 min

NUEVO : también disponible en español y portugués

art3



image

Couverture du livre The Players,
Graphisme | Cover of the book The Players,
Graphic Design: Jeff Kulak

Zoë Chan_The Players
du 31 janvier 2019 au 2 mars 2019
Nouvelle publication indépendante disponible à OPTICA.

Le MAI présente l'exposition Le je et le nous / The I and the We sous le commissariat de Zoë Chan avec les artistes suivantes : Tonia Di Risio, Kirsten Leenaars, Caroline Monnet, Alana Riley, Karen Tam, Arnait Video Productions + Shirley Bruno.

En parallèle Chan lance une publication qui documente un cycle d'expositions, incluant Vies performatives présentée à OPTICA en 2018. Disponible à OPTICA.

100 p, ill. coul. 12,8 x 20,5 cm
Textes : Zoë Chan, Cheryl Sim
Graphisme : Jeff Kulak
Publié à 200 exemplaires
ISBN 978-0-9939943-1-9
[20$]




image

Pavitra Wickramasinghe, Studio Experiment, 2013. Photographie numérique, dimension variable.
Avec l’aimable permission de l’artiste. | Digital photography, variable size. Courtesy of the artist

Théâtre d’ombres avec Pavitra Wickramansinghe | Shadows theater with Pavitra Wickramansinghe
du 1 février 2019 au 30 avril 2019
NOUVEAU ! Projet satellite avec les tout-petits de La Sourithèque

Centre de la petite enfance La Sourithèque, quartier Centre-Sud
Printemps 2019

Ce projet satellite, à l’extérieur des lieux d’OPTICA, est réalisé conjointement avec l’artiste Pavitra Wickramansinghe. Les enfants de La Sourithèque participeront à la création d’une œuvre cinétique collective – un jeu d’ombres fantasmagoriques - installée temporairement dans leur milieu de vie. Se voulant une invitation au voyage pour aller à la rencontre de l’autre, le projet vise à faire découvrir aux tout-petits la culture de leurs ami.e.s et de leurs familles.

Théâtre d’ombres reçoit le soutien de la Fondation du Grand Montréal dans le cadre du programme Initiatives communautaires 2018 en lien avec les objectifs de développement durable des Nations-Unies.

www.souritheque.com

Le programme éducatif reçoit le soutien de la Fondation du Grand Montréal, Programme Initiatives communautaire 2018, et de la Caisse Populaire Desjardins du Plateau-Mont-Royal.




image

Juan Ortiz-Apuy, La Guaria Morada, 2016. Humidificateur industriel, déshumidificateurs, peinture Skylla, orchidées Guaria Morada (aka la fleur nationale du Costa Rica), éclairage et système de chauffage, dimensions variables | Industrial mist humidifier, dehumidifiers, Skylla paint, Guaria Morada Orchids (aka the national flower of Costa Rica), lighting and heating systems, variable size. Crédit | Credit: Paul Litherland.

Juan Ortiz-Apuy
du 2 mars 2019 au 3 mars 2019
Nuit Blanche : La magie des orchidées! avec Juan Ortiz-Apuy

En lien avec l’exposition La Guaria Morada de Juan Ortiz-Apuy, présentée à OPTICA du 19 janvier au 16 mars 2019, l’événement « La magie des orchidées » offre aux jeunes visiteurs et à leurs familles de découvrir l’installation en présence de l’artiste et des médiatrices culturelles du centre.

Visite commentée par l’artiste en espagnol à 20h et en anglais à 22h

L’exposition La Guaria Morada de Juan Ortiz-Apuy introduit des orchidées tropicales, un humidificateur industriel à ultrasons et des déshumidificateurs afin de former un environnement artificiel dans un état de négociation et de précarité perpétuelle. Concentrée autour de la fleur nationale du Costa Rica, cette installation, réel écosystème fragile, réfère au pays d’origine de l’artiste et se rapporte aux situations prises dans des conditions aussi incertaines et vulnérables. Dépendant de l’éclairage de la galerie et du personnel nécessaire à sa maintenance, les orchidées sont similaires à l’objet d’art, maintenus par des systèmes visant à favoriser et à nourrir la pratique artistique.

