Aïda Vosoughi
du 12 janvier 2026 au 2 novembre 2026 Aïda Vosoughi, lauréate de la résidence Intersections 2026
Le Conseil des arts de Montréal, OPTICA, centre d’art contemporain et l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM ont le plaisir d’annoncer que l’artiste canadienne d’origine iranienne Aïda Vosoughi est la lauréate de la résidence Intersections 2026.
Cette résidence offre un accompagnement professionnel à l’artiste de la part des partenaires en sus d’une bourse de production et l’accès aux ateliers techniques, à une main d’œuvre et à des ressources spécialisées de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM. À la fin de la résidence, l’artiste présente les résultats de sa recherche dans le cadre d’une exposition au centre OPTICA.
Originaire d’Iran, Aïda Vosoughi vit à Montréal depuis 2014. Sa pratique artistique s’inscrit dans des projets au long cours, à l’intersection de l’art contemporain et des sciences humaines. Inspirée par la littérature, la mythologie et la tradition picturale de la région aujourd’hui reconnue comme le Moyen-Orient, Vosoughi a su développer un langage métaphorique qui est devenu par la suite central dans sa pratique.
L’artiste explore le motif du paysage et ses transformations dans une perspective historique en le reliant à des enjeux tels que l’économie et l’environnement et en adoptant une approche décoloniale. Ses recherches actuelles se penchent sur la frontière en tant qu’agent de transformation du paysage, notamment à travers sa dynamique liée aux mouvements migratoires et en mettant l’accent sur sa dimension géopolitique.
Dans le cadre de la résidence Intersections, Aïda Vosoughi compte adopter une démarche expérimentale qui est propre à la matérialité de chaque projet qu’elle entreprend.
https://aidavosoughi.com/
La résidence Intersections est une initiative conjointe du Conseil des arts de Montréal, du centre d'art contemporain OPTICA et de l'École des arts visuels et médiatiques de l'UQAM. Elle s’adresse aux artistes issu.e.s d’une communauté culturelle qui sont diplômé.e.s de la maîtrise de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM.
Bé van der Heide, Pisces Pedic Pleasure Palace, 1978. Exposition et performance. Avec l'aimable permission des Collections spéciales et archives de l'Université Concordia, le fonds La Centrale. | Exhibition and performance. Image courtesy of Concordia University Special Collections and Archives, La Centrale Fonds.
Elizabeth Chitty, Marie Décary,
Johanna Householder, Kamissa Ma Koïta, Francine Larivée, Lise Nantel, Bé van der Heide Commissaire/Curator : Didier Morelli
du 16 janvier 2026 au 13 juin 2026 Street Actions : Women Performing in Montréal and Toronto, 1970-1980 [Actions de rue : femmes en performance à Montréal et à Toronto, 1970-1980]
Colloque autour de l'exposition - 7 mai 2026
4TH SPACE, Université Concordia
1400 De Maisonneuve Blvd. Ouest
10:30 am - 5:45 pm
Quand l’artiste Rita Letendre est interviewée sur les ondes de Radio-Canada à propos de sa pratique muraliste, ayant alors réalisé des œuvres monumentales en Californie (Sun Rise, 1965) et à Toronto (Sunrise, 1971), ce sont ses actions dans la rue plutôt que ses œuvres qui se retrouvent au cœur de la conversation
Letendre : Pour une œuvre murale à l’extérieur, comme celle que j’ai réalisée en Californie en ‘65 – celle-là, je l’ai fait moi-même. Elle mesurait vingt-et-un pieds par vingt-quatre ; je pouvais garder le contrôle. L’autre a été réalisée par des hommes qui l’ont traduite, parce qu’elle faisait soixante pieds par soixante à deux cents pieds au-dessus du sol […].
Andréanne Lafond : L’échafaudage pour une femme, wow, vous avez dû grimper vingt-et-un pieds ; vous l’avez fait vous-même ?
On ne s’attendait pas, semble-t-il, à ce que Letendre exécute des actions physiques en-dehors des normes établies par la société.
