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Fonds documentaire OPTICA (Service des archives de l'Université Concordia)

Ouvrages aidant à la consultation des archives

Droits électroniques




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Crédit photo : Andrea Calderón

Aïda Vosoughi
du 12 janvier 2026 au 2 novembre 2026
Aïda Vosoughi, lauréate de la résidence Intersections 2026

Le Conseil des arts de Montréal, OPTICA, centre d’art contemporain et l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM ont le plaisir d’annoncer que l’artiste canadienne d’origine iranienne Aïda Vosoughi est la lauréate de la résidence Intersections 2026.

Cette résidence offre un accompagnement professionnel à l’artiste de la part des partenaires en sus d’une bourse de production et l’accès aux ateliers techniques, à une main d’œuvre et à des ressources spécialisées de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM. À la fin de la résidence, l’artiste présente les résultats de sa recherche dans le cadre d’une exposition au centre OPTICA.

Originaire d’Iran, Aïda Vosoughi vit à Montréal depuis 2014. Sa pratique artistique s’inscrit dans des projets au long cours, à l’intersection de l’art contemporain et des sciences humaines. Inspirée par la littérature, la mythologie et la tradition picturale de la région aujourd’hui reconnue comme le Moyen-Orient, Vosoughi a su développer un langage métaphorique qui est devenu par la suite central dans sa pratique.

L’artiste explore le motif du paysage et ses transformations dans une perspective historique en le reliant à des enjeux tels que l’économie et l’environnement et en adoptant une approche décoloniale. Ses recherches actuelles se penchent sur la frontière en tant qu’agent de transformation du paysage, notamment à travers sa dynamique liée aux mouvements migratoires et en mettant l’accent sur sa dimension géopolitique.

Dans le cadre de la résidence Intersections, Aïda Vosoughi compte adopter une démarche expérimentale qui est propre à la matérialité de chaque projet qu’elle entreprend. https://aidavosoughi.com/

La résidence Intersections est une initiative conjointe du Conseil des arts de Montréal, du centre d'art contemporain OPTICA et de l'École des arts visuels et médiatiques de l'UQAM. Elle s’adresse aux artistes issu.e.s d’une communauté culturelle qui sont diplômé.e.s de la maîtrise de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM.




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Bé van der Heide, Pisces Pedic Pleasure Palace, 1978. Exposition et performance. Avec l'aimable permission des Collections spéciales et archives de l'Université Concordia, le fonds La Centrale.
| Exhibition and performance. Image courtesy of Concordia University Special Collections and Archives, La Centrale Fonds.


Commissaire/Curator : Didier Morelli ; artistes : Elizabeth Chitty, Marie Décary,
Johanna Householder, Kamissa Ma Koïta, Francine Larivée, Lise Nantel, Bé van der Heide
du 16 janvier 2026 au 13 juin 2026
Street Actions : Women Performing in Montréal and Toronto, 1970-1980 [Femmes en performance à Montréal et à Toronto]

Vernissage
16 janvier 2026
17h00 à 23h00

Quand l’artiste Rita Letendre est interviewée sur les ondes de Radio-Canada à propos de sa pratique muraliste, ayant alors réalisé des œuvres monumentales en Californie (Sun Rise, 1965) et à Toronto (Sunrise, 1971), ce sont ses actions dans la rue plutôt que ses œuvres qui se retrouvent au cœur de la conversation :

Letendre : Pour une œuvre murale à l’extérieur, comme celle que j’ai réalisée en Californie en ‘65 – celle-là, je l’ai fait moi-même. Elle mesurait vingt-et-un pieds par vingt-quatre ; je pouvais garder le contrôle. L’autre a été réalisée par des hommes qui l’ont traduite, parce qu’elle faisait soixante pieds par soixante à deux cents pieds au-dessus du sol […].

Andréanne Lafond : L’échafaudage pour une femme, wow, vous avez dû grimper vingt-et-un pieds ; vous l’avez fait vous-même ?

On ne s’attendait pas, semble-t-il, à ce que Letendre exécute des actions physiques en-dehors des normes établies par la société.

