Manuel Frattini
du 14 janvier 2005 au 19 février 2005 SEHNSUCHT : désirer ardemment un endroit meilleur, autre part, quelque part...
Dans SEHNSUCHT, je délimite un endroit, un endroit lointain. Où est-ce et comment m’y rendrai-je? Je n’en suis pas tout à fait certain. Manuel Frattini marche parmi les choses. Feuilles de palmier, chandeliers floraux, n’importe quoi qui attire son regard – Frattini se collectionne lui-même. C’est la capacité de transformation de cette structure même qui devient précieuse.
-Volker Bauermeister, Badische Zeitung 2003.
En rangs, en chânes et en réseaux, les observations recueillies par Frattini se répandent en rhizomes sur le mur. Composées de dessins, de peintures, de photographies et d’objets, les séquences narratives qui en résultent semblent infinies. Unissant plusieurs filons de mémoire, leurs fins semblent ouvertes et effilochées.
Ces séquences s’apparentent à une carte de pensées. Détournant le regard d’une seule lecture linéaire, elles restructurent la relation entre le temps et l’espace. Le mouvement concret dans le temps se recouvre du compte rendu fictif d’un voyage (qui n’a lui-même aucune chronologie directe). Interrogeant les liens entre ce qu’on a vu et ce dont on se souvient par le processus d’emmagasinage et la compression de documents visuels, les scénarimages de Frattini parlent d’une quête : de ce qu’on a observé et retenu, d’un voyage. Il s’agit du désir ardent de trouver un endroit meilleur, autre part, quelque part : SEHNSUCHT.
- Victoria Tafferner