Street Actions: Women Performing in Montréal and Toronto (1970-1980) [Actions de rue : femmes en performance à Montréal et à Toronto] pose un regard sur la manière dont les femmes, dans les années 1970, ont revendiqué la ville dans une variété de performances ou de gestes et d’actions marqués par la performance. En résistance au fonctionnalisme urbain et à l’argumentaire des espaces publics et privés basé sur les sexes, elles ont imaginé d’autres façons d’être à Montréal et à Toronto. Aux deux extrémités du spectre culturel, divisées par la langue mais unies par des causes communes, ces artistes ont soit donné forme à la deuxième vague du discours et de l’activisme féministes, soit elles ont avancé de manière parallèle en posant des gestes d’affirmation.
Au sommet du mouvement de libération des femmes au Canada, Actions de rue explore comment des enjeux comme la représentation, les droits de reproduction, la violence basée sur le sexe et l’environnementalisme ont été amplifiés par ces artistes, de manière performative, par leur positionnement en marge de la ville – fragments d’un pavillon construit pour exposer la condition des femmes, performances ancrées dans le mouvement, bannières colorées portées lors de manifestations féministes dans la rue ou pieds-oreillers ludiques ajoutés à une œuvre d’art public. Toutes disciplines confondues, ces femmes artistes ont produit un vocabulaire cinesthésique qui s’écartait des codes sociaux, qui instaurait des modes de production artistique, des modèles fonctionnels pour penser la ville et des identités spatiales genrées.
La présente exposition propose les œuvres originales de sept artistes, leur documentation et leurs archives, ce qui représente un fragment d’un plus vaste projet de recherche en cours qui comprend plusieurs autres artistes. Elle s’appuie également sur du matériel de soutien visuel provenant de regroupements féministes et de mouvements de libération des femmes, tel qu’articulé dans divers pamphlets, journaux et le plus vaste écosystème des médias qui ont saisi l’action de femmes en train de défier les normes sociétales avec leurs corps. De plus, l’exposition attire l’attention sur la diffamation dont les femmes ont fait l’objet dans des caricatures, des journaux et d’autres sources.
La reconstitution par Kamissa Ma Koïta d’une image iconique documentant la fondation de La Centrale galerie Powerhouse, un centre d’artistes féministes majeur créé au milieu des années 1970, vise à élargir cette archive et à la relier au moment présent. Pour la plupart blanches, les femmes qui se sont exposées en public dans Street Actions ne sont pas un reflet de l’importante présence de femmes noires, autochtones et non blanches ayant contribué à façonner les mouvements de protestation dans les années 1960 et 1970. Intentionnellement anachronique et travaillant également à l’intérieur même de ces héritages, Koïta nous rappelle que les artistes continuent à se servir de la rue comme espace politique pour aborder des enjeux d’agentivité, de droits et de représentation, produisant une friction avec l’architecture des villes qui les contient.
Traduction : Colette Tougas
Didier Morelli tient à remercier les artistes qui ont rendu possible Actions de rue, de même que les nombreuses institutions qui ont apporté leur contribution en prêtant des œuvres, des documents et d’autre matériel d’exposition. Ce projet a reçu l’aide du Fonds de recherche du Québec (FRQSC), des Presses de l’Université Concordia et du Centre Canadien d’Architecture (CCA). Un soutien matériel a également été offert par la Galerie d’art Leonard & Bina Ellen et le CCA.
OPTICA remercie Rian Adamian, Gregory Prescott et Natacha Chamko de l’Atelier Clark pour la réalisation des plateformes dans l’exposition.
Didier Morelli est commissaire, historien de la performance et de l’art, critique culturel et artiste visuel. Sa bourse postdoctorale du Fonds de recherche du Québec — Société et culture (FRQSC) (2022-2025), qu’il a menée à l’Université Concordia et au CCA, examine comment les performances féministes de la deuxième vague ont subverti le fonctionnalisme urbain en imaginant d’autres modes d’incarnation à Montréal et à Toronto dans les années 1970. Auparavant rédacteur adjoint à Espace art actuel, il a également publié des textes dans Art Journal, CTR: Canadian Theatre Review, C Magazine, CBC Arts, Esse Arts + Opinions, RACAR, Spirale et TDR: The Drama Review. Morelli a été le commissaire de la MANIF 2026, la Biennale de Québec, intitulée « Briser la glace / Splitting Ice ».