En plus de profiter de la présence de l’artiste en galerie de 19h à 22h dans une ambiance tropicale, les visiteurs seront conviés à explorer les différentes espèces d’orchidées, d'identifier leurs particularités et de réfléchir au concept d'écosystème grâce à un atelier de création avec les deux médiatrices culturelles. Ils fabriqueront leurs propres fleurs à partir de différents papiers en s’inspirant d’orchidées de diverses origines.

En se familiarisant avec les différentes espèces existantes, leurs habitats naturels et artificiels, les participant.e.s seront appelés à faire un lien avec les notions de biodiversité et d’écosystème, de reconnaître leur importance pour l’environnement et la nécessité de les préserver pour notre futur.

L’atelier se déroulera en continu jusqu’à 1:00. Du jus et des fruits seront servis aux noctambules. Cette activité vise particulièrement le jeune public et leurs familles, mais pourra être adaptée à tous les âges.


nuitblanche
Aunado a la exposición La Guaria Morada de Juan Ortiz-Apuy, presentada en OPTICA del 19 enero al 16 de marzo 2019, el evento « La magie des orchidées » le brinda a los jóvenes visitantes y a sus familias la oportunidad de descubrir la instalación en presencia del artista y de las mediadoras culturales del centro.

Visita comentada por el artista en español a las 20h Y en inglés a las 22h

La exposición La Guaria Morada de Juan Ortiz-Apuyintroduce orquídeas tropicales, un humificador industrial ultrasónico y deshumificadores con el fin de crear un ambiente artificial en un estado de negociación y de precariedad perpetua. Dicha instalación, cuyo verdadero ecosistema frágil se centra alrededor de la flor nacional de Costa Rica, hace referencia al país natal del artista y remite a las situaciones dadas en condiciones tan inciertas y vulnerables. Dependiendo de la iluminación de la galería y del personal necesario para su mantenimiento, las orquídeas se asemejan al objeto de arte, mantenidas por sistemas destinados para favorecer y nutrir la práctica artística.

Además de poder beneficiar de la presencia del artista en la galería de 19h a 22h en un ambiente tropical, los asistentes serán invitados a explorar las diferentes especies de orquídeas, a identificar sus particularidades y a reflexionar sobre el concepto de ecosistema, gracias a un taller de creación con las dos mediadoras culturales. Podrán fabricar sus propias flores a partir de diferentes papeles, inspirándose en orquídeas de diversos orígenes.

Al familiarizarse con las diferentes especies existentes, sus hábitats naturales y artificiales, los participantes serán instados a establecer una relación con las nociones de biodiversidad y de ecosistema, a reconocer su importancia para el medio ambiente y la necesidad de preservarlos para nuestro futuro.

El taller se llevará a cabo de manera continua hasta 1 AM. Se les servirán jugos y frutas a los noctámbulos. Esta actividad está particularmente destinada a un público joven y a sus familias, pero podrá ser adoptada a todas las edades.




image

Atelier à la Sourithèque avec Pavitra Wickramasinghe,
février 2019.
Crédit photo : Tanha Gomes



Pavitra Wickramasinghe et les souriceaux
du 14 mars 2019 au 17 mai 2019
Exposition jeunesse_à La Sourithèque

souritheque
OPTICA + La Sourithèque

Théâtre d’ombres
avec Pavitra Wickramasinghe et les souriceaux

Affiche du projet, haute résolution (pdf)

Arthur Nadon
Daphné Marois
David Anthony Adejor
Elsa Malenfant
Ibsan Chowdhury
Maxence Ledoyen
Phillipe Poitras-Jean
Roméo Roy
Victor Begin
Sam-Yan Bradette Dutremble

Vernissage à La Sourithèque
14 mars 2019
17h – 18h
Bienvenue aux parents et ami.e.s !

À la suite d’une série d’ateliers avec l’artiste Pavitra Wickramasinghe, les souriceaux ont réalisé une œuvre cinétique collective – un jeu d’ombres fantasmagoriques – installée temporairement dans leur milieu de vie à La Sourithèque.

Venez découvrir leurs créations : une invitation au voyage et à la rencontre de l’autre!