Street Actions: Women Performing in Montréal and Toronto (1970-1980) [Femmes en performance à Montréal et à Toronto] pose un regard sur la manière dont les femmes, dans les années 1970, ont revendiqué la ville dans une variété de performances ou de gestes et d’actions marqués par la performance. En résistance au fonctionnalisme urbain et à l’argumentaire des espaces publics et privés basé sur les sexes, elles ont imaginé d’autres façons d’être à Montréal et à Toronto. Aux deux extrémités du spectre culturel, divisées par la langue mais unies par des causes communes, ces artistes ont soit donné forme à la deuxième vague du discours et de l’activisme féministes, soit elles ont avancé de manière parallèle en posant des gestes d’affirmation.

Au sommet du mouvement de libération des femmes au Canada, Street Actions explore comment des enjeux comme la représentation, les droits de reproduction, la violence basée sur le sexe et l’environnementalisme ont été amplifiés par ces artistes, de manière performative, par leur positionnement en marge de la ville – fragments d’un pavillon construit pour exposer la condition des femmes, performances ancrées dans le mouvement, bannières colorées portées lors de manifestations féministes dans la rue ou pieds-oreillers ludiques ajoutés à une œuvre d’art public. Toutes disciplines confondues, ces femmes artistes ont produit un vocabulaire cinesthésique qui s’écartait des codes sociaux, qui instaurait des modes de production artistique, des modèles fonctionnels pour penser la ville et des identités spatiales genrées.

La présente exposition propose les œuvres originales de sept artistes, leur documentation et leurs archives, ce qui représente un fragment d’un plus vaste projet de recherche en cours qui comprend plusieurs autres artistes. Elle s’appuie également sur du matériel de soutien visuel provenant de regroupements féministes et de mouvements de libération des femmes, tel qu’articulé dans divers pamphlets, journaux et le plus vaste écosystème des médias qui ont saisi l’action de femmes en train de défier les normes sociétales avec leurs corps. De plus, l’exposition attire l’attention sur la diffamation dont les femmes ont fait l’objet dans des caricatures, des journaux et d’autres sources.

La reconstitution par Kamissa Ma Koïta d’une image iconique documentant la fondation de La Centrale galerie Powerhouse, un centre d’artistes féministes majeur créé au milieu des années 1970, vise à élargir cette archive et à la relier au moment présent. Pour la plupart blanches, les femmes qui se sont exposées en public dans Street Actions ne sont pas un reflet de l’importante présence de femmes noires, autochtones et non blanches ayant contribué à façonner les mouvements de protestation dans les années 1960 et 1970. Intentionnellement anachronique et travaillant également à l’intérieur même de ces héritages, Koïta nous rappelle que les artistes continuent à se servir de la rue comme espace politique pour aborder des enjeux d’agentivité, de droits et de représentation, produisant une friction avec l’architecture des villes qui les contient.

Didier Morelli tient à remercier les artistes qui ont rendu possible Street Actions, de même que les nombreuses institutions qui ont apporté leur contribution en prêtant des œuvres, des documents et d’autre matériel d’exposition. Ce projet a reçu l’aide du Fonds de recherche du Québec (FRQSC), des Presses de l’Université Concordia et du Centre Canadien d’Architecture (CCA). Un soutien matériel a également été offert par la Galerie d’art Leonard & Bina Ellen et le CCA.

OPTICA remercie Rian Adamian, Gregory Prescott et Natacha Chamko de l’Atelier Clark pour la réalisation des plateformes dans l’exposition.

Didier Morelli est commissaire, historien de la performance et de l’art, critique culturel et artiste visuel. Sa bourse postdoctorale du Fonds de recherche du Québec — Société et culture (FRQSC) (2022-2025), qu’il a menée à l’Université Concordia et au CCA, examine comment les performances féministes de la deuxième vague ont subverti le fonctionnalisme urbain en imaginant d’autres modes d’incarnation à Montréal et à Toronto dans les années 1970. Auparavant rédacteur adjoint à Espace art actuel, il a également publié des textes dans Art Journal, CTR: Canadian Theatre Review, C Magazine, CBC Arts, Esse Arts + Opinions, RACAR, Spirale et TDR: The Drama Review. Morelli est le commissaire de la MANIF 2026, la Biennale de Québec, intitulée « Briser la glace / Splitting Ice ».