Elizabeth Chitty a eu une pratique artistique de 1975 à 2021 à Toronto, à Vancouver et dans la région de Niagara, à la croisée de la performance, de la vidéo, du son, de la photographie, de la danse ainsi que d’approches axées sur la communauté dans les domaines muséal, scénique et public. Son matériau de prédilection a été le mouvement : celui des images numériques, du son et du corps humain. Sa dernière œuvre intitulée Power, une vidéo de 15 minutes à trois canaux et une installation audio à quatre canaux, abordaient la réparation écologique et la décolonisation à travers la rivière Niagara, le Traité de Niagara et trois femmes qui se promènent.
Créatrice polyvalente formée en communications, Marie Décary s’est dessinée un parcours entre l’artisanat et les arts textiles, notamment en duo complice avec Lise Nantel, le cinéma documentaire et la vidéo expérimentale, le journalisme culturel et la littérature de fiction jeunesse. Avoir son mot à dire, à écrire, à coudre ou à filmer lui tient toujours à cœur. Pour le plaisir de partager des idées, des images ou des histoires féministement engageantes et faire bouger les choses.
Johanna Householder a émigré au Canada des États-Unis en 1975, et a compte parmi plusieurs des chorégraphes et interprètes indépendant·es ayant reçu une formation au 15 Dance Lab à Toronto. En tant que membre d’un groupe de performance féministe, The Clichettes, elle a contribué à établir le lip-sync comme un moyen d'expression à part entière en matière de critique politique. Son intérêt pour la manière dont les idées façonnent le corps a guidé sa pratique souvent collaborative en performance, vidéo et chorégraphie.
Kamissa Ma Koïta est une artiste visuelle et designer canado-malienne établie à Montréal. Sa pratique transdisciplinaire mobilise archives, technologies et savoirs ouest-africains, et se déploie à travers la performance, l’image, la poésie et les arts visuels. Elle s’intéresse particulièrement aux vecteurs de domination sociale et aux groupes historiquement marginalisés, dans une perspective panafricaine et décoloniale. Elle a présenté son travail à Dare-Dare (2018), à la Galerie de l’UQAM (2018) et au Musée national des beaux-arts du Québec (2021). Elle a également contribué à la cocréation et à la conception visuelle de Survival Technologies, présenté au Festival TransAmériques en 2024.
Francine Larivée est née à Montréal, où elle vit et travaille. Diplômée de l’École des beaux-arts de Montréal, elle détient un baccalauréat en histoire de l’art et une maîtrise en études des arts de l’Université du Québec à Montréal. Sa pratique sculpturale a eu un impact majeur sur les arts au Québec, à commencer par l’installation La chambre nuptiale (1976) qui bouleversait tous les clichés à propos de l’identité des femmes. Dans les années 1980, dans un esprit tout aussi socialement et politiquement engagé, elle travaille avec des matériaux naturels « vivants », et installe notamment Mousses en situation (1983) dans le hall d’entrée de Place Ville Marie.
Lise Nantel puise dans les matériaux du quotidien, visant à intégrer dans son œuvre des savoirs liés autant au travail domestique qu’à l’horticulture, à l’ethnologie ou à l’art. Sa pratique est une résistance, ancrée dans un désir profond d’identifier les obstacles à la création, les interdits, à la recherche d’un langage qui nomme à la fois ce qui est nié dans l’histoire et les multiples couches de mémoire. Sa volonté de diversifier les champs d'intervention de l'art a inspiré la création et la diffusion d'œuvres, souvent éphémères : recherches et publications sur l'art populaire, création d'éléments visuels pour des manifestations politiques, aménagement de lieux de recueillement, co-fondation des Éditions du remue-ménage, enseignement, entre autres.
Bé van der Heide est née aux Pays-Bas où elle a suivi une formation en peinture de quatre ans. Installée au Canada en 1960, elle a réalisé une grande œuvre murale au pavillon des Pays-Bas durant Expo 67, l’exposition universelle de Montréal.
Marie Décary, Lise Nantel, Les chevalières des temps modernes, 1980
Bannière, textile, jute, rubans, festons, plastique, bois
175 x 133 x 7 cm, 227 x 133 x 7 cm (avec sa base)
Don de Marie Décary et de Lise Nantel
Collection Musée de la civilisation, Québec
2000.134
Avec l’aimable permission des artistes
Atelier de médiation à OPTICA
du 16 janvier 2026 au 13 juin 2026 OPTICA invite le public à réactiver les mémoires féministes dans l’espace public
Chez OPTICA, nous croyons que l'art contemporain se vit, se touche, se discute. Notre programme de médiation culturelle crée des espaces de rencontre entre les œuvres, les artistes et vous, que vous soyez élèves, aînés, curieux ou passionnés.
