Marie Décary, Lise Nantel, Les chevalières des temps modernes, 1980
Bannière: textile, jute, rubans, festons, plastique, bois
175 x 133 x 7 cm, 227 x 133 x 7 cm Archives Marie Décary et Lise Nantel.
Avec l'aimable permission des artistes.
Autour de l'exposition éponyme / Around the eponym exhibition Commissaire | Curator : Didier Morelli
du 7 mai 2026 au 7 mai 2026 OPTICA X 4TH SPACE / ACTIONS DE RUE : FEMMES EN PERFORMANCE À MONTRÉAL ET À TORONTO (1970 - 1980) COLLOQUE
7 mai 2026, 10h30-17h45
4th SPACE, Université Concordia
J.W. McConnell Building
1400 De Maisonneuve Blvd. Ouest.
4TH SPACE
local LB-103
Montréal, H3G 1M8
Station de métro Guy Concordia
Entrée libre
Diffusion en direct disponible
Accédez à la réunion Zoom en vous inscrivant via ce LIEN ou via
Youtube
Ce colloque d’une journée porte sur les thèmes clés de l’exposition Actions de rue: femmes en performance à Montréal et à Toronto (1970-1980). Donc, il y aura un déplacement géographique entre Toronto et Montréal, une alternance linguistique entre le français et l’anglais, un accent mis sur l’importance de la danse, du mouvement et de la kinesthésie dans le développement des pratiques expérimentales des années 1970. Seront examinées les questions relatives aux féminismes dans les espaces publics et culturels ainsi que les pratiques historiques et actuelles d’artistes qui infiltrent des sites extérieurs et institutionnels avec leur corps. En réunissant différentes générations d’artistes, de commissaires d'exposition et de travailleur.euses culturel.les, cette journée de conversation et d’échanges vise à reconnaître et à consigner le passé tout en ouvrant la voie à de nouveaux dialogues intersectionnels.
Didier Morelli
HORAIRE
10h30 Mot de bienvenue
10H40 Performance expérimentale et danse à Toronto dans les années 70
Animée par Marie Claire Forté, avec Elizabeth Chitty, Johanna Householder
En anglais
13H15 Art et féminisme au Québec depuis 1970 à nos jours
Animée par Analays Álvarez Hernández, avec Rose Marie Arbour, Marie Décary, Lise Nantel, Women with Kitchen Appliances
En français
15h Pratiques inflitrantes, actions furtives
Animée par Po B. K. Lomami, avec
Kama La Mackerel, Kamissa Ma Koïta,
Map
En anglais et en français
17h45 Mot de clôture
OPTICA remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts de Montréal ainsi que les artistes et les institutions partenaires de l’exposition Actions de rue : femmes en performance à Montréal et à Toronto (1970 – 1980) ainsi que 4TH SPACE et le Gail and Stephen A. Jarislowsky Institute for Studies in Canadian Art comme partenaires du colloque.
Analays Álvarez Hernández est professeure agrégée d’histoire de l’art à l’Université de Montréal. Ses recherches portent notamment sur l’art public, les pratiques d’artistes diasporiques et les espaces d’exposition alternatifs. Elle est l’auteure du chapbookClimbing Aboard: Havana Apartment-Galleries and International Art Circuits (2023) et a coédité l’ouvrage collectif Diffracting the North: Contemporary Latinx Canadian Experiences and Practices in Film, New Media, and Visual Arts (2025). En tant que commissaire indépendante, elle a organisé des expositions à Toronto et à Montréal, dont The Recipe: Making Latin American Art in Canada et On Americanity and Other Experiences of Belonging.
Rose Marie Arbour, historienne de l’art, a été professeure à l’UQAM de 1969 à 1999. Une partie de ses recherches et de son enseignement ont porté sur l'apport des femmes artistes à la modernité dans les années 1960, 1970 et 1980. Elle a été la commissaire invitée de l’exposition Art et féminisme (1982) présentée au Musée d'art contemporain de Montréal.
