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2014 - 2015

Programmation

Karilynn Ming Ho
du 6 septembre 2014 au 18 octobre 2014

Alexis Bellavance
du 6 septembre 2014 au 18 octobre 2014

Edith Brunette
du 1 octobre 2014 au 31 décembre 2014

Julie Lequin
du 15 novembre 2014 au 20 décembre 2014

Renata Poljak
du 15 novembre 2014 au 20 décembre 2014

Michael Blum
du 24 janvier 2015 au 21 mars 2015

Marc-Antoine K. Phaneuf
du 24 janvier 2015 au 21 mars 2015

Véronique Leblanc (commissaire|curator)
du 18 avril 2015 au 13 juin 2015




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© Karilynn Ming Ho, Where Where There There, 2012. Image tirée d’une monobande, son, installation, 18 min 20 sec. | Single-channel video still, sound, installation, 18 min 20 sec. Avec l’aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist.

Karilynn Ming Ho
du 6 septembre 2014 au 18 octobre 2014
Love is Just a Four Letter Word

*Vernissage :: samedi 6 septembre (15h)*
Oeuvrant principalement en installation vidéo, Karilynn Ming Ho observe la nature itérative de la performance et les éléments formels de sa construction grâce à une combinaison de textes trouvés, d’arrangements minimaux, de sons et de gestes issus de la culture d’élite et populaire. Par le biais d’actions fragmentées liées à des personnages divers, laissant indécis le récit et l'identité, elle élabore une relation complexe entre les acteurs et la caméra où tout sens de l’avant et de l’après se perd entre chacune des coupures réalisées au montage. Cette méthode crée de nombreuses pistes de lecture dont celle d’y percevoir le caractère essentiellement répétitif de la vie quotidienne. Basée sur la réitération des formes sémiotiques de production, issues des grammaires cinématographique, sociale, rituelle et théâtrale, la plupart des projets de Ming Ho examinent la façon dont ces processus de codification fonctionnent en tant que lieux de performativité.

Pour son dernier projet vidéographique, l’artiste fait écho aux comportements capitalistes à l’aide des représentations du désir et de la perte. Son oeuvre s’attarde à la façon dont la chanson d'amour et le montage reflètent la nature du marché ; hausse et chute continuelles, inflation et récession, tomber en amour et s'effondrer. Selon l'artiste, «le marché produit des corps désirants, capitalisant sur une économie d'émotions qui projette un « amour » insatiable, inaccessible et, finalement, une illusion ; un désir inassouvi qui nous maintient dans l’attente de vouloir davantage ».1 Pour Ming Ho, la performance et le capitalisme ont en commun un schéma répétitif, investi par une multiplicité de corps performants et d’objets dans la quête permanente du gain et la perception d’un manque sans fin, reconstitué par le langage, les gestes et les objets. En plus d’analyser cette dynamique, son travail aborde l'inséparabilité du corps et celle de son image. En effet, la culture de l’écran et Internet ont mis en place une plateforme génératrice pour l’artiste de scripts et d’espaces de performativité. Elle tire parti de l'afflux infini de photos et de vidéos téléversées quotidiennement qui exposent l'ubiquité du langage et des gestes au sein du climat culturel actuel. C'est par l’intermédiaire de l’imbrication du corps et de l'image que Ming Ho explore la façon dont l'écran nous a tous transformé en sujets performants.

1. Karilynn Ming Ho, Notes préparatoires, 2014.

Karina Irvine

Karina Irvine est une auteure et commissaire émergente de Vancouver (Colombie-Britannique). Elle termine actuellement sa maîtrise en histoire de l'art à l'Université York.

Traduction : Julie Alary Lavallée

Karilynn Ming Ho vit et travaille à Vancouver. Elle a obtenu un baccalauréat de l'Alberta College of Art and Design (2005) et une maîtrise en arts visuels de l'Université Simon Fraser (2010). Travaillant dans l’univers des émissions de téléréalité, ses projets artistiques ont été présentés à travers le Canada et à l'étranger dans le cadre d’expositions individuelles et collectives.