Dans le cadre de l'exposition Actions de rue: femmes en performance à Montréal et à Toronto (1970-1980), le programme éducatif d’OPTICA organise le programme éducatif d’OPTICA organise des ateliers participatifs ouverts au grand public sur réservation qui prolongent les questions soulevées par les performances féministes des années 1970 : comment les corps habitent-ils l'espace public ? Comment la création collective peut-elle devenir un acte de résistance ?
L'atelier Nos corps, nos rues : mémoires féministes de Montréal invite les personnes à réactiver leurs souvenirs. À travers une visite dialoguée de l'exposition suivie d'un cercle de témoignages, les participant·e·s pourront créer collectivement une bannière textile inspirée des œuvres de Marie Décary et Lise Nantel. Cet atelier transforme la mémoire orale en archive vivante et matérielle.
Cet événement s'inscrit dans la continuité de l'engagement d'OPTICA à rendre l'art contemporain accessible et participatif, en invitant le public à devenir co-créateur de sens.
Visites actives
Des visites qui misent sur l'échange et la co-construction du sens. Nous prenons le temps d'observer, de questionner, de faire des liens. Chaque voix compte, chaque interprétation enrichit la rencontre avec l'œuvre.
Laboratoires contemporains pour les 4-5 ans : atelier Petites chevalières et chevaliers de la ville
Parce que les tout-petits comprennent avec leur corps entier, nous leur proposons un espace où ils découvrent l'art contemporain par le mouvement, les sens et la manipulation. Nous ne simplifions pas l'art, nous l'abordons autrement. Cet atelier permet de découvrir les concepts de féminisme et de la performance grâce à la conception d'une marionnette.
Scolaires : atelier Nos chevalières modernes
Des parcours sur mesure pour les primaires et les secondaires, développés selon le niveau et les objectifs du groupe. Les élèves explorent les pratiques féministes et créent des bannières-personnages collectives. Observation, questionnement, création : ils s'approprient l'art contemporain activement.
Projet recherche-action : Ma visite, mon regard (Longueuil)
Un projet de médiation de longue durée conçu pour des classes en francisation, qui articule développement du français, éducation artistique et citoyenneté culturelle dans le but de développer leur posture de visiteur·se·s.
GRATUIT / Réservation
Pour réserver un atelier ou si vous avez des questions et des besoins spécifiques, n’hésitez pas à contacter Charlotte Noël : : mediationoptica @ gmail.com ou au 514-874-1666.
Accessibilité
OPTICA porte une attention particulière pour offrir à tous et à toutes une expérience de visite optimale et réussie. Suivant toujours un désir d’amélioration en matière d’inclusion et d’accessibilité, le centre oriente ses approches afin de répondre du mieux possible aux défis engendrés par ces enjeux contemporains. OPTICA tient à offrir un environnement accueillant et inclusif.
Une rampe d’accès est située à l’entrée du côté nord du 5455, avenue de Gaspé. Si vous avez des questions ou si vous avez des besoins spécifiques, n’hésitez pas à nous contacter.
Crédit photo : kimura byol lemoine
Nuit Blanche 2026 à Montréal_28 février_19h-22h
Helena Martin Franco
3 ateliers sur réservation : 19h, 20h et 21h 3 workshops on reservation: 7 pm, 8 pm and 9 pm
du 28 février 2026 au 28 février 2026 Ateliers Le corps-monument : danser pour se réchauffer
RÉSERVATIONS requises via ce courriel : mediationoptica @ gmail.com
À l’occasion de la Nuit blanche 2026, OPTICA est heureux d’ouvrir ses portes au grand public et de proposer une soirée de création dans une atmosphère décontractée et chaleureuse. Le centre accueille l'artiste multidisciplinaire Helena Martin Franco à donner un atelier. À travers des jeux de mouvement et des gestes simples, les participant·e·s exploreront la dimension politique du corps dans l'espace urbain, puis traduiront leurs réflexions en créations visuelles (dessins, collages, maquettes).
Trois ateliers seront offerts à 19h, 20h et 21h.
L'exposition Street Actions : Women Performing in Montréal and Toronto, 1970-1980[Actions de rue : femmes en performance à Montréal et à Toronto] sera ouverte au public!