Exposition Théâtre d’ombres
Du 14 mars au 17 mai 2019
Lundi au vendredi
7h – 18h

La Sourithèque
Le CPE La Sourithèque a pour mission d’offrir un milieu de vie stimulant pour les enfants du quartier Centre-Sud tout en assurant notamment leur santé, leur sécurité, leur plein développement ainsi que leur bien-être.

Théâtre d’ombres est la première exposition jeunesse d’OPTICA dans un centre de la petite enfance.

En collaboration avec
La Sourithèque
Geneviève Courcy – Directrice
Linda Lambert - Éducatrice

Théâtre d’ombres reçoit le soutien de la Fondation du Grand Montréal dans le cadre du Programme d’initiatives communautaires 2018 en lien avec les objectifs de développement durable des Nations-Unies.

OPTICA bénéficie du soutien du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts de Montréal. Le programme éducatif reçoit le soutien de la Fondation du Grand Montréal, Programme d’initiatives communautaires 2018, et de la Caisse Populaire Desjardins du Plateau-Mont-Royal.

La Sourithèque
1750, rue Saint-André
Montréal Québec H2L 3T8
www.souritheque.com



fondationdugrandmontréal


Pavitra Wickramasinghe s'intéresse aux conventions du regard et aux nouvelles façons de concevoir l'image en mouvement. Sa pratique explore les notions de déplacement, de fluidité du lieu et la mémoire. Elle utilise la lumière et les ombres comme des extensions de l'image projetée pour créer des installations où le regardeur, au lieu d'observer l'œuvre de l'extérieur, occupe un espace cinématographique à l'intérieur de celle-ci.

Elle est récipiendaire de plusieurs résidences d'artiste, prix et bourses dont le programme de bourses pour artistes UNESCO-Aschberg, le Changdong Art Studio du Musée national d'art contemporain (Corée du Sud), le Conseil des arts du Canada et la Bourse Claudine et Stephen Bronfman en art contemporain. Elle a exposé en Asie, au Canada et en Europe.

www.pavitraw.com




image



Avec / With Sophie Bélair Clément, Rebecca Belmore, Olivia Boudreau, Marie-Claude Bouthillier, Marie-Ève Charron, Sorel Cohen, Raphaëlle de Groot, Philippe Dumaine, Vera Frenkel, Andrea Geyer, Cynthia Girard-Renard, Clara Gutsche, Rashid Johnson, Marie-Josée Lafortune, Suzy Lake, arkadi lavoie lachapelle, Maryse Larivière, Emmanuelle Léonard, Deirdre Logue, Allyson Mitchell, Wanda Nanibush, Abdi Osman, Camal Pirbhai, Claire Savoie, Johanne Sloan, Jana Sterbak, Thérèse St-Gelais, Camille Turner, Rinaldo Walcott, Giovanna Zapperi.
du 15 mars 2019 au 23 mars 2019
Lancements à Montréal et à Toronto, nouvelle parution : ARCHI-FÉMINISTES!

NOUVELLE PARUTION
ARCHI-FÉMINISTES!
Art contemporain, théories féministes
Lancements de livre à Montréal et à Toronto

15 Mars 2019
18h à 20h
L’Euguélionne, librairie féministe
1426, rue Beaudry
Montréal, QC H2L 3E5

23 mars 2019
15h – 17h
Critical Distance Centre for Curators
No. 302 — Artscape Youngplace
180, rue Shaw
Toronto, ONT M6J 2W5

Éditeur
OPTICA, centre d’art contemporain
Sous la direction de
Marie-Ève Charron, Marie-Josée Lafortune, Thérèse St-Gelais

Livre à couverture souple
15,8 x 23,18 cm
160 pages / ill
Textes FR + EN
ISBN 978-2-922085-15-0
[35$]
Prix de lancement : 30$
Commande en ligne : distribution@optica.ca

Réunissant un important corpus d’œuvres réalisées entre 1970 et aujourd’hui, cette publication analyse les enjeux historiques et actuels des féminismes, en proposant des regards croisés sur la discipline de l’histoire de l’art et sa construction, maintes fois interrogées. Les manifestations féministes sont notamment examinées à partir des pratiques qui persistent à faire résistance et qui obligent à revoir les normes sociales au moyen d’activisme, de mobilisation citoyenne et de communautés de partage. Ces contributions reprennent les modèles théoriques féministes, mais relèvent également des études culturelles, décoloniales et queers, cherchant à instruire de nouveaux savoirs.