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© Alexis Bellavance, Les premiers, 2013. Installation audio | Audio installation. 6,1 x 6,1 m. Avec l'aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist.

Alexis Bellavance
du 6 septembre 2014 au 18 octobre 2014
L'échelle des amas

*Vernissage :: samedi 6 septembre (15h)*
Les choses les plus belles sont d’habitude les plus simples et celles en deux dimensions sont plus faciles à comprendre que celles en trois dimensions et il n’existe rien de tel qu’un cube blanc pour isoler une œuvre d’art, pour mieux la regarder, mais ce n’est pas si simple, parce qu’il existe des images qui bougent et parfois même des images qui ne sont pas des images mais davantage des constructions, des expériences, des images dans lesquelles on peut pratiquement pénétrer.

Dans l’exposition d’Alexis Bellavance, au-delà du simple cadre posé au mur se déploie une machine, une technologie rudimentaire et inutile, d’une quiétude vrombissante, alimentée par une fan, qui tient autant du sac de chips que de la gomme baloune – n’y voyez rien de réducteur –, c’est en fait une paroi de mylar, qui sert habituellement de couverture de survie et dont la fonction est désormais strictement esthétique, poétique, l’appareillage rappelle certaines œuvres de James Turrell, le Leviathan d’Anish Kapoor, le mylar mince et léger, en mouvement constant, presque insaisissable, se dévoile parfait dans son froissement imparfait.

Aux côtés du cadre accroché au mur et de la fan, il y a une porte fermée et quand on ouvre cette porte, c’est le Big Bang, l’Univers et la Voie lactée, la noirceur et la lumière et tout le tralala qu’on leur connait s’embrayent en mouvement, un trou noir calme, le mylar – qu’on nomme en anglais space blanket comme il a été développé par la NASA – s’enchante, valse et se transforme, crépite et chante, c’est très beau, l’envers du décor, la machine de Bellavance en est une qui nous dévoile son fonctionnement simple et incroyable, aux miroitements et froissements versatiles uniques et jamais répétés, comme ceux d’un feuillu en bourrasque – du périple spatial, on revient à la nature la plus élémentaire.

Dans le cube blanc, le tableau exposé devient magnifique et merveilleux et encore pourtant si simple, mais on n’en a pas idée vu d’ici, ce n’est qu’un communiqué de presse, pour voir la beauté de la machine, son endroit et son envers, il faudra se déplacer, regarder, ouvrir la porte, vivre, s’enchanter.

Marc-Antoine K. Phaneuf

Marc-Antoine K. Phaneuf est artiste et auteur. Il a publié trois livres aux éditions Le Quartanier. On pourra voir ses dessins à OPTICA en janvier prochain.

*Soirée audio :: samedi 13 septembre (20h)*
Alexis Bellavance et Jonathan Villeneuve accueilleront Chantal Dumas et Érick d'Orion dans la Machine à deux temps lors d'une soirée d'art audio à l'atelier Belleville (6538 Waverly, Montréal).
Entrée gratuite

Depuis 2001, Alexis Bellavance réalise des installations, des photographies et des performances, celles-ci l’ont amené aux quatre coins du monde, il fait aussi de la musique, il est membre du trio BOLD et l’heureux créateur, avec Jonathan Villeneuve de la Machine à deux temps, un instrument baroque installé en permanence dans leur atelier d’inventeurs, rue Waverly.


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© Edith Brunette, Consensus, 2012. Image tirée d'une vidéo, 42 min | Video still, 42 min. Avec l'aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist.