Helena Martin Franco, née en Colombie ; elle vit et travaille à Tiohtiá:ke/Montréal depuis 1998. Sa pratique interdisciplinaire explore le métissage de différents procédés artistiques et l’hybridation entre des techniques traditionnelles et de nouvelles technologies. Helena crée des autofictions où elle explore la perméabilité et les frontières entre les identités culturelles, nationales et de genre. Ses propositions artistiques participent au dialogue au sujet de la violence sexiste, de l’immigration et de la censure artistique. Dans une perspective féministe, elle tisse des liens entre des collectifs et des organismes culturels afin de favoriser rencontres et échanges de pratiques artistiques, notamment entre le Canada et la Colombie.
Elle est fondatrice de L'Araignée, un collectif de diffusion d'art actuel; La Redhada, Red de mujeres artistas del Caribe colombiano; CAVCA, Comunidad de artistas visuales de Cartagena y Bolívar; et Las meninas emputás!, un collectif activiste anti-colonial carthagénois. Elle est lauréate du prix Powerhouse 2018 et elle est titulaire d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Ses projets ont été présenté en République dominicaine, en Lituanie, en Espagne, en Nouvelle-Zélande, en Colombie, en Argentine, à Cuba, au Canada parmi d'autres.
Marie Décary, Lise Nantel, Les chevalières des temps modernes, 1980
Bannière: textile, jute, rubans, festons, plastique, bois
175 x 133 x 7 cm, 227 x 133 x 7 cm Archives Marie Décary et Lise Nantel.
Avec l'aimable permission des artistes.
Autour de l'exposition éponyme / Around the eponym exhibition Commissaire | Curator : Didier Morelli
du 7 mai 2026 au 7 mai 2026 OPTICA X 4TH SPACE / ACTIONS DE RUE : FEMMES EN PERFORMANCE À MONTRÉAL ET À TORONTO (1970 - 1980) COLLOQUE
7 mai 2026, 10h30-17h45
4th SPACE, Université Concordia
J.W. McConnell Building
1400 De Maisonneuve Blvd. Ouest.
4TH SPACE
local LB-103
Montréal, H3G 1M8
Station de métro Guy Concordia
Entrée libre
Diffusion en direct disponible
Accédez à la réunion Zoom en vous inscrivant via ce LIEN ou via
Youtube
Ce colloque d’une journée porte sur les thèmes clés de l’exposition Actions de rue: femmes en performance à Montréal et à Toronto (1970-1980). Donc, il y aura un déplacement géographique entre Toronto et Montréal, une alternance linguistique entre le français et l’anglais, un accent mis sur l’importance de la danse, du mouvement et de la kinesthésie dans le développement des pratiques expérimentales des années 1970. Seront examinées les questions relatives aux féminismes dans les espaces publics et culturels ainsi que les pratiques historiques et actuelles d’artistes qui infiltrent des sites extérieurs et institutionnels avec leur corps. En réunissant différentes générations d’artistes, de commissaires d'exposition et de travailleur.euses culturel.les, cette journée de conversation et d’échanges vise à reconnaître et à consigner le passé tout en ouvrant la voie à de nouveaux dialogues intersectionnels.
Didier Morelli
HORAIRE
10h30 Mot de bienvenue
10H40 Performance expérimentale et danse à Toronto dans les années 70
Animée par Marie Claire Forté, avec Elizabeth Chitty, Johanna Householder
En anglais
13H15 Art et féminisme au Québec depuis 1970 à nos jours
Animée par Analays Álvarez Hernández, avec Rose Marie Arbour, Marie Décary, Lise Nantel, Women with Kitchen Appliances
En français
15h Pratiques inflitrantes, actions furtives
Animée par Po B. K. Lomami, avec
Kama La Mackerel, Kamissa Ma Koïta,
Map
En anglais et en français
17h45 Mot de clôture
OPTICA remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts de Montréal ainsi que les artistes et les institutions partenaires de l’exposition Actions de rue : femmes en performance à Montréal et à Toronto (1970 – 1980) ainsi que 4TH SPACE et le Gail and Stephen A. Jarislowsky Institute for Studies in Canadian Art comme partenaires du colloque.