Archi-féministes! est le titre de l’exposition éponyme, présentée par le centre d’art contemporain OPTICA en 2011 et 2012, qui soulignait l’apport des femmes artistes à son histoire et au réseau canadien des centres d’artistes autogérés.

L’Euguélionne, librairie féministe est une coopérative de solidarité à but non-lucratif. Nous avons une large sélection de livres neufs et usagés, de zines et d’art imprimé. La librairie se spécialise dans la littérature des femmes* (roman, poésie, bande-dessinée, essai, jeunesse) et les ouvrages féministes, queer, lesbiens, gais, bisexuels, trans, intersexe, asexuel et agenre, two-spirited, anti-racistes, anti-coloniaux, etc. L’Euguélionne, librairie féministe organise également une diversité d’événements littéraires et féministes: lancements, cercles de lecture, conférences, ateliers, discussions, etc. librairieleuguelionne.com

Critical Distance est un espace de projet à but non lucratif, un éditeur et une association professionnelle voués au soutien et à l’avancement de la pratique commissariale à Toronto, au Canada, et à l’extérieur. Critical Distance met l’accent sur des pratiques interdisciplinaires, collaboratives et interdisciplinaires, ainsi que sur les artistes et les formes d'art sous-représentés, tout en étant sensible à la communauté et à l'éducation dans l'art et la conception d'expositions. Critical Distance se définit comme une plate-forme ouverte pour diverses perspectives de commissariats, un forum d'échanges d'idées sur la réalisation d'expositions comme moyens d'engager et d'informer des publics de tous les horizons. www.criticaldistance.ca

La CDCC est située à Artscape Youngplace, un bâtiment accessible aux fauteuils roulants avec une rampe d'accès située au 180, rue Shaw. Un ascenseur dessert tous les étages et des toilettes sont accessibles à tous les niveaux. L’autobus 63 Ossington de la TTC s’arrête à proximité et est accessible en fauteuil roulant.




image

Adam Basanta, A Large Inscription, 2018.
Installation, médium mixte, microphone, amplificateurs, gravier, métal, moteur, pièces électroniques, dimensions variables. | Mixed media installation, microphone, microphone stand, amplifiers, gravel, steel, motor, electronics, variable size. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist Crédit | Credit: Emily Gan

Adam Basanta
du 13 avril 2019 au 15 juin 2019
A Large Inscription / A Great Noise

Vernissage, samedi le 13 avril 2019 - 15h à 18h
Samedis ensemble en familles : 4 mai et 15 juin 2019.
Le philosophe Edmund Husserl a parlé de deux modalités fondamentales de la temporalité, le temps fixe et celui qui coule, et s’est tourné vers la mélodie pour illustrer le lien qui les unit. À ses yeux, l’expérience d’un temps unifié impliquait le fait de garder en mémoire ce qui avait immédiatement précédé – ce qui venait d’arriver – de manière à anticiper ce qui ne s’était pas encore produit. C’est ainsi que les œuvres récentes d’Adam Basanta nous invitent à méditer sur une impasse dans notre conscience du temps.

Qu’arrive-t-il à la succession du temps, et à la conscience que nous avons de l’avoir vécue, une fois que nous nous sommes complètement habitués au temps universel coordonné ? Qu’arrive-t-il quand, malgré des différences culturelles qui diversifient l’expérience du temps, nous objectivons si entièrement nos vies au point d’en devenir paralysés et incapables d’imaginer toute anticipation commune de l’avenir ? Mettant à jour Husserl, le philosophe Bernard Stiegler diagnostique le problème comme étant de l’hypersynchronisation. Puisque chacun et chacune d’entre nous ponctuons nos jours d’injonctions constantes à communiquer, pour « mettre son grain de sel » peu importe la banalité du sujet, les œuvres de Basanta documentent un moment tendu dans notre relation moderne au temps, tout en évoquant certaines pathologies anciennes autour de l’accomplissement du temps.