Edith Brunette
du 1 octobre 2014 au 31 décembre 2014
Résidence de recherche art3/OPTICA - Valence (France)

Observant les discours en tant que révélateurs des relations de pouvoir qui animent la société, Edith Brunette s’intéresse à la parole des institutions gouvernantes et à celle de ceux qui les contestent. Elle provoque la prise de parole de divers acteurs sociaux afin de susciter une réflexion sur notre perception du monde et sur les moyens de s'en approprier collectivement les représentations. Dans le cadre de la résidence à art3 (Valence), elle prendra pour objet d’étude l’entreprise française S.T. Dupont. L’artiste y questionnera les discours portant sur le beau, la culture et la liberté à travers les produits manufacturés de la compagnie et leur mode de production.

Le programme croisé de résidence de recherche art3/OPTICA reçoit le soutien du ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur du Québec, du Consulat général de France à Québec dans le cadre de la 64ième Commission permanente de coopération franco-québécoise et de la Région Rhône-Alpes.




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© Julie Lequin, Practice Confabulatory Chronicles, 2012, Impression numérique| Digital print. 76,2 x 101,6 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist. Photo: Paul Litherland

Julie Lequin
du 15 novembre 2014 au 20 décembre 2014

D’apparence ludique et bricolée, les œuvres narratives de Julie Lequin mêlent (auto)biographie et fiction où elle affirme sa propre expérience de femme. Ayant vécu plusieurs années aux États-Unis, l’artiste s’inspire de ses idiosyncrasies, explorant les thèmes de l’identité et de l’acculturation. Abordant la dualité de l’individu (persona), elle se met en scène, usant de la vidéo et de la performance dans la composition d’autoportraits afin de (re)définir le rôle de l’artiste et sa position comme modèle. Elle présente Top 30 (2010), trente courtes vidéos retraçant ses anniversaires ainsi que Confabulatory Chronicle (2012), un ensemble de dessins et de piñatas amorcé lors d’une résidence à Mexico.

*Atelier scolaire*

Dans le cadre du programme médiation jeune public d’OPTICA, Julie Lequin ira à la rencontre d’élèves de 6e année de l’école primaire Saint-Enfant-Jésus située dans le quartier Mile End. Ils auront l'occasion de visiter l’exposition en présence de l’artiste et d'explorer le processus créatif grâce à un atelier donné dans leur école par Julie Lequin .

*Vernissage des élèves*

Les élèves exposeront leurs chefs-d’œuvres dans l’AGORA d’OPTICA du 10 au 20 décembre. Le vernissage aura lieu le 9 décembre lors d'un 5 à 7.

Pour plus d’information sur le programme médiation jeune public, contactez Marie-Laure Robitaille à mediation@optica.ca

Le programme de médiation jeune public reçoit le soutien du ministère de la Culture et des Communications et de la Ville de Montréal dans l'Entente sur le développement culturel de Montréal et de la Caisse Desjardins du Mont-Royal, la Caisse Desjardins de l'Est du Plateau et la Caisse Desjardins des Versants du mont Royal.


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© Renata Poljak, Great expectations, 2005. Vidéo, super 16mm, HD, couleur, 17min. | Video, super 16mm, HD, color, 17min. Avec l’aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist.

Renata Poljak
du 15 novembre 2014 au 20 décembre 2014

Renata Poljak élabore un travail de mémoire qui redéfinit comment les idéologies et les agendas politiques façonnent l’histoire individuelle et collective. Sous forme autobiographique et documentaire, sa production vidéo et photographique réfère aux bouleversements et à la violence générés par le conflit dans les Balkans. Poljak traite des abus lors du passage du régime socialiste au capitalisme libéral, de la montée de l’extrême-droite en Europe ainsi que de la condition des femmes et des immigrés. L’artiste jette un regard sur les valeurs patriarcales et nationalistes encore présentes en Croatie.