Bé van der Heide est née aux Pays-Bas où elle a suivi une formation en peinture de quatre ans. Installée au Canada en 1960, elle a réalisé une grande œuvre murale au pavillon des Pays-Bas durant Expo 67, l’exposition universelle de Montréal.

Elizabeth Chitty a eu une pratique artistique de 1975 à 2021 à Toronto, à Vancouver et dans la région de Niagara, à la croisée de la performance, de la vidéo, du son, de la photographie, de la danse ainsi que d’approches axées sur la communauté dans les domaines muséal, scénique et publique. Son matériau principal a été le mouvement : des images numériques, du son et du corps humain. Sa dernière œuvre intitulée Power, une vidéo de 15 minutes à trois canaux et une installation audio à quatre canaux, abordait la réparation écologique et la décolonisation à travers la rivière Niagara, le Traité de Niagara et trois femmes qui se promènent.

Johanna Householder a émigré au Canada des États-Unis en 1975, et a compté parmi plusieurs des chorégraphes et interprètes indépendant·es ayant reçu une formation au 15 Dance Lab à Toronto. En tant que membre d’un groupe de performance féministe, The Clichettes, elle a contribué à établir le lip-sync comme support viable pour la critique politique. Son intérêt pour la manière dont les idées façonnent le corps a guidé sa pratique souvent collaborative en performance, vidéo et chorégraphie.

Créatrice polyvalente formée en communications, Marie Décary s’est dessiné un parcours entre l’artisanat et les arts textiles, notamment en duo complice avec Lise Nantel, le cinéma documentaire et la vidéo expérimentale, le journalisme culturel et la littérature de fiction jeunesse. Avoir son mot à dire, à écrire, à coudre ou à filmer lui tient toujours à cœur. Pour le plaisir de partager des idées, des images ou des histoires féministement engageantes et faire bouger les choses.

Lise Nantel puise dans les matériaux du quotidien, visant à intégrer dans son œuvre des savoirs liés autant au travail domestique qu’à l’horticulture, à l’ethnologie ou à l’art. Sa pratique est une résistance, ancrée dans un désir profond d’identifier les obstacles à la création, les interdits, à la recherche d’un langage qui nomme à la fois ce qui est nié dans l’histoire et les multiples couches de mémoire. Sa volonté de diversifier les champs d'intervention de l'art a inspiré la création et la diffusion d'œuvres, souvent éphémères : recherches et publications sur l'art populaire, création d'éléments visuels pour des manifestations politiques, aménagement de lieux de recueillement, co-fondation des Éditions du remue-ménage, enseignement, entre autres.

Francine Larivée est née à Montréal, où elle vit et travaille. Diplômée de l’École des beaux-arts de Montréal, elle détient un baccalauréat en histoire de l’art et une maîtrise en études des arts de l’Université du Québec à Montréal. Sa pratique sculpturale a eu un impact majeur sur les arts au Québec, à commencer par l’installation La chambre nuptiale (1976) qui bouleversait tous les clichés à propos de l’identité des femmes. Dans les années 1980, dans un esprit tout aussi socialement et politiquement engagé, elle travaille avec des matériaux naturels « vivants », et installe notamment Mousses en situation (1983) dans le hall d’entrée de Place Ville Marie.

Kamissa Ma Koïta est une artiste visuelle et designer canado-malienne établie à Montréal. Sa pratique transdisciplinaire mobilise archives, technologies et savoirs ouest-africains, et se déploie à travers la performance, l’image, la poésie et les arts visuels. Elle s’intéresse particulièrement aux vecteurs de domination sociale et aux groupes historiquement marginalisés, dans une perspective panafricaine et décoloniale. Elle a présenté son travail à Dare-Dare (2018), à la Galerie de l’UQAM (2018) et au Musée national des beaux-arts du Québec (2021). Elle a également contribué à la cocréation et à la conception visuelle de Survival Technologies, présenté au Festival TransAmériques en 2024.