Quittant les rues urbaines aux prises avec un cycle de destruction et de reconstruction apparemment sans fin, nous tombons sur des chorégraphies mécaniques élémentaires. Nous constatons la futilité de Sisyphe, pendant qu’un microphone racle du gravier de manière cyclique, et nous faisons l’expérience de son amplification par la rencontre temporelle indifférente avec une matière non vivante. Nous entendons le Golem de Chełm à l’œuvre dans un microphone automate encastré, dont l’assemblage exécute en vain mais efficacement la plus infime différence entre bruit et son. Pris ensemble, ces gestes pourraient également être vus moins comme des boucles mutuellement prises au piège que comme des structures résonantes ou vibratoires, suggérant quelque chose de plus opportun : le passage du temps comme mouvement. Comme insistait pour le dire Husserl dans son schéma, « quand le présent concret est à une extrémité, un passé rétentif, coulant, concret y doit être relié ».

Neal Thomas

Traductrice : Colette Tougas

Neal Thomas est un spécialiste en études médiatiques. Il vit et enseigne dans la région de Kitchener-Waterloo. Son premier livre, Becoming-Social in a Networked Age, a paru chez Routledge en 2018.

Discussion publique à OPTICA,
samedi le 25 mai - 15h à 16h30 entre Adam Basanta et Eli Kerr.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)



Dans son travail, Adam Basanta explore les pratiques technologiques comme des performances exécutées sur diverses actions humaines, culturelles, matérielles et informatiques. Ses œuvres ont fait l’objet d’expositions à travers le monde, dont le Fotomuseum Winterthur (Suisse), l’Arsenal art contemporain (Canada), le National Art Centre Tokyo (Japon) et la Moscow Biennale for Young Art (5e édition, Russie).


image

Jo-Anne Balcaen, David Zwirner, Tuesday, January 13, 2015, 5:24 pm, 2015-2019.
Impression jet d'encre sur polypropylène, 106,7 x 157,5 cm. | Inkjet print on polypropylene, 106,7 x 157,5 cm cm. Avec l'aimable permission de l'artiste | Courtesy of the artist

Jo-Anne Balcaen
du 13 avril 2019 au 15 juin 2019
Dynamique interne/ Internal Dynamics

Vernissage, samedi le 13 avril 2019 - 15h à 18h
Samedis ensemble en familles : 4 mai et 15 juin 2019.
Dynamique interne, une installation de photographies avec trame sonore de Jo-Anne Balcaen, est la plus récente itération d’œuvres qui plongent dans l’expérience psychique d’artistes pratiquant ce que Bourdieu a appelé une économie inversée, c’est-à-dire des artistes qui ne travaillent pas pour gagner leur vie, mais qui gagnent leur vie pour pouvoir faire de l’art. Le point de vue candide sur le monde de l’art de Balcaen, conditionnée par des années d’expérience en tant qu’ancienne coordinatrice d’expositions, est le résultat de la position ambiguë de l’artiste elle-même dans ce champ à la fois comme insider et comme outsider, et de l’effet que cette condition a exercé sur sa psyché dans sa quête d’accomplissement personnel.

Puisés dans des dizaines d’images subrepticement prises alors qu’elle visitait les galeries de réputation internationale du quartier Chelsea à New York, ses grands et opulents portraits architecturaux semblent mettre ces espaces privés de galeries à portée de main, alors que d’autres photos, de barrières utilisées pour en limiter l’accès, renforcent le sentiment de distance. Par ailleurs, certains clichés documentent, au contraire, des détails plus proches de l’être humain et qui sont dans l’ombre de l’aura persistante du cube blanc : saleté, entreposage, bureaux encombrés. Les grandes images de galeries s’intègrent parfaitement à l’espace d’OPTICA, faisant ainsi réfléchir à la mesure illusoire de la renommée qui détermine l’écart spectaculaire qui existe entre les galeries haut de gamme et les centres d’artistes autogérés, entre les artistes qui réussissent et les autres qui n’y arrivent pas.