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© Michael Blum, Palazzo Chupi, 2008-15. Installation médium mixte | Mixed-media installation. Avec l’aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist. Photo : Michael Blum

Michael Blum
du 24 janvier 2015 au 21 mars 2015

Michael Blum propose une lecture critique et subversive des grands récits historiques. Ses œuvres cosmopolites et multimédia font écho le plus souvent à des accidents, des faits divers ou à des personnages oubliés qui lui permettent d’entreprendre de vastes recherches, de retracer des contextes culturels et politiques variés afin de les réinscrire dans le présent. Sa méthodologie rappelle celle des investigations policières, à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. Combinant dessins, entretiens, films et parfois des objets, Blum crée une œuvre conceptuelle, proche de l’affabulation et du mythe dont il questionne non sans une pointe d’ironie sa propre fabrication.


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© Marc-Antoine K. Phaneuf, Nussdorf Dam, administration block, 2012. Crayon de bois sur papier, page de livre | Pencil on paper, book page, 28 x 22 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist. Photo : Guy L’Heureux

Marc-Antoine K. Phaneuf
du 24 janvier 2015 au 21 mars 2015

Marc-Antoine K. Phaneuf porte un regard singulier sur les objets de la culture populaire. Motivé par leur potentiel narratif, il rassemble plusieurs spécimens d’un même objet dans l’intention de créer une collection. Adepte du canular, du ready-made et de la citation, il aspire à poétiser le banal, à inventer des histoires et des imaginaires à partir d’éléments anodins, usuels ou encore risibles. Souvent ludique et conceptuel, son travail multidisciplinaire pose des questions d’ordre anthropologique et sociologique en traitant du rapport que nous entretenons avec le texte, l’image et l’objet. L’artiste déroge de son rôle d’observateur, s’adonnant cette fois au dessin.

*Atelier scolaire*

Dans le cadre du programme médiation jeune public d’OPTICA, Marc-Antoine K. Phaneuf ira à la rencontre d’élèves de 6e année de l’école primaire Saint-Enfant-Jésus située dans le quartier Mile End. Ils auront l'occasion de visiter l’exposition en présence de l’artiste et d'explorer le processus créatif grâce à un atelier donné dans leur école par Marc-Antoine K. Phaneuf.

*Vernissage des élèves*

Les élèves exposeront leurs chefs-d’œuvres dans l’AGORA d’OPTICA du 19 février au 21 mars. Le vernissage aura lieu le 9 mars lors d'un 5 à 7.

Pour obtenir davantage d’information sur le programme médiation jeune public, contactez Marie-Laure Robitaille à mediation@optica.ca

Le programme de médiation jeune public reçoit le soutien du ministère de la Culture et des Communications et de la Ville de Montréal dans l'Entente sur le développement culturel de Montréal et de la Caisse Desjardins du Mont-Royal, la Caisse Desjardins de l'Est du Plateau et la Caisse Desjardins des Versants du mont Royal.


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© Sophie Castonguay, Isegoria, 2011. Performance avec récitants | Performance with reciters. Avec l’aimable permission de l’artiste | Courtesy of the artist. Photo : Simon Gosselin.

Véronique Leblanc (commissaire|curator)
du 18 avril 2015 au 13 juin 2015

Commissaire d’exposition, Véronique Leblanc s’intéresse aux pratiques artistiques qui abordent les questions de l’altérité et de la démocratie. Sa démarche implique l’analyse d’œuvres qui explorent les manières dont les constructions identitaires et idéologiques participent à l’articulation de la vie commune. Réunissant des œuvres construites selon des structures polyphoniques, son projet d’exposition cherche à mettre en valeur les enjeux soulevés par des pratiques artistiques basées sur des processus participatifs et performatifs, mettant en scène une pluralité de voix. Souvent fondées sur une approche documentaire qui s’apparente à l’exercice du terrain anthropologique (questionnaire, collecte de données), elles orchestrent la rencontre d’une multiplicité de paroles singulières dans des propositions dont la forme crée un écart avec la réalité documentée. Cet écart ouvre alors un espace où l’individuel rencontre le politique. Les œuvres que Leblanc souhaite rassembler témoignent à la fois des rapports entre individualité et collectivité, et des tensions entre affirmation de soi et intégration des discours normatifs, étant toutefois porteurs de nouvelles relations entre récits individuels et histoire.