Analays Álvarez Hernández est professeure agrégée d’histoire de l’art à l’Université de Montréal. Ses recherches portent notamment sur l’art public, les pratiques d’artistes diasporiques et les espaces d’exposition alternatifs. Elle est l’auteure du chapbookClimbing Aboard: Havana Apartment-Galleries and International Art Circuits (2023) et a coédité l’ouvrage collectif Diffracting the North: Contemporary Latinx Canadian Experiences and Practices in Film, New Media, and Visual Arts (2025). En tant que commissaire indépendante, elle a organisé des expositions à Toronto et à Montréal, dont The Recipe: Making Latin American Art in Canada et On Americanity and Other Experiences of Belonging.
Rose Marie Arbour, historienne de l’art, a été professeure à l’UQAM de 1969 à 1999. Une partie de ses recherches et de son enseignement ont porté sur l'apport des femmes artistes à la modernité dans les années 1960, 1970 et 1980. Elle a été la commissaire invitée de l’exposition Art et féminisme (1982) présentée au Musée d'art contemporain de Montréal.
Elizabeth Chitty a eu une pratique artistique de 1975 à 2021 à Toronto, à Vancouver et dans la région de Niagara, à la croisée de la performance, de la vidéo, du son, de la photographie, de la danse ainsi que d’approches axées sur la communauté dans les domaines muséal, scénique et public. Son matériau de prédilection a été le mouvement : celui des images numériques, du son et du corps humain. Sa dernière œuvre intitulée Power, une vidéo de 15 minutes à trois canaux et une installation audio à quatre canaux, abordaient la réparation écologique et la décolonisation à travers la rivière Niagara, le Traité de Niagara et trois femmes qui se promènent.
Le potentiel relationnel, expérimental et joyeux de la danse anime Marie Claire Forté. L’amitié est l’un de ses moteurs artistiques. Elle vit à Montréal/Tiohtià:ke/Mooniyang, où elle danse, chorégraphie, écrit, traduit, enseigne et soutient. Son enfant l’enchante, lui apprend, la bouleverse. Sa carrière se caractérise par de longues relations artistiques avec des artistes de différentes générations et esthétiques qui partagent un amour du processus, de la rigueur et de l’exploration. Elle crée — en chorégraphie, en mots, en vidéo et en son — et travaille auprès d’artistes qu’elle respecte. Elle œuvre actuellement avec Peter Boneham à la rédaction d'un ouvrage consacré à sa pratique pédagogique.
Créatrice polyvalente formée en communications, Marie Décary s’est dessiné un parcours entre l’artisanat et les arts textiles, notamment en duo complice avec Lise Nantel, le cinéma documentaire et la vidéo expérimentale, le journalisme culturel et la littérature de fiction jeunesse. Avoir son mot à dire, à écrire, à coudre ou à filmer lui tient toujours à cœur. Pour le plaisir de partager des idées, des images ou des histoires féministement engageantes et faire bouger les choses.
Johanna Householder a émigré au Canada des États-Unis en 1975, et compte parmi plusieurs des chorégraphes et interprètes indépendant·es ayant reçu une formation au 15 Dance Lab à Toronto. En tant que membre d’un groupe de performance féministe, The Clichettes, elle a contribué à établir le lip-sync comme moyen d'expression à part entière en matière de critique politique. Son intérêt pour la manière dont les idées façonnent le corps a guidé sa pratique souvent collaborative en performance, vidéo et chorégraphie.
Kamissa Ma Koïta est une artiste visuelle et designer canado-malienne établie à Montréal. Sa pratique transdisciplinaire mobilise archives, technologies et savoirs ouest-africains, et se déploie à travers la performance, l’image, la poésie et les arts visuels. Elle s’intéresse particulièrement aux vecteurs de domination sociale et aux groupes historiquement marginalisés, dans une perspective panafricaine et décoloniale. Elle a présenté son travail à Dare-Dare (2018), à la Galerie de l’UQAM (2018) et au Musée national des beaux-arts du Québec (2021). Elle a également contribué à la cocréation et à la conception visuelle de Survival Technologies, présenté au Festival TransAmériques en 2024.
Kama La Mackerel est une écrivaine multilingue, artiste visuelle, performeuse, éducatrice, traductrice littéraire et ritualiste, dont l’œuvre s’enracine dans un engagement envers l’amour, la justice et l’émancipation collective. Sa pratique interdisciplinaire, nourrie par des recherches sur l’insularité, la mémoire océanique, la poétique trans, la créolité et les écologies décoloniales, recompose les esthétiques dominantes en y tissant des vocabulaires décoloniaux et queer/trans. Elle est l’autrice de Indrazaal et la quête de l’océan et de ZOM-FAM.