Elizabeth Chitty a eu une pratique artistique de 1975 à 2021 à Toronto, à Vancouver et dans la région de Niagara, à la croisée de la performance, de la vidéo, du son, de la photographie, de la danse ainsi que d’approches axées sur la communauté dans les domaines muséal, scénique et public. Son matériau de prédilection a été le mouvement : celui des images numériques, du son et du corps humain. Sa dernière œuvre intitulée Power, une vidéo de 15 minutes à trois canaux et une installation audio à quatre canaux, abordaient la réparation écologique et la décolonisation à travers la rivière Niagara, le Traité de Niagara et trois femmes qui se promènent.
Le potentiel relationnel, expérimental et joyeux de la danse anime Marie Claire Forté. L’amitié est l’un de ses moteurs artistiques. Elle vit à Montréal/Tiohtià:ke/Mooniyang, où elle danse, chorégraphie, écrit, traduit, enseigne et soutient. Son enfant l’enchante, lui apprend, la bouleverse. Sa carrière se caractérise par de longues relations artistiques avec des artistes de différentes générations et esthétiques qui partagent un amour du processus, de la rigueur et de l’exploration. Elle crée — en chorégraphie, en mots, en vidéo et en son — et travaille auprès d’artistes qu’elle respecte. Elle œuvre actuellement avec Peter Boneham à la rédaction d'un ouvrage consacré à sa pratique pédagogique.
Créatrice polyvalente formée en communications, Marie Décary s’est dessiné un parcours entre l’artisanat et les arts textiles, notamment en duo complice avec Lise Nantel, le cinéma documentaire et la vidéo expérimentale, le journalisme culturel et la littérature de fiction jeunesse. Avoir son mot à dire, à écrire, à coudre ou à filmer lui tient toujours à cœur. Pour le plaisir de partager des idées, des images ou des histoires féministement engageantes et faire bouger les choses.
Johanna Householder a émigré au Canada des États-Unis en 1975, et compte parmi plusieurs des chorégraphes et interprètes indépendant·es ayant reçu une formation au 15 Dance Lab à Toronto. En tant que membre d’un groupe de performance féministe, The Clichettes, elle a contribué à établir le lip-sync comme moyen d'expression à part entière en matière de critique politique. Son intérêt pour la manière dont les idées façonnent le corps a guidé sa pratique souvent collaborative en performance, vidéo et chorégraphie.
Kamissa Ma Koïta est une artiste visuelle et designer canado-malienne établie à Montréal. Sa pratique transdisciplinaire mobilise archives, technologies et savoirs ouest-africains, et se déploie à travers la performance, l’image, la poésie et les arts visuels. Elle s’intéresse particulièrement aux vecteurs de domination sociale et aux groupes historiquement marginalisés, dans une perspective panafricaine et décoloniale. Elle a présenté son travail à Dare-Dare (2018), à la Galerie de l’UQAM (2018) et au Musée national des beaux-arts du Québec (2021). Elle a également contribué à la cocréation et à la conception visuelle de Survival Technologies, présenté au Festival TransAmériques en 2024.
Kama La Mackerel est une écrivaine multilingue, artiste visuelle, performeuse, éducatrice, traductrice littéraire et ritualiste, dont l’œuvre s’enracine dans un engagement envers l’amour, la justice et l’émancipation collective. Sa pratique interdisciplinaire, nourrie par des recherches sur l’insularité, la mémoire océanique, la poétique trans, la créolité et les écologies décoloniales, recompose les esthétiques dominantes en y tissant des vocabulaires décoloniaux et queer/trans. Elle est l’autrice de Indrazaal et la quête de l’océan et de ZOM-FAM.