Une trame sonore diffuse un dialogue intérieur qui résonnera auprès des personnes qui vivent une expérience semblable d’artistes, de travailleurs et de travailleuses culturel.les menant plusieurs rôles dans le milieu de l’art, non seulement pour survivre, mais aussi pour réussir, en tant que sujets singuliers en contrôle sur leur destin malgré les occasions limitées et les paralysants épisodes de doute. Le cube blanc de Balcaen est un site fertile de questionnements existentiels, riche des possibilités auxquelles elle continue de répondre, à son rythme, et aux fins de notre expérience.

Anne Bertrand

Traductrice : Colette Tougas

Anne Bertrand était impliquée au Centre des arts actuels Skol de 2005 à 2012; elle assure depuis 2012 la direction générale de l’ARCA, l’organisme national de représentation, fédérateur des neuf Regroupements de centres d’artistes autogérés au Canada et au Québec.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE (pdf)

REVUE DE PRESSE

MAVRIKAKIS, Nicolas. «Dynamique interne»: le cube blanc renversé», Le Devoir, 20 et 21 avril 2019.



Artiste établie à Montréal, Jo-Anne Balcaen a une pratique en vidéo, installation, sculpture et photographie. Puisant dans des domaines aussi variés que la musique populaire et les rouages du monde de l’art, ses œuvres ont fait l’objet d’expositions à travers le Canada, aux États-Unis et en Europe. Elle détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université du Manitoba et une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia.


image

Adam Basanta, A Great Noise, 2019. Installation, médium mixte, microphones, amplificateur, ciment, câble, métal, moteur, pièces électroniques, dimensions variables | Mixed media installation, microphones, amplifier, cement, cable, steel, motor, electronic pieces, variable size | Photo : Paul Litherland

Adam Basanta, Eli Kerr
du 25 mai 2019 au 25 mai 2019
Discussion publique à OPTICA, samedi le 25 mai 2019 - 15h à 16h30

Dans le cadre de l'exposition solo A Large Inscription / A Great Noise à OPTICA, Adam Basanta s’entretiendra avec Eli Kerr sous la forme d’une discussion publique.

Eli Kerr est commissaire et auteur. Il vit à Montréal. En 2016, il a cofondé VIE D’ANGE avec Daphné Boxer. Le projet se définit comme un vaste cadre pour des activités de commissariat qui émanent et s’étendent au-delà d’un ancien garage de carrosseries. Celui-ci sert davantage de dispositif que de site pour leurs initiatives. Soucieux de soutenir de nouveaux projets expérimentaux d’artistes qui laissent une place à l’intime, leur programme d’expositions se présente sous la forme d’une série épisodique de récits séquentiels mais non linéaires. Kerr a été le lauréat des résidences du International Studio & Curatorial Program à New York (2017) et de Rupert à Vilnius, Lituanie (2018). Il est le récipiendaire du prix de la Fondation Hnatyshyn (2019) pour les conservateurs canadiens de moins de 30 ans. Il sera en résidence à Fogo Islands Arts à Terre-Neuve, Canada, cet automne.

Événement : https://www.facebook.com/events/430930737709565/




image

Image trouvée | Found image

Les Samedis ensemble en familles |
Saturdays with the Family

du 15 juin 2019 au 15 juin 2019
Autour des œuvres de Jo-Anne Balcaen, Adam Basanta!

Oyé Mousaillon!

OPTICA t’invite à vivre une grande aventure en compagnie des deux pirates culturels du centre. Ensemble, nous irons à la découverte des expositions d’Adam Basanta et Jo-Anne Balcaen. Nous naviguerons sur la grande mer de l’art contemporain et te confierons un secret bien gardé. Afin de dénicher le trésor, tu devras accomplir l’épreuve ultime de la fabrication de ton sceau à cacheter personnalisé.

Informations pratiques
4 mai 2019
15 juin 2019
13h à 16h

Ateliers ouverts à toute la famille et offerts en continu. Vous pouvez débuter l'atelier à l'heure qui vous convient et rester le temps que vous souhaitez.
Gratuit | Sans réservation
Enfants âgés de 4 et +
Durée : 1 h15 min

art3