Po B. K. Lomami est une artiste-chercheure indisciplinaire, enseignante et programmatrice dans le milieu communautaire. Issue de la diaspora congolaise en Belgique, iel vit actuellement à Tiohtià:ke-Mooniyang-Montréal depuis 2017. Explorant la rage et l'échec, la pratique artistique de Lomami s'articule autour du déplacement du travail, du devenir de sa subjectivité et des futurs collectifs possibles avec des perspectives noires, crip et afroféministes. Iel interroge les gens, les institutions et elle-même à travers l'affection, la force, l'absurde et le quotidien. Lomami est titulaire d'une licence (2011) et d'une maîtrise (2014) en ingénierie de gestion de l'université de Namur, d'une maîtrise en études des communications (2022) et d'une maîtrise en Studio Arts - Intermediade de l'université Concordia (2025). Cependant, leur pratique interventionniste ne s'est pas développée dans un contexte éducatif institutionnel.
Map est artiste-chercheur·e et fondateur·ice de DC–Art Indisciplinaire, un centre d’artistes dédié à l’art sourd et handicapé. Iel détient une maitrise avec mention d’excellence en recherche-création (UdeM). Iel termine une formation en interprétation Langue des Signes Québécoise-Français dans un souci de repenser les fonctions des milieux de l’art. Son travail a été présenté à Tiohtiàke, Wôbanakiak, Nitassinan, Tkaronto et Szczecin. D’ordre performatif, sa pratique de création de situations transforme l’état des environnements (im) matériels par un agencement de moves particuliers, où ses déplacements sont ses matériaux du fait de s’y engager dans l’étrangeté de ses propres processus neuroqueer.
Lise Nantel puise dans les matériaux du quotidien, visant à intégrer dans son œuvre des savoirs liés autant au travail domestique qu’à l’horticulture, à l’ethnologie ou à l’art. Sa pratique est une résistance, ancrée dans un désir profond d’identifier les obstacles à la création, les interdits, à la recherche d’un langage qui nomme à la fois ce qui est nié dans l’histoire et les multiples couches de mémoire. Sa volonté de diversifier les champs d'intervention de l'art a inspiré la création et la diffusion d'œuvres, souvent éphémères : recherches et publications sur l'art populaire, création d'éléments visuels pour des manifestations politiques, aménagement de lieux de recueillement, co-fondation des Éditions du remue-ménage, enseignement, entre autres.
Women With Kitchen Appliances (WKKA) sont trois, quatre, ou cinq, ou six…. Interchangeables. Jetables. Et mortellement sérieuses. Elles sont un collectif de performance, un band, une cacophonie, un spectacle cabaret, une recette, une routine synchronisée pour gants en caoutchouc, une laveuse à poulet barbecue, un jingle de Noël pour de la farine de confiserie et un service de certification de cuisine. Depuis sa création en 1999, plus d’une cinquantaine d’artistes féministes anonymes ont participé au projet collectif WWKA. Elles ont performé sur des scènes et sur la pelouse, sous un chapiteau, à la radio, à la télé, dans des lofts, des lounges, des galeries, des épiceries, des cubes blancs et des cubes noirs, des bars, des festivals, des théâtres, et chez les gens, dans leurs cuisines.
Didier Morelli est commissaire, historien de la performance et de l’art, critique culturel et artiste visuel. Sa bourse postdoctorale du Fonds de recherche du Québec — Société et culture (FRQSC) (2022-2025), qu’il a menée à l’Université Concordia et au CCA, examine comment les performances féministes de la deuxième vague ont subverti le fonctionnalisme urbain en imaginant d’autres modes d’incarnation à Montréal et à Toronto dans les années 1970. Auparavant rédacteur adjoint à Espace art actuel, il a également publié des textes dans Art Journal, CTR: Canadian Theatre Review, C Magazine, CBC Arts, Esse Arts + Opinions, RACAR, Spirale et TDR: The Drama Review. Morelli a été le commissaire de la MANIF 2026, la Biennale de Québec, intitulée « Briser la glace / Splitting Ice ».