Po B. K. Lomami est une artiste-chercheure indisciplinaire, enseignante et programmatrice dans le milieu communautaire. Issue de la diaspora congolaise en Belgique, iel vit actuellement à Tiohtià:ke-Mooniyang-Montréal depuis 2017. Explorant la rage et l'échec, la pratique artistique de Lomami s'articule autour du déplacement du travail, du devenir de sa subjectivité et des futurs collectifs possibles avec des perspectives noires, crip et afroféministes. Iel interroge les gens, les institutions et elle-même à travers l'affection, la force, l'absurde et le quotidien. Lomami est titulaire d'une licence (2011) et d'une maîtrise (2014) en ingénierie de gestion de l'université de Namur, d'une maîtrise en études des communications (2022) et d'une maîtrise en Studio Arts - Intermediade de l'université Concordia (2025). Cependant, leur pratique interventionniste ne s'est pas développée dans un contexte éducatif institutionnel.
Map est artiste-chercheur·e et fondateur·ice de DC–Art Indisciplinaire, un centre d’artistes dédié à l’art sourd et handicapé. Iel détient une maitrise avec mention d’excellence en recherche-création (UdeM). Iel termine une formation en interprétation Langue des Signes Québécoise-Français dans un souci de repenser les fonctions des milieux de l’art. Son travail a été présenté à Tiohtiàke, Wôbanakiak, Nitassinan, Tkaronto et Szczecin. D’ordre performatif, sa pratique de création de situations transforme l’état des environnements (im) matériels par un agencement de moves particuliers, où ses déplacements sont ses matériaux du fait de s’y engager dans l’étrangeté de ses propres processus neuroqueer.
Lise Nantel puise dans les matériaux du quotidien, visant à intégrer dans son œuvre des savoirs liés autant au travail domestique qu’à l’horticulture, à l’ethnologie ou à l’art. Sa pratique est une résistance, ancrée dans un désir profond d’identifier les obstacles à la création, les interdits, à la recherche d’un langage qui nomme à la fois ce qui est nié dans l’histoire et les multiples couches de mémoire. Sa volonté de diversifier les champs d'intervention de l'art a inspiré la création et la diffusion d'œuvres, souvent éphémères : recherches et publications sur l'art populaire, création d'éléments visuels pour des manifestations politiques, aménagement de lieux de recueillement, co-fondation des Éditions du remue-ménage, enseignement, entre autres.
Women With Kitchen Appliances (WKKA) sont trois, quatre, ou cinq, ou six…. Interchangeables. Jetables. Et mortellement sérieuses. Elles sont un collectif de performance, un band, une cacophonie, un spectacle cabaret, une recette, une routine synchronisée pour gants en caoutchouc, une laveuse à poulet barbecue, un jingle de Noël pour de la farine de confiserie et un service de certification de cuisine. Depuis sa création en 1999, plus d’une cinquantaine d’artistes féministes anonymes ont participé au projet collectif WWKA. Elles ont performé sur des scènes et sur la pelouse, sous un chapiteau, à la radio, à la télé, dans des lofts, des lounges, des galeries, des épiceries, des cubes blancs et des cubes noirs, des bars, des festivals, des théâtres, et chez les gens, dans leurs cuisines.
Didier Morelli est commissaire, historien de la performance et de l’art, critique culturel et artiste visuel. Sa bourse postdoctorale du Fonds de recherche du Québec — Société et culture (FRQSC) (2022-2025), qu’il a menée à l’Université Concordia et au CCA, examine comment les performances féministes de la deuxième vague ont subverti le fonctionnalisme urbain en imaginant d’autres modes d’incarnation à Montréal et à Toronto dans les années 1970. Auparavant rédacteur adjoint à Espace art actuel, il a également publié des textes dans Art Journal, CTR: Canadian Theatre Review, C Magazine, CBC Arts, Esse Arts + Opinions, RACAR, Spirale et TDR: The Drama Review. Morelli a été le commissaire de la MANIF 2026, la Biennale de Québec, intitulée « Briser la glace / Splitting